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Dossier : Fécondité : un enjeu pour la planète ?

Entre alliance et filiation : pourquoi donne-t-on naissance?

©Quinn Dombrowski/ Flickr
©Quinn Dombrowski/ Flickr
Avant d’être un enjeu démographique, la naissance s’inscrit d’abord dans des histoires familiales singulières. Mais la signification qui lui est donnée et la responsabilité qui l’entoure ne cessent d’évoluer à travers les âges. Faut-il engendrer l’enfant parfait pour être heureux ?

Tout être humain vient au monde en naissant. La naissance est, comme la mort, un fait anthropologique de base. Mais c’est aussi un acte social qui s’inscrit dans un contexte historique et institutionnel déterminé. Pour saisir cette dimension sociale du « donner naissance », ce texte invite à penser la procréation comme une question de parenté, en référence aux deux principaux éléments qui la constituent : l’alliance et la filiation.

On relève sous cet angle une opposition entre les sociétés de la tradition et celles de la modernité occidentale. Dans les premières (le monde paysan européen ou les sociétés étudiées par l’ethnographie), l’infertilité est un drame pour le groupe de parenté, comme pour la société. Les systèmes de parenté ne sont pas avares de bricolages juridiques et sociaux pour trouver des parades à la stérilité, à la mort des enfants ou à celle prématurée des adultes, ou pour rendre légitime une naissance qui ne l’est pas. Françoise Héritier1 en a donné de nombreuses illustrations, dont la plus répandue est la pratique du transfert d’enfant d’un couple à un autre. On peut aussi citer la formule qui, dans certaines sociétés d’Afrique subsaharienne, permet à une jeune femme d’enfanter avec un amant de son choix mais pour le compte de son mari ; ou encore l’institution du lévirat (rappelée dans la Bible), le frère cadet d’un défunt sans descendance épousant la veuve et procréant, au nom de son frère mort. Ces dispositifs montrent combien le désir d’enfant dans les sociétés traditionnelles est éminemment collectif. Il s’agit moins de satisfaire une demande individuelle que d’accomplir un devoir de descendance : transmettre la vie en perpétuant la lignée, honorer les défunts et acquérir à son tour, après la mort, un statut d’

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