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Quarante ans de lutte face à la violence du marché immobilier

Camp de soutien aux mal-logés organisé le 5 novembre 2010 sur le pont des Arts, Paris, France. Interview de Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés
© Croquant / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0 & GFDL
Camp de soutien aux mal-logés organisé le 5 novembre 2010 sur le pont des Arts, Paris, France. Interview de Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés © Croquant / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0 & GFDL
À Paris, les expulsions locatives et la cherté des loyers ne datent pas d’hier. Les résistances des locataires non plus : en témoignent les combats de l’Association des comités de défense des locataires et du Réseau stop aux expulsions logement parisien. Une fresque riche d’enseignements sur l’accès au droit et les rapports de force permettant ou non de voir appliquées des lois de protection.

Jusqu’à la fin des années 1960, le parc de logements à Paris est constitué essentiellement d’immeubles appartenant en bloc à un seul propriétaire : des immeubles de rapport entièrement locatifs, exceptés quelques logements occupés par le propriétaire ou ses proches. La copropriété n’a pas alors de rôle significatif et le parc locatif se caractérise encore par un confort très sommaire. Le W.-C. intérieur, la salle d’eau et le chauffage central sont encore réservés à une minorité. Le parc locatif social public avait pris place le long des boulevards des Maréchaux dès avant-guerre, mais il reste très minoritaire. Seules les grandes opérations de rénovation urbaine des années 1960-1970 lui donneront un poids significatif, avec la construction des tours du XIIIe arrondissement, de la voie radiale Vercingétorix du XIVe ou des zones d’aménagement concerté des XIXe et XXe.

Dans le contexte de pénurie du logement de l’immédiat après-guerre, la loi de 1948 institue une protection des locataires à Paris et dans les grandes villes, en réglementant les loyers des logements existants. Le « droit au maintien dans les lieux » protège les locataires contre l’éventualité de congédiements prévus par le Code civil. Mais, en 1964, le gouvernement déréglemente les loyers dès l’arrivée d’un nouveau locataire : la « sortie de loi de 1948 » est prévue sous condition d’un bail de six ans et d’un niveau minimum de confort et d’entretien des logements (sommairement décrit). Les propriétaires d’immeubles de rapport sont aussi incités à la réhabilitation, avec un fonds national dédié1. Mais ils ne seront pas longtemps les seuls à se saisir du nouveau contexte : l’éviction des locataires en place est susceptible de gén�

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1 réactions pour « Quarante ans de lutte face à la violence du marché immobilier »

Claire PERARO
23 June 2018

Merci. ;-)
"Sur la décennie, l'enjeu de fond ne change pas". Macron, certes, mais bien avant lui, déjà… Comment, justement, favoriser et développer le "pouvoir d'agir" des locataires (et citoyens et associations) dans ce rapport de forces tellement difficile à soutenir aujourd'hui (et peut-être plus qu'hier, pour le coup) ?

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