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Réfugiés : de l’émotion à l’action

Marcela Villalobos Cid
Acteur de terrain

Après avoir brutalement pris conscience du drame vécu par les migrants venus chercher refuge en Europe, nos concitoyens se demandent quelles suites concrètes donner. Le programme Welcome en France témoigne depuis six ans des bienfaits de l’hospitalité, pour les Français comme pour les réfugiés. Une expérience à taille humaine, à médit...

Migrations : un manque de cohérence politique

Catherine Wihtol de Wenden
Chercheur

Il y a un an, la Revue Projet posait la question : « Migrations : quelle autre politique pour l’Europe ? ». Le 8 octobre 2013, suite au drame de Lampedusa, la Revue Projet et ses partenaires, le CCFD-Terre Solidaire et le Service jésuite aux réfugiés interpellaient ouvertement le gouvernement français et la Commission européenne. Nous avon...

Liberté, égalité, alphabet…

Martin Monti-Lalaubie
Droit de cité

De nombreux migrants, certains sans-papiers, viennent à la mairie du IVe arrondissement de Paris suivre des cours de français dispensés par le Réseau chrétien – immigrés. La maîtrise de la langue est une des clés de l’intégration. L’enjeu est d’autant plus fort qu’il est porté dans les murs de la République. De nombreux migrant...

Gouverner autrement les migrations

Nina Marx
Acteur de terrain

L'idée d'une nouvelle gouvernance mondiale de la mobilité des personnes est devenue récurrente ces dernières années Elle apparaît comme une alternative possible à la vision sécuritaire sclérosée et inefficace mise en œuvre dans plusieurs zones du monde en particulier aux frontières de l'Europe et des États Unis Convaincu de la nécess...

Pour une autre vision de la frontière

Claire Rodier et Frédéric Tiberghien
Acteur de terrain

Entretien - Deux acteurs, impliqués depuis longtemps dans le soutien aux migrants, confrontent leurs analyses sur le rôle des associations, la politique du gouvernement, la nécessité d’une révision radicale des politiques d’immigration, à la lumière d’une autre vision de la frontière. Entretien Deux acteurs impliqués depuis longtemps...

Exfiltrer les sans-papiers : quand le Maroc tient tête à l’Europe

Mehdi Raïs
Vu d'ailleurs

Pour mener à bien sa politique d’expulsion, l’Europe veut s’appuyer sur ses voisins méditerranéens. Par quel moyen ? Des accords de réadmission. Le Maroc, soucieux du coût de la mesure et de sa réputation en Afrique, résiste. Une stratégie rentable, jusqu’ici. Pour mener à bien sa politique d'expulsion l'Europe veut s'appuyer sur s...

Pour des politiques migratoires régionales

Catherine Wihtol de Wenden
Chercheur

Habitée par une vision sécuritaire, l’Europe concentre sa politique migratoire sur le contrôle. Le décalage est permanent avec la réalité des flux. Manifeste autour de la Russie comme à la frontière Mexique-États-Unis, la régionalisation des migrations est un phénomène planétaire. Elle invite à (re)penser l'espace euro-méditerrané...

Libre circulation : de l’idéal au politique

Antoine Pécoud
Chercheur

Si quitter son pays est inscrit dans les droits de l’homme, entrer dans un autre que le sien ne l’est pas. Longtemps traité sous l’angle de l’émigration, c’est l’immigration qui interroge aujourd’hui ce qu’implique la liberté de circuler, aux niveau régional et mondial, au plan politique, économique et social. Si quitter son pa...

L’Europe rajeunie par ses migrants

Elena Ambrosetti et Cristina Giudici
Chercheurs

Sans la présence des migrants, le déclin et le vieillissement de la population européenne seraient plus rapides encore. L’analyse démographique plaide pour des politiques plus favorables à la mobilité et plus accueillantes. Sans la présence des migrants le déclin et le vieillissement de la population européenne seraient plus rapides enco...

Plaidoyer à Frontex pour les droits des migrants

Stefan Kessler
Acteur de terrain

Quel rôle joue le forum consultatif sur les droits fondamentaux au sein de Frontex l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures de l'Union européenne UE La gestion de la sécurité aux frontières de l'Europe ne saurait se faire à l'abri des regards de la société Interception renvoi de f...

Gouvernance mondiale des migrations, une graine d’espoir ?

Catherine Wihtol de Wenden
Chercheur

Taboues au sein des instances internationales, les migrations sont de fait régies par la loi du plus fort. Depuis quelques années, le Forum mondial sur la migration et le développement rassemble acteurs de la société civile et représentants des pays d’émigration et d’immigration pour envisager les règles communes d’une gouvernance mon...

Pour l’Église, la libre circulation est la règle

Christian Mellon
Question de sens

Dieu a destiné la terre et tout ce qu'elle contient à l'usage de tous les hommes et de tous les peuples de sorte que les biens de la Création doivent équitablement affluer entre les mains de tous selon la règle de la justice inséparable de la charité nous dit le Concile Vatican II dans Gaudium et spes 69 Selon la doctrine sociale de l'Égli...

Une autre politique d’immigration est-elle possible ?

Emmanuel Terray
Chercheur

Les gouvernements veulent satisfaire l’opinion en maltraitant les sans-papiers, chargés des maux de notre société : délinquance, travail au noir, concurrence illégale menaçant l’équilibre social, etc. Dans le même temps ils satisfont les employeurs en tolérant cette main-d’œuvre bon marché, corvéable à merci. Pour Emmanuel Terray...

Disparus en Méditerranée

Grégoire Lefèvre et Pascale Quivy
Vu d'ailleurs

Dans le contexte des révolutions arabes 64261 personnes se sont embarquées pour l'Europe depuis la Tunisie et la Libye Environ 2000 sont mortes ou ont disparu dont 1000 Tunisien ne s La gravité de cette situation a entraîné une très forte mobilisation des familles et des mouvements européens et africains qui défendent les droits des migran...

Accueillir plus pour gagner plus

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

La scène se passe une après midi à Barbès dans le XVIIIe arrondissement de Paris Arrivés par centaines les policiers quadrillent la zone deux heures durant Contrôle d'identité aux barrages et dans le périmètre Des dizaines de personnes la plupart africaines menottées et emmenées au poste Quand les patrouilles font mine de partir certain...

L’Europe forteresse : à quel prix ?

Serge Weber
Chercheur

La politique migratoire de l’Europe se durcit, profitant des tensions entre États, des peurs véhiculées au sein des populations. Elle alimente les marchés de la sécurité et du contrôle. Pourtant, elle s’avère largement inefficace. Une alternative ? Mesurer la richesse que constituent les migrants et inventer d’autres politiques. La po...

Faire place aux migrants, un pari osé !

Aurore Chaillou
Droit de cité

Quelle place accordons-nous aux migrants ? Non seulement dans nos politiques migratoires, mais dans notre quotidien. Quel regard portons-nous sur eux au travail, dans notre immeuble, notre rue ? Réinventer les relations entre migrants et non-migrants, construire une parole commune. C’est le défi que s’est lancé pendant six mois le groupe « ...

Les immigrés, fardeau ou manne économique ?

Damien de Blic
Chercheur

On entend souvent dire que les immigrés nous volent nos emplois, qu’ils vivent aux crochets de la société… Si, au contraire, ils enrichissaient notre pays ? Si les expulsions nous coûtaient cher ? On entend souvent dire que les immigrés nous volent nos emplois qu'ils vivent aux crochets de la société Si au contraire ils enrichissaient no...

Espagne : qui cherche du travail ailleurs ?

Andreu Domingo Valls
Vu d'ailleurs

Frappée de plein fouet par la crise, l’Espagne voit ses jeunes tenter leur chance ailleurs. Combien ? Difficile de savoir. L’Europe resterait la destination première. Les immigrés et leurs descendants seraient les premiers concernés. Le phénomène, s’il réjouit les partisans d’un marché unique du travail, prospère sur les ruines de ...

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La scène se passe une après-midi à Barbès, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Arrivés par centaines, les policiers quadrillent la zone deux heures durant. Contrôle d’identité aux barrages et dans le périmètre. Des dizaines de personnes, la plupart africaines, menottées et emmenées au poste. Quand les patrouilles font mine de partir, certains sortent de leur cachette, mais des agents en civil veillent au grain. Cent cinquante sans-papiers seront embarqués, dont quarante conduits in fine au centre de rétention administrative de Vincennes. Nous sommes le 6 juin 2013, un jeudi. Rafle ? Scène ordinaire de la machine à expulser qui tient lieu, à gauche comme à droite, de politique d’immigration. Car nos politiques migratoires sont des broyeuses d’hommes, de femmes, d’enfants. En vingt ans, 16 000 migrants seraient morts pour avoir tenté de rejoindre l’Europe. Les familles des disparus hurlent dans le désert (cf. G. Lefèvre, P. Quivy). Quand sera donc atteint le seuil de tolérance de notre société ?

On ne fait pas de politique avec de la morale ? On n’en fait pas davantage sans, rétorquera-t-on avec André Malraux. Mais puisque, aux yeux de certains, laisser parler ses émotions suffit à disqualifier le discours, mettons-les sous le boisseau pour endosser les habits de la raison. Comment justifier, au premier chef, cette contradiction fondamentale de notre mondialisation qui abolit totalement les frontières pour les capitaux (cf. G. Giraud), largement pour les biens et services, mais non pour tous les humains ? Au plan géopolitique, prépare-t-on la paix en opposant les pays de transit, auxquels on veut sous-traiter le gardiennage de nos murs, aux pays de départ du sud du Sahara (cf. M. Raïs) ? Économiquement, est-ce bien raisonnable de dépenser 20 000 euros pour chaque expulsion (36 822 en 2012), quand les migrants contribuent au dynamisme économique et à l’équilibre de nos comptes sociaux (cf. D. de Blic) ? Est-ce même efficace, quand beaucoup reviennent ? Au plan démographique, notre continent – qui voit aussi partir certains de ses jeunes (cf. A. Domingo) – veut-il à ce point accélérer son vieillissement qu’il préfère limiter l’afflux d’une population jeune et souvent formée (cf. E. Ambrosetti et C. Giudici) ?

On le voit, questionner le bien-fondé de la politique migratoire actuelle n’est pas l’apanage de quelque engeance gauchiste ou fidèle à la radicalité évangélique. Mais, si cette politique est inhumaine, coûteuse et vaine (cf. S. Weber), pourquoi la poursuivre ? Certains mouvements ont, certes, pris le parti de flatter les peurs de l’électorat – et les urnes, hélas, ne les en découragent pas. Pour nombre de dirigeants européens, il s’agit surtout de donner à l’opinion des gages de volontarisme pour pallier leur incapacité à répondre aux problèmes du chômage et de l’insécurité.

Si les détracteurs de l’Europe forteresse peinent à emporter la conviction, c’est qu’ils négligent de présenter des alternatives claires. Prendre au sérieux l’objection exige de penser les fondements d’une politique d’ouverture. Le droit de quitter son pays, inscrit dans la Déclaration universelle de 1948, restera lettre morte tant qu’il ne s’accompagnera pas du droit à s’installer dans un autre pays (cf. A. Pécoud). Aussi bien, la libre circulation doit être le principe, ses entraves, l’exception. Libre circulation n’implique pas absence de contrôle. Il n’est guère de voix pour nier à l’État un droit légitime à connaître les entrées et les sorties de son territoire. Encore faut-il que cette politique n’amène pas l’Europe à piétiner le socle de valeurs sur lequel elle s’est bâtie. Qu’attendent les pays européens pour signer la Convention des Nations unies sur les droits des travailleurs migrants et de leurs familles ?

Quelles exceptions à la libre circulation ? La notion de cohésion sociale ou celle de « bien commun » avancée par l’Église (cf. C. Mellon) appellent interprétation. À quel échelon penser ces exceptions ? Si chaque État présente quelques spécificités démographiques, la physique des flux migratoires invite plutôt à les concevoir à l’échelle régionale, sinon mondiale (cf. C. Wihtol de Wenden). Enfin, une autre politique suppose de reconnaître que la géographie n’est pas seule à dresser des frontières. Il en est d’autres, plus profondes encore. Dans le monde du travail, d’abord (cf. E. Terray). Dans notre regard, aussi (cf. A. Chaillou).

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