Avant de devenir pape, le cardinal Bergoglio affirmait que la fuite des capitaux est un péché. Était-il naïf ? Pas si sûr. De Ricardo à Krugman, de l'Indonésie à Chypre, Gaël Giraud instruit un sujet devenu tabou. Et interroge la territorialité de la valeur.

En 2010, le cardinal Jorge Bergoglio, devenu, depuis lors, le pape François, tenait des propos étonnants à l’occasion d’une conversation avec le grand rabbin d’Argentine, Abraham Skorka[1] : « Le christianisme condamne aussi sévèrement le communisme que le capitalisme sauvage. La propriété privée est un droit, mais l’obligation de la socialiser de manière équitable l’est tout autant. Un bon exemple serait la fuite des capitaux car l’argent, quoi qu’on en dise, a une nationalité et celui qui place à l’étranger l’argent produit par une industrie de notre pays commet un péché. Il n’honore pas l’endroit qui lui a permis d’acquérir cette richesse ; il n’honore pas le peuple dont le travail lui a permis de la posséder. » Dit autrement : la mobilité du capital est un péché. Exagération pieuse d’un ecclésiastique, ignorant des vertus de la mobilité du capital enseignées dans toutes les business schools de la planète ? Est-ce si sûr ?

Si l’affirmation du cardinal Bergoglio paraîtra incongrue à certains d’entre nous, c’est que le projet européen a, presque depuis son origine, partie liée avec l’idée d’abolir toute barrière à la circulation du capital entre les pays de l’Union européenne (UE). La libre circulation des capitaux (article 56 du Traité de la Communauté européenne), mise en œuvre par une directive en 1988, est bien antérieure à la création de l’euro et même au Traité de Maastricht (1992). Les écoles néolibérales anglo-saxonnes s’y sont toujours montrées favorables, mais c’est paradoxalement de la social-démocratie française que sont venus les hommes décisifs qui ont contribué, à l’échelon politique, à sa mise en place[2]. Au point que la mobilité du capital semble constituer l’un des socles intangibles de la construction européenne. Devenant un point aveugle du débat public.

Libre-échange et mobilité du capital

Or l’analyse économique ne permet aucunement d’attribuer au libre-échange accompagné d’une parfaite mobilité du capital les vertus que lui prêtent souvent les chantres de la mondialisation marchande. On a pu avancer, par exemple, que la libéralisation des marchés internationaux de capitaux constituait le ferment d’une paix durable en Europe. Ce type d’argument s’inscrit dans la droite ligne de la rhétorique qui, depuis Montesquieu, associe le « doux commerce » avec la paix entre les nations. Pourtant, aucune évidence empirique convaincante ne permet d’étayer pareille corrélation[3]. Dans le cas européen, la libéralisation des capitaux jointe à la création de la monnaie unique, en favorisant une divergence croissante au sein de la zone euro entre économies du nord (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande) et du sud (France, Italie, Espagne, Portugal, Chypre), ne s’est-elle pas transformée, au contraire, en un outil terriblement efficace pour liguer les classes moyennes les unes contre les autres ? Que l’on songe aux manifestations publiques de germanophobie dans la Grèce en ruines !

Si la libéralisation des échanges a peut-être favorisé la réduction des inégalités entre pays, elle a probablement facilité un creusement inédit des inégalités, depuis plus d’un demi-siècle, au sein même de chacun des pays[4] : en mettant en concurrence sur un marché du travail mondialisé les salariés pauvres de la planète, tout en autorisant les capitaux à s’investir librement partout (ou presque), on provoque mécaniquement l’appauvrissement des salariés les moins favorisés des pays riches et l’enrichissement des salariés les plus favorisés des pays pauvres. Le coût économique et social de telles inégalités est considérable, contribuant à un délitement du lien social qui pénalise même les plus favorisés[5]. La question de savoir si ce coût ne contrebalance pas largement celui qu’induisent les freins administratifs qu’impose le contrôle des capitaux aux frontières mérite véritablement d’être posée. Et si l’on observe un rattrapage à la hausse des salaires en Chine, ce n’est sûrement pas grâce à la mobilité du capital !

Plus généralement, la doctrine de l’Organisation mondiale du commerce, par exemple, s’appuie sur la théorie des avantages comparatifs de David Ricardo. Pour celle-ci, deux pays qui ouvrent leurs frontières pour échanger ont toujours un avantage mutuel à le faire : même si l’un d’entre eux (disons la Grèce) est moins productif que l’autre (par exemple, l’Allemagne) dans tous les domaines industriels, il gagnera à l’échange dans la mesure où il aura intérêt à se spécialiser dans le domaine dans lequel il est le moins désavantagé par rapport à son concurrent, lequel est supposé trouver son intérêt en se spécialisant là où il est le plus compétitif. Une telle doctrine a servi en partie de soubassement théorique à l’espoir, sous-jacent à la construction de l’euro, qui voulait que celle-ci favoriserait une convergence économique entre les pays de la zone.

Mais l’économiste britannique Ricardo s’est bien gardé, dans ses Principes, de faire l’hypothèse de parfaite mobilité du capital[6]. Il savait fort bien – il le remarque lui-même – qu’en pareille situation, sa démonstration du caractère mutuellement bénéfique de l’abaissement de toute frontière s’effondrerait : si un pays (la Grèce) dispose d’un désavantage absolu vis-à-vis d’un autre en termes de compétitivité industrielle, il est très vraisemblable que les capitaux du premier iront s’investir dans le second. La spécialisation du premier n’aura pas lieu et l’ouverture des frontières se soldera par une hémorragie de capitaux du pays faible vers le pays fort[7]. C’est très exactement le scénario auquel on assiste aujourd’hui entre le sud et le nord de l’Europe.

Ainsi, la mobilité du capital, loin d’être une condition sine qua non pour la mise en œuvre du libre-échange, est au contraire un obstacle à la réalisation des promesses de ce dernier. Et en effet, les observations empiriques ne permettent pas, à ce jour, d’établir une corrélation fiable entre libéralisation des capitaux et croissance, comme l’admet Paul Krugman (pourtant récipiendaire du prix Nobel pour ses travaux de défense du libre-échange durant les années 1990)[8].

Est-ce à dire que Toyota n’aurait pas dû s’installer dans le nord de la France ? Impossible de répondre à cette question isolée : de tels investissements n’eussent peut-être pas eu lieu dans une Europe qui n’aurait pas renoncé au contrôle des capitaux, mais, inversement, une quantité significative d’investissements européens ne se seraient pas faits hors d’Europe. Est-il si clair que l’Europe ait gagné au change ? La désindustrialisation massive des pays du sud européen fournit un élément de réponse… À l’échelle mondiale, par ailleurs, le coût induit par le contrôle des capitaux est à mettre en balance avec la course au moins-disant fiscal et social provoquée par la mise en concurrence des États. Cette course aboutit à des abandons de souveraineté et à une remise en question radicale de l’exercice démocratique[9]. Est-ce là, avec l’explosion des inégalités, le prix légitime à payer pour les gains plus qu’ambigus du libre-échange ?

Mobilité du capital et « krachs » financiers

Le dogme de la mobilité du capital dans la zone euro a été remis récemment en cause par la crise chypriote. Le Fonds monétaire international (FMI) avait, dès 2012, encouragé une telle entorse à propos de la crise islandaise, reconnaissant explicitement qu’en cas de fuite massive des capitaux, instaurer un contrôle aux frontières peut être utile. Il est loin le temps où, parce qu’elle avait osé instaurer un tel contrôle, la Malaisie s’était retrouvée au ban des nations, en 1998. Rappelons que la mobilité du capital, que l’Europe avait expérimentée de la fin du XIXe siècle jusqu’en 1914, avant de l’imposer au sein de l’UE au début des années 1990, s’inscrit dans un mouvement de (re)découverte récente des charmes de la libre circulation : la Grande-Bretagne a conservé des freins à la liberté des capitaux jusqu’en 1979. Les États-Unis eux-mêmes l’avaient limitée durant les années 1960.

Or la corrélation entre la libéralisation des capitaux et les krachs financiers qui ont ravagé plusieurs pays depuis quarante ans est impressionnante[10]. Aucune crise financière majeure n’a secoué le monde industrialisé durant les Trente Glorieuses, une période protectionniste où le contrôle des capitaux aux frontières était généralisé. Depuis les années 1980, ce même monde actif dans les échanges internationaux a connu une crise majeure d’illiquidité à intervalles réguliers : Mexique, Argentine, Brésil et Chili en 1982, Suède et Finlande en 1991, Mexique en 1995, Thaïlande, Malaisie, Indonésie et Corée en 1998, Argentine en 2002, l’Europe du Sud depuis 2010... À l’exception du Chili, de la Suède et de Chypre, le même scénario est à l’œuvre : un afflux massif de capitaux attirés par des conditions fiscales avantageuses, suivi de leur retrait brutal, à la faveur d’investissements plus profitables[11].

Comme le montre Raghuram Rajan, l’ancien chef économiste du FMI[12], l’humiliation subie par l’Indonésie en 1998 illustre de manière exemplaire le phénomène : l’afflux de capitaux étrangers en quantité inouïe pour y financer des investissements pharaoniques passait par des prêts de court terme (mais de grande taille) accordés aux banques indonésiennes et libellés en roupies. Le court-termisme des crédits accordés permettait de retirer ce capital à la moindre alerte, la devise choisie, de se protéger contre toute tentative de dévaluation de la roupie et contre une inflation non maîtrisée. Enfin, passer par la médiation de petites banques locales permettait de bénéficier indirectement de la garantie de l’État indonésien. D’où venait l’argent investi ? Non pas des profits des grandes multinationales, encore moins de l’épargne des retraités occidentaux, mais de la création monétaire par de grandes banques du bassin atlantique nord (HSBC par exemple). Car lorsqu’une banque accorde un prêt, elle crée l’essentiel de la monnaie correspondante. Or la garantie de l’État indonésien a considérablement réduit l’attention portée par les grandes banques occidentales à la solvabilité des gigantesques projets financés. Quant aux banques indonésiennes, elles ont rapidement été dépassées par l’ampleur et la complexité des projets pour lesquels elles recevaient cette manne venue de l’étranger. Lorsqu’il est apparu que plusieurs de ces projets conduiraient au naufrage, les banques occidentales ont immédiatement retiré leurs capitaux et l’Indonésie a connu la pire crise économique de son histoire depuis la guerre : une chute de 25 % de son Pib en un an et la nécessité de se conformer à un plan d’ajustement structurel dévastateur pour obtenir des prêts d’urgence du FMI. Depuis lors, l’Indonésie a réorienté son modèle économique sur des projets locaux financés par des banques locales.

Cet exemple, parmi bien d’autres, montre que les investissements à l’étranger ne sauraient constituer une légitimation de la mobilité du capital, même dans l’intérêt bien compris des pays du Sud. C’est sur cet arrière-fond, à la fois analytique et historique, que doit s’interpréter la parole forte du cardinal Bergoglio. Chacune de ces crises a dévasté l’économie réelle du pays concerné[13].

Communauté de biens communs ?

Celui qui allait devenir pape met en avant un concept devenu étranger aux débats économiques contemporains : celui de la communauté productrice de richesse. Par-delà ses effets dévastateurs, la fuite des capitaux serait la violation d’un droit aussi inaliénable que la propriété privée : celui, pour une communauté, de jouir des fruits de sa création de richesse. On songe, bien sûr, au scandale répété des paradis fiscaux qui, jusqu’en Europe, dérobent aux citoyens une partie significative du produit de leur labeur[14]. Mais la parole du cardinal argentin peut s’entendre comme plus exigeante encore : non seulement, dérober un revenu à l’administration fiscale d’un pays est un péché, mais faire transiter des capitaux hors du pays où ils ont correspondu à une création de richesse en est un aussi – quand bien même un tel transfert serait parfaitement légal.

Bien que légal, faire transiter des capitaux hors du pays où ils ont correspondu à une création de richesse est un péché.


Ce jugement s’appuie sur la notion de « dette sociale », que Jorge Bergoglio évoque un peu plus loin : « Dans tout usufruit, il faut tenir compte de cette dimension, celle de la dette sociale » (p. 167). Le concept pourrait s’expliciter de la manière suivante : toute création de richesse a nécessairement été précédée par une création de monnaie ex nihilo. Celle-ci constitue une dette pour les emprunteurs, qui ne peuvent s’en acquitter que grâce à la création de richesse à laquelle ils contribuent. Cette vérité élémentaire était déjà soulignée avec force par Schumpeter notamment[15] : un entrepreneur créateur de richesse est avant tout quelqu’un qui a des idées mais qui n’a pas d’argent. C’est le secteur bancaire, par le pouvoir de création monétaire qui lui a été octroyé par le prince, qui consent, ou non, à financer le projet de l’entrepreneur. Les intérêts de la dette qu’il rembourse constituent un usufruit qui revient in fine au prêteur : aux créanciers de la banque et à ses actionnaires. Cet usufruit, dit Bergoglio, est en réalité une « dette sociale » due par les bénéficiaires de l’usufruit à l’ensemble de la collectivité qui a rendu possible la création de richesse. Ne pas réinvestir cet usufruit dans le pays où vit cette collectivité, et le transférer ailleurs, est une manière de ne pas s’acquitter de cette dette sociale.

Sans doute comprend-on, dans ce récit, qu’il est indispensable de remettre à sa place la création monétaire : celle-ci, en effet, précède toujours la création de valeur – contrairement à la légende, si souvent répétée, selon laquelle les dépôts feraient les crédits[16]. La force de cette dernière thèse est d’évacuer entièrement l’origine de la monnaie : si l’on croit que tout crédit est nécessairement précédé par un dépôt, on s’interdit de comprendre que l’argent créé à l’occasion d’un crédit (qui rend possible un investissement productif) appartient bel et bien à la communauté à qui la banque à l’origine du prêt a accordé sa confiance. En créant effectivement cette valeur, la communauté a validé ex post l’acte de crédit (aux deux sens du terme) qui lui avait été accordé. Elle a, du même coup, conféré sa valeur à la monnaie créée[17]. Sans quoi, la monnaie créée par le secteur bancaire serait restée un signe sans contrepartie réelle, une promesse non réalisée. Inversement, lorsque l’investissement financé au moyen du crédit ne produit pas la richesse attendue, le défaut de remboursement réduit la valeur de la monnaie créée. Quand la richesse a bien été produite, l’usufruit du crédit initial appartient par conséquent à la communauté qui lui a donné sa valeur. Dit autrement, la monnaie créée par le secteur bancaire est un bien commun[18] à la collectivité entière qui, en produisant de la richesse grâce à cette monnaie, lui confère en retour sa valeur.

L’argent créé à l’occasion d’un crédit appartient à la communauté à qui la banque à l’origine du prêt a accordé sa confiance.


Si, au contraire, tout crédit était précédé par un dépôt venant de nulle part, dont la valeur reposerait « ailleurs » (sur quel actif réel ?), il serait alors apparemment légitime de soustraire ce capital d’une communauté où il n’était qu’en transit. Mais cette seconde conception n’est possible qu’à condition de falsifier, comme on le fait si souvent, l’origine de la monnaie. Elle est essentiellement affaire de crédit, de foi. Voilà pourquoi sa négation est un péché[19]. Reste que l’idée qu’une communauté soit l’authentique propriétaire du bien commun monétaire qui a rendu possible la richesse créée en son sein pose une question politique difficile (notamment aux citoyens européens) : quelles sont les frontières de cette communauté ?



[1] Cf. Jorge Bergoglio et Abraham Skorka, Sur la terre comme au ciel, Robert Laffont, 2013, p. 165 [2010, traduit de l’espagnol par Abel Gerschenfeld et Anatole Muchnik].

[2] Selon l’universitaire américain Rawi Abdelal, les trois acteurs clefs de cette mutation seraient Jacques Delors (alors président de la Commission européenne), Henri Chavranski (président des mouvements de capitaux à l’OCDE de 1982 à 1994) et Michel Camdessus (président du FMI de 1987 à 2000).

[3] Cf. G. Giraud, « Plaidoyer pour un protectionnisme européen », Revue Projet, n°321, avril 2011 et « L’épouvantail du protectionnisme », Revue Projet, n°320, février 2011.

[4] Cf. Michael Kremer et Eric Maskin, « Globalization and Inequality », Harvard University, 2006 et Pierre-Noël Giraud, L’inégalité du monde. Économie du monde contemporain, Gallimard, 1996 et La mondialisation. Émergences et fragmentations, éditions Sciences humaines, 2008.

[5] Cf. G. Giraud et Cécile Renouard, Le facteur 12, Carnets nord, 2012.

[6] « (…) if capital freely flowed towards those countries where it could be most profitably employed, there could be no difference in the rate of profit, and no other difference in the real or labor price of commodities, than the additional quantity of labor required to convey them to the various markets where they were to be sold. » David Ricardo, On the Principles of Political Economy and Taxation, John Murray, 1917, chap. 7.

[7] L’économiste Herman Daly fait une remarque analogue dans son discours de réception du prix Sophie, à Oslo, en 1999.

[8] Cf. Paul Krugman, « Hot Money blues », The New York Times, 24/03/2013.

[9] Cf. Jean Merckaert, « Les malgré-nous du capitalisme », Revue Projet, n° 324-325, déc. 2011.

[10] Cf. Dani Rodrick, « Who Needs Capital-Account Convertibility ? », Harvard University, 1998.

[11] Cf. P. Krugman, op. cit.

[12] Fault Lines. How Hidden Fractures Still Threaten the World Economy, Princeton University Press, 2010.

[13] Notons, pour autant, que le lien qui unit mobilité du capital et krachs financiers ne passe pas nécessairement par des marchés financiers dérégulés. Bien sûr, ces derniers facilitent les transferts de capitaux et rendent les capitaux nomades encore plus volatiles. Mais les pays où ceux-ci s’investissent seraient exposés à un risque semblable de retrait massif et soudain quand bien même les marchés n’offriraient pas les services sophistiqués (et dangereux) que leur dérégulation a permis.

[14] Cf. J. Merckaert, « Paradis fiscaux : l’industrie du secret », Revue Projet, n° 334, juin 2013.

[15] The Theory of Economic Development : An Inquiry into Profits, Capital, Credit, Interest, and the Business Cycle, Harvard University Press, 1934.

[16] Cf. G. Giraud, Illusion financière. Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire, L’Atelier, 2013.

[17] Cf. G. Giraud, « L’Église face aux dérives du capitalisme », Christus, n °238, mai 2013, pp. 220-227.

[18] Cf. Illusion financière, op. cit.

[19] « Le contraire du péché n’est pas la vertu mais la foi », Kierkegaard, Traité du désespoir, Gallimard, 1961 [1849, traduit du danois par Knud Ferlov et Jean J. Gateau].

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