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Dossier : Justice : la prison vaut-elle la peine ?

« La seule institution ouverte 24 heures/24 qui ne refuse personne, c’est la prison »

©Stephen Carlile
©Stephen Carlile
Table ronde – Quel regard sur le système carcéral actuel portent deux hommes politiques ayant contribué à le façonner ? Si selon eux, les alternatives à la prison requièrent beaucoup de moyens pour être efficaces, la réalité quotidienne de ceux qui rendent la justice impose ses propres limites.

La prison concentre sur elle les critiques, mais reste la peine de référence. Et la population carcérale ne cesse d’augmenter. Notre société incarcère-t-elle trop ?

Dominique Perben - L’incarcération n’est pas le résultat d’une décision unique, mais d’une somme de décisions judiciaires prononcées et mises en œuvre par une multitude d’acteurs. Le seul qui n’incarcère pas, c’est le ministre ! Je ne sais pas si on incarcère trop, mais on incarcère mal. Quand je vais dans des établissements pénitentiaires à l’étranger, j’ai un peu honte pour notre pays. En Allemagne, les conditions d’accueil sont beaucoup plus modernes, avec des établissements plus apaisés, un véritable enseignement individuel, les conditions d’exercice d’un métier, des formations…

La solution passe par des constructions. J’avais lancé un programme de 12 000 places. Je regrette de ne pas avoir pu poursuivre cet effort, en le diversifiant. Car notre système est trop uniforme : tout le monde est placé dans le même type d’établissement hyper-sécurisé avec des grands murs et des miradors. Diversifier la prison elle-même, sans parler des autres sanctions, serait une façon de progresser. Il s’agit aussi de mettre à niveau les moyens, les conditions d’accueil et tout ce qui doit accompagner la peine : les mesures éducatives, la préparation à la sortie, la remise au travail, etc., tout ce qui fait la formation des hommes. Pour autant, la prison parfaite n’existe pas : l’enfermement reste quelque chose de très dur. Je ne dis pas qu’il faut supprimer la prison, mais, malheureusement, elle ne sera jamais porteuse d’amélioration de la personne humaine.

Dominique Raimbourg - Je partage assez cette approche. On incarcère un peu trop – on est passé de 75 à 100 détenus pour 100 000 habitants depuis 2000

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1 réactions pour « « La seule institution ouverte 24 heures/24 qui ne refuse personne, c’est la prison » »

ageron serge
31 August 2018

bonjour
j'avais fait envoyé à Mr Perben le Dispositif que nous avions mis en place depuis 2014 avec notre association ECTI.
Dispositif permettant d'accompagner des personnes détenues au sein des Centres de Détention (dispositif Dedans) et de les suivre dans le cadre de leur aménagement de peine ou sortie sèche (dispositif Dehors) nous avons suivis une centaine de personnes en étroite collaboration avec les SPIP. Mais la Direction régionale PACA n'a pas renouvelé notre mission !!!!! laissant de nombreux candidats à une ré-insertion sur le "carreau" et sans informations des dossiers que nous avions en cours..
beaucoup de frustation pour notre petite contribution à lutter contre la récidive..
cordialement
serge ageron

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