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Scandale du mal-logement : si peu de bruit...

Image sous Creative Commons CC0
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Le mal-logement mobilise peu l’opinion, qui semble s’habituer. Ceux qui le peuvent aspirent à se constituer ou à faire croître leur patrimoine et ceux qui en souffrent sont peu organisés. Il y a urgence à politiser le problème.

La France compte 4 millions de personnes mal logées et 12 millions fragilisées par la crise du logement. Chaque année depuis 1995, la Fondation Abbé Pierre cherche à alerter l’opinion et à mobiliser les pouvoirs publics autour de chiffres vérifiés, de témoignages accablants et de propositions concrètes. Le sujet est repris par toute la presse pendant une ou deux journées, puis il retombe dans l’oubli, jusqu’aux expulsions du 1er avril, date de la fin de la trêve hivernale. L’année du mal-logement est ponctuée par les polémiques sur les logements vacants, la loi SRU (relative à la solidarité et au renouvellement urbains), le nombre de sans-domicile ou de personnes souffrant de la canicule.

Il se dégage de cette litanie une forme de résignation. Rarement le mal-logement suscite-t-il une mobilisation politique à la hauteur des urgences humaines. Quelques prises de parole emblématiques ont marqué les esprits, telles l’appel de l’Abbé Pierre en 1954, bien sûr, ou la mobilisation des Enfants de Don Quichotte au bord du canal Saint-Martin, à Paris, en 2006-2007. Mais ces coups d’éclat sont généralement le fait de francs-tireurs isolés, dont l’apparition masque la relative faiblesse du champ des acteurs du mal-logement. A-t-on vu jamais une manifestation sur le logement dépasser les quelques milliers d’individus, quand des centaines de milliers, voire des millions d’individus ont défilé pour les retraites, contre le contrat première embauche ou contre le terrorisme ?

La société française a-t-elle vraiment, dans son ensemble, envie et intérêt à mettre un terme aux inégalités face au logement ?

Le mouvement des Enfants de Don Quichotte avait donné lieu à un collectif d’associations pour une autre politique du logement, animé par la Fédération des acteurs de la solidarité et la Fondation Abbé Pierre. Leurs revendicatio

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