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Dossier : Ceci n’est pas un numéro sur la chaussure

Chaussures « Made in Béarn » : pourvu que ça dure

Dominique et Robert sont monteurs à l'atelier de chaussures Le Soulor 1925, à Pontacq (Pyrénées-Atlantiques), juillet 2018. © Aurore Chaillou/Revue Projet
Dominique et Robert sont monteurs à l'atelier de chaussures Le Soulor 1925, à Pontacq (Pyrénées-Atlantiques), juillet 2018. © Aurore Chaillou/Revue Projet

Il y a une soixantaine d’années, Pontacq (Pyrénées-Atlantiques) comptait près d’un millier d’ouvriers dans les secteurs de la tannerie et de la chaussure. Mais comme ailleurs en France, la production a décliné, du fait de la concurrence asiatique notamment. Un petit atelier, Le Soulor, refuse pourtant de se résigner.


« Il faut être fou pour reprendre ça ! » Assis dans sa salle à manger de Pontacq (Pyrénées-Atlantiques), d’où l’on aperçoit l’atelier de chaussures qu’il a cédé il y a peu, Joseph Paradis1 se demande comment ses successeurs vont faire pour s’en sortir. Il a arrêté son activité à 70 ans, au printemps 2016, sans chercher de repreneur.

De fait, le contexte économique n’est guère encourageant. Pontacq, qui compte aujourd’hui près de 3000 habitants, vivait autrefois principalement du tissage, de la tannerie et de la chaussure. Dans les années 1950, un millier de personnes se consacraient encore à ces activités. Noël Paradis, le cousin de Joseph, préside l’association Patrimoine en Ribère-Ousse. « Le travail du cuir s’est développé au XVIIe siècle : Pontacq était alors une ville de garnison, et il fallait des cordonniers, des selliers pour répondre aux besoins des soldats. » Il raconte l’histoire des artisans pontacquais avec fierté et nostalgie. En quelques décennies, cette tradition a périclité. À l’été 2018, il y a bien encore une société qui fabrique des chaussons thermo-formables pour le ski, et Le Soulor, l’ancien atelier de Joseph Paradis. Au début de l’année, l’usine de chaussures Tonon-Laburthe, à quelques rues de là, a fermé. Elle comptait alors 35 salariés. Ils étaient 220 au milieu des années 1990. La production avait chuté, passant de 250 000 paires au milieu des années 2000 à 50 000 paires environ en 2017.

Le dernier PDG de la société, Arnaud Baron, invoque les effets de la mondialisation.  Il y a trente ans, explique-t-il, les Chinois fabriquaient des chaussures bas de gamme, qui ne concurrençaient pas directement la production française, de meilleure qualité. Mais profitant du faible coût de la m

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