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Dossier : Mobilités en Europe : où allons-nous ?

L’Europe : entre mondialisation et populismes

 © flickr.com/Jeanne Menjoulet
© flickr.com/Jeanne Menjoulet

La paix et la prospérité qui devaient « spontanément » résulter des libres circulations en Europe et à ses frontières ne sont point advenues. On assiste à une montée des populismes et, à l’échelle mondiale, les capitalismes américains et chinois se livrent une compétition sans merci. L’Union européenne doit s’adapter à la nouvelle donne mondiale ou disparaître.


L’Europe promettait la paix, la mobilité des personnes et le rattrapage des plus pauvres. Le projet européen était de constituer un territoire avec des frontières communes, au sein duquel la mobilité des marchandises, des capitaux, des informations et des hommes ne serait aucunement entravée. Un territoire soumis à une autorité recevant de fortes délégations de souveraineté des anciens États, afin de pouvoir organiser le territoire et contrôler les flux à ses frontières. Les mobilités internes, accompagnées de transferts très limités entre États membres devaient stimuler la croissance économique et surtout tirer les pays pauvres vers les riches, donc réduire les inégalités. Mais cette croyance au pouvoir égalisateur des marchés est à la racine des difficultés de l’Europe.

Le marché commun a certes favorisé une certaine convergence des produits intérieurs bruts (PIB) par habitant au sein du noyau initial, puis avec la péninsule ibérique. Cependant, la crise de 2008 affecte très différemment les États membres et les écarts se creusent à nouveau. Avec son élargissement à l’est et aux Balkans à partir de 2003, l’Union européenne (UE) se pose un défi autrement plus important. Les nouveaux membres ont quelque peu rattrapé l’Allemagne jusqu’en 2008, mais plus par la suite. Or les écarts à combler restent énormes. Ils sont bien supérieurs aux différences entre États riches et pauvres au sein des États-Unis et même supérieurs à l’écart entre le Mexique et les États-Unis 1. La naïveté des gouvernements du Conseil européen a été de croire que la convergence économique résulterait du fonctionnement le plus libre possible des marchés.

La naïveté des gouvernements du Conseil européen a été de croire que la convergence économique résulterait du fonctionnement le pl

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1 réactions pour « L’Europe : entre mondialisation et populismes »

Cyril de Koning
02 May 2019

Cette article offre une rationalité et une logique implacable à saisir les enjeux géopolitiques de notre époque. Toutefois n'est-ce pas se coller aux travers de l'ancien monde que de continuer à penser les rapports géopolitiques comme des tensions entre espace géographique. L'opportunité et le drame de notre époque semble oublié : la crise écologique ne bouscule t-elle tous ces anciens repères. Ce texte par sa rationalité et son sens stratégique même semble l'omettre. On sent que ce texte est en tension avec plusieurs autres de cette édition notamment la conscience de la solidarité comme valeur essentielle de l'Europe perçue chez Chloé Ridel ou l'appel à l'écoute de l'autre si puissamment ressenti dans l'échange avec Hartmut Rosa.

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