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Dossier : Fécondité : un enjeu pour la planète ?

À la poursuite des ressources ou l’épopée humaine


Pourquoi la planète est-elle peuplée de façon si hétérogène ? Au fil de leur histoire, les humains se sont principalement déplacés en fonction de la disponibilité des ressources. La révolution industrielle et la mondialisation ont changé la donne, sans freiner la mobilité humaine.

Pourquoi la Chine et l’Inde sont-elles si peuplées ? Pourquoi l’Europe l’est-elle aussi, alors que les Amériques apparaissent, globalement, vastes et relativement vides, tout comme la Russie ? Pourquoi, en Afrique, des zones à haute densité de population côtoient-elles des zones à basse densité ? Comment s’est réalisé le peuplement de la planète ? Les hommes se sont-ils simplement installés là où étaient les ressources ? Si tout cela était simple et clair, on pourrait en tirer des enseignements et anticiper la situation future du peuplement planétaire, alors que la population va s’accroître considérablement jusqu’à la fin du siècle. Dans cette perspective, quel est l’avenir des migrations mondiales alors qu’en Europe le refus de l’accueil des migrants devient une obsession politique pour toute une partie de l’opinion et alimente les réactions de l’extrême droite ?

Une répartition spatiale très hétérogène

L’observation des densités de population, à l’échelle du monde, fait apparaître une grande hétérogénéité, des déserts humains aux incroyables densités des mégapoles. L’Asie et l’Europe comptent pour plus de la moitié de la population humaine. À cela s’ajoutent des noyaux denses secondaires, comme la côte Est des États-Unis d’Amérique, les pays du golfe de Guinée ou les grandes zones urbaines d’Amérique latine (la côte sud-est du Brésil et la région capitale de l’Argentine).

Il y a aussi les zones désertiques, qui forment une bande planétaire presque continue, qui part du Nordeste du Brésil et va jusqu’en Chine du Nord en passant par le Sahara et l’Asie centrale. Les régions polaires sont presque inhabitées, ainsi que – à l’autre extrême climatique – les grands massifs forestiers d’Amazonie, du bassin du Congo et d’Asie du Sud-Est. Autres lieux inhospitaliers o

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2 réactions pour « À la poursuite des ressources ou l’épopée humaine »

Jean Merckaert
14 March 2018

Merci de nous faire partager vos lectures et réflexions. Les habitués de la Revue Projet se souviendront que le livre de Matthieu Calame fut recensé en son temps http://www.revue-projet.com/comptes-rendus/une-agriculture-pour-le-xxie-siecle-manifeste-pour-une-agronomie-biologique//a>
et que le même est un membre important du comité scientifique de la revue. On lui doit notamment :
http://www.revue-projet.com/articles/l-agriculture-bouleversera-l-industrie-ou-ne-sera-pas//a>

Cyril de Koning
19 February 2018

Parcours passionnant. Toutefois ne vaut il pas la peine de s'attarder sur deux ou trois moments spécifiques de notre histoire, qui permettent de donner plus d'ancrage et de soutiens historiques aux mouvements que Michel Griffon appelle de ces voeux.
Des recherches archéologiques sur les périodes chasseurs cueilleurs ont identifié une sédentarisation à l'époque pré néolithiques. Ceci signifierait, contrairement aux enseignements classiques, que les communautés ont su s'établir sur un lieu en tant que chasseur cueilleurs sans l'épuiser, ce qui eut entrainer des déplacements. Cela témoigne d'un vent d'optimisme qui indique que l'homme a pu/su vivre en harmonie avec son environnement.
Le modèle babylonien d'agriculture s'est alors répandu, effaçant peu à peu les autres modes de vie dits plus primitifs.
Reprenant Mathieu Calame dans son livre sur l'agro ecologie, on peut supposer que ce modèle d'agriculture initié sur des paysages ouverts, à chercher à se reproduire sur ce modèle qui fonctionna alors. Le défrichement est devenu la régie à suivre. Loi qui semble s'imprimer jusqu'à nos jours, mais qui ne permet absolument pas de promouvoir un modèle soutenable et durable d'agriculture.
De l'autre côté de l'océan en Amazonie les recherches initiées par Anna Roosevelt ont montré, là encore, que le peuplement amérindien était abondant à l'époque précolonilale. Pourtant les conquistador arrivant sur l'Amazonie ont eu la sensation de découvrir un Eden. C'est bien là encore une piste qui donne espoir. Cela laisse penser que ces habitants aient su vivre sans infliger de pertes ou de dommages à la nature nécessitant de déplacement. L'équilibre a su y être préservé et même l'intervention humaine, défendent certains chercheurs, a permis d'améliorer la qualité agronomique des sols.
Dernier attachement historique : la révolution agricole et industrielle. Reprenant à nouveau Mathieu Calame, le XVII, XVIII et XIXème siècle, est "un âge d'or" parti de l'Angleterre, marqué par "le développement de l'agronomie (...) largement endogène. Le corpus de savoir s'adosse au développement des savoirs paysans accumulés. L'agronomie met en forme savante, théorise et diffuse des pratiques, parfois connues depuis la plus haute antiquité." Ce n'est pas tant l'industrie et la chimie qui ont provoqué la révolution agricole, celle ci fut d'abord un phénomène agronomique d'amélioration des sols. Reprenant à nouveau Mathieu Calame, "à la première moitié du XIXième siècle, la science chimique en est à ses balbutiements et il n'y a pas encore de projet d'intégration structurelle entre chimie et agronomie (...). Pourtant, et l'agronomie l'ignore encore, elle s'arrête à amorcer son irrémédiable déclin." Ce déclin fut appuyé par les deux guerres mondiales et l'essor de la production de nitrate. C'est un agronome de l'époque qui note : "les usines construites pendant la guerre mondiale pour la fixation de l'azote atmosphérique pour la fabrication d'explosifs devaient se reconvertir."(Albert Howard).
Il est temps de se défaire de ce paradigme mortifère. Un tel déclin n'est pas irrémédiable, l'époque contemporaine ne nous offre, et le texte de Michel Griffon le confirme, pas d'autre choix.

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