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[DIAPORAMA] Monsieur Z. "Sans toit, qui suis-je ?"

Aurore Chaillou
Droit de cité

Après avoir passé dix ans dans la rue, « sur le bitume », Monsieur Z. a désormais un logement. Que représente un toit quand on en a été privé si longtemps ? Et comment apprivoise-t-on son nouveau chez soi ? Après avoir passé dix ans dans la rue sur le bitume Monsieur Z a désormais un logement Que représente un toit quand on en a été ...

Comprendre la hausse des prix de l’immobilier

Loïc Bonneval
Chercheur

L’inflation immobilière est source d’inégalités sociales et d’inégalités entre générations. Contrairement à une idée répandue, offrir plus de logements ne suffira pas à résoudre le problème. Encore faut-il réguler les loyers, réviser la fiscalité et construire du logement social. L'inflation immobilière est source d'inégalit...

Rénovation des quartiers : des habitants relégués

Mathilde Costil
Chercheur

On ne saurait s’opposer à la rénovation de l’habitat insalubre. Mais si celle-ci se fait parfois avec les propriétaires, elle peut aussi se traduire par une relégation territoriale d’une partie de habitants, notamment les locataires. Enquête dans le centre-ville de Saint-Denis. On ne saurait s'opposer à la rénovation de l'habitat insal...

Recréer du lien grâce à l’habitat partagé

Olivier Launay
Acteur de terrain

De nouvelles manières d’habiter s’inventent pour tenter de répondre à la crise du lien social : résidence intergénérationnelle, habitat participatif… Habitat et humanisme les expérimente. Que disent-elles de notre société ? De nouvelles manières d'habiter s'inventent pour tenter de répondre à la crise du lien social résidence int...

Les grands défis du parc social

Marc Uhry et Cédric Van Styvendael
Acteur de terrain

Levier central de l’action publique, le logement social peine à répondre aux attentes actuelles. Il doit faire face à des besoins accrus et fournir une offre plus sociale encore, dans un contexte de hausse des prix qui freine la mobilité des locataires. Le modèle français, qui fait référence au niveau européen, est à l’heure des choix...

Logement social : des bons et des mauvais candidats ?

Marine Bourgeois
Chercheur

Les discriminations à l’entrée du parc social ne sont pas des accidents de parcours. Elles présentent un caractère systémique, qui s’explique par l’ambiguïté des politiques publiques, le pouvoir discrétionnaire des bailleurs sociaux et la culture professionnelle des agents HLM. Les discriminations à l'entrée du parc social ne sont p...

« Zones tendues » et accès au logement

Marcel Rémon
L'équipe de rédaction

Pour appréhender la géographie du mal logement les statistiques aident peu car la précarité de l'habitat émerge dans un espace discontinu en archipel ou en îlots En 2013 le gouvernement repérait 28 agglomérations de plus de 50 000 habitants caractérisées par de fortes tensions entre offre et demande de logements les zones tendues Des zon...

Avoir un « chez soi », un problème ancien

Antoine Prost
Chercheur

Le problème du chez soi n'est pas nouveau en France La plupart des questions posées ici auraient pu l'être à la fin du XIXe siècle Les logements populaires d'alors étaient en effet insuffisants et indignes L'offre ne répondait pas à la demande Alors que la population urbaine augmentait lentement mais sûrement les investisseurs construisai...

Quarante ans de lutte face à la violence du marché immobilier

Éric-Laurent Demontreuil
Acteur de terrain

À Paris, les expulsions locatives et la cherté des loyers ne datent pas d’hier. Les résistances des locataires non plus : en témoignent les combats de l’Association des comités de défense des locataires et du Réseau stop aux expulsions logement parisien. Une fresque riche d’enseignements sur l’accès au droit et les rapports de force...

Privé de logement, on vit moins longtemps

Marcel Rémon
L'équipe de rédaction

La personne à la rue reste indécelable dans les statistiques de mortalité s'indignait l'anthropologue Daniel Terrolle1 De fait en France les données sur les sans domicile classés dans la vaste catégorie des inactifs dans les statistiques de mortalité demeurent très parcellaires Certains auteurs avancent une espérance de vie autour de 45 a...

Pour un habitat désirable et durable pour tous

Jacques Debouverie
Acteur de terrain

Un urbanisme écologique serait inacceptable s’il privilégiait le cadre de vie des « bobos » à celui des quartiers délaissés. Une perspective sociale-écologique exige de repenser la ville pour loger tout le monde, contrer l’étalement urbain, favoriser des mobilités douces et densifier raisonnablement la ville tout en y amenant la natur...

À Rennes, les prix de l’immobilier ne s’envolent pas

Nathalie Demeslay
Acteur de terrain

Comment un territoire peut il endiguer l'envolée des prix du logement et donc assurer une politique d'accueil sans contrôler les rythmes les volumes et les coûts de production du foncier aménagé Une offre déséquilibrée alimente en effet la spéculation foncière et immobilière et provoque une tension sur l'ensemble des segments du marché...

Pourquoi la loi Dalo ne tient pas ses promesses ?

René Dutrey
Chercheur

L’existence du droit au logement opposable, dit « Dalo », contraint les décideurs à faire face à une situation que certains préféreraient ignorer. Mais l’offre prévue par les textes n’est que partiellement mobilisée. L'existence du droit au logement opposable dit Dalo contraint les décideurs à faire face à une situation que certai...

Sans toit, qui suis-je ?

Aurore Chaillou
Droit de cité

Monsieur Z. a vécu dix ans à la rue. Madame N. a connu les hébergements d’urgence avec sa fille. Ils sont désormais locataires. Que représente un toit quand on en a été privé ? Et comment apprivoise-t-on son nouveau logement ? Monsieur Z a vécu dix ans à la rue Madame N a connu les hébergements d'urgence avec sa fille Ils sont désorma...

Le logement n’est pas une marchandise

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

Nada mejor que volver a casa chante le Cubain Raúl Paz Rien de mieux que de rentrer chez soi Un chez soi digne de ce nom c'est un point d'ancrage qui nous sécurise un lieu de repli nécessaire à notre équilibre C'est de cela que sont privées les 4 millions de personnes mal logées en France Parmi elles 900 000 n'ont pas même un logement à e...

Sortir le foncier des logiques de marché

Audrey Linkenheld
Responsable politique

Jusqu'au début des années 2000 Lille restait une ville bon marché Mais avec la montée des prix et l'hyper dynamisme du marché locatif étudiant le parc de logements a évolué La division d'immeubles la réduction des logements vacants et la production de petits appartements ont contribué à tendre le marché Face à la montée des prix les ...

Scandale du mal-logement : si peu de bruit...

Manuel Domergue
Acteur de terrain

Le mal-logement mobilise peu l’opinion, qui semble s’habituer. Ceux qui le peuvent aspirent à se constituer ou à faire croître leur patrimoine et ceux qui en souffrent sont peu organisés. Il y a urgence à politiser le problème. Le mal logement mobilise peu l'opinion qui semble s'habituer Ceux qui le peuvent aspirent à se constituer ou à...

Logement : des inégalités à tous les étages

Pierre Madec
Chercheur

Depuis le début des années 2000, les prix de l’immobilier ont plus que doublé dans certaines zones très attractives en France. Quand certains semblent s’enrichir sans cause, pour d’autres, se loger devient un luxe. Que peuvent les politiques publiques face à ces inégalités croissantes ? Depuis le début des années 2000 les prix de l'i...

Question en débat : Si le logement de chacun devenait notre affaire à tous ?
Wikimedia Commons
Wikimedia Commons

Le logement n’est pas une marchandise


« Nada mejor que volver a casa », chante le Cubain Raúl Paz. « Rien de mieux que de rentrer chez soi. » Un « chez soi » digne de ce nom, c’est un point d’ancrage qui nous sécurise, un lieu de repli nécessaire à notre équilibre. C’est de cela que sont privées les 4 millions de personnes mal logées en France. Parmi elles, 900 000 n’ont pas même un logement à elles, un chiffre qui ne cesse d’augmenter1. Pour peu que l’on puisse rentrer chez soi, en mesure-t-on encore toute la valeur ?

À moins que nous en ayons une telle conscience que nous soyons prêts à consacrer au logement toute notre énergie, toute notre épargne, pour nous mettre à l’abri, disposer d’un refuge pour nos vieux jours, d’un patrimoine à transmettre ? C’est ce que suggèrent les chiffres : il faut aujourd’hui, pour se loger, dédier une part toujours plus grande de ses revenus. Longtemps, prix de l’immobilier et revenus ont progressé au même rythme. Mais depuis l’an 2000, les premiers ont augmenté 1,7 fois plus vite que les seconds. Une moyenne qui masque de grandes disparités : les logements vacants se multiplient dans les petites villes (on en compte 2,7 millions en France), tandis que les prix explosent dans les métropoles. À Paris, en particulier, où les prix ont triplé, le m² vaut désormais près de 10 000 euros !

Dans ces zones « tendues », le marché du logement fonctionne de plus en plus comme une centrifugeuse, avec en son cœur un gros noyau de propriétaires (58 % des Français le sont), tout heureux de voir les prix s’envoler et, aux marges, une dynamique implacable de relégation, sinon d’expulsion. La sanction est souvent immédiate pour les accidentés de la vie (chômage, divorce…), tandis que les nouveaux entrants (jeunes, migrants, travailleurs précaires…) trouvent face à eux des barrières infranchissables pour accéder à un logement décent.

Et voilà l’un des paradoxes de notre société. Elle vante l’accès de chacun à la propriété, mais le transforme en privilège : en quarante ans, la part de propriétaires chez les 25-44 ans est passée de 34 % à 16 % chez les plus modestes et de 43 à 66 % chez les plus aisés. Elle proclame le droit au logement opposable, mais empêche le parc social de jouer pleinement son rôle régulateur, tant la hausse des prix dissuade les locataires d’en sortir. Elle défend la nécessité de la mixité sociale, mais voit les plus riches s’isoler dans des îlots accessibles à eux seuls. Ouvriers et employés ne représentent plus que le quart de la population active qui réside à Paris, contre la moitié au début des années 1980 ; les cadres ont pris leur place2. Elle promeut l’ascension sociale par le mérite, mais fait de la rente foncière – le bénéfice lié à la localisation de son logement – le premier facteur d’enrichissement (+700 000 euros en moyenne entre 1998 et 2015 chez les 10 % les plus riches des propriétaires).

Avec le mal-logement et la ségrégation spatiale, nous (re)découvrons comment une somme de stratégies individuelles légitimes peut avoir des conséquences que, collectivement, nous récusons. Le marché se révèle incapable d’assurer le bien commun. Au moment d’étudier la loi Élan, le législateur ferait bien de s’en souvenir. Et de regarder de près les nouvelles façons d’habiter qui s’inventent, comme les politiques innovantes menées à Rennes ou à Lille. Chacune, à sa manière, remet la propriété privée à sa juste place : non un absolu, mais un droit sur lequel pèse une « hypothèque sociale », diront les chrétiens, un outil au service du plus grand nombre. Et pourquoi ne pas faire du logement un commun et en sacraliser le droit d’usage ? Socialiser l’enrichissement des propriétaires quand il n’est dû qu’à sa localisation ? De telles orientations provoqueront des résistances. Sauf à ce que le logement de chacun devienne véritablement notre affaire à tous. En 1988, l’association Solidarités Nouvelles pour le Logement est née de cette intuition. Trente ans après, elle n’a pas pris une ride.



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1 Personnes sans domicile, vivant dans des habitats de fortune ou chez un tiers. Cf. Fondation Abbé Pierre, « L’état du mal-logement en France 2018 », rapport annuel, n°23, 2018.

2 Jérôme Fourquet, « 1985-2017 : Quand les classes favorisées ont fait sécession », Étude de la Fondation Jean Jaurès, 21/02/2018.


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2 réactions pour « Le logement n’est pas une marchandise »

Julien MAIA
07 July 2018

Le logement n'est pas une marchandise... et pourtant le Grand Paris va créer une forte pression sur les prix : https://investir.lesechos.fr/placements/immobilier/dossiers/les-villes-du-grand-paris-ou-il-faut-investir/les-villes-du-grand-paris-ou-il-faut-investir-1627870.php

Plus de logements, plus de réseaux = plus d'espoir de plus-value !

Il est temps d'envisager des réponses sous forme coopérative afin de concurrencer et de capter cette valeur et la mettre au service des personnes logés !

Gabriel CHEL
23 June 2018

Bonjour

Une idée simpliste (à améliorer...):
- Par une loi obliger les communes à construire un grand nombre de logements locatifs bon marché.
Si le nombre de logement nécessaire pour loger tout le monde est de 300 000 logements (j'avance un chiffre bidon), par cette loi faire en sorte que si les communes jouent le jeu on aboutisse aux 300 000 logements souhaités.
- Taxer très lourdement les communes qui ne jouent pas le jeu et avec cet argent réquisitionner des terrains et construire les logements attendus.

Amicalement

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