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Dossier : Justice : la prison vaut-elle la peine ?

Justice : rendre visible la probation


En mars 2018, le président de la République a annoncé une réforme pénale pour limiter le recours aux courtes peines de prison. Pourtant, les précédentes tentatives n’ont permis ni de limiter l’inflation carcérale ni de rendre visible la probation. Pourquoi ? Comment se sont développées les peines en milieu ouvert, notamment la contrainte pénale, ces dernières années ?

« Nous devons, en profondeur, convertir notre regard sur la peine et notre pratique pénale (…) La loi répète de façon incantatoire que les peines doivent être individualisées et les alternatives favorisées. Mais la vérité est (…) que l’emprisonnement (…) ne cesse d’augmenter parce qu’au fond, cela reste la solution qui contente symboliquement le plus de monde, ce qui évite de s’interroger sur le sens que cela recouvre, un sens qui, trop souvent, est simplement absent. » Le 6 mars 2018, dans un discours à l’École nationale d’administration pénitentiaire, le président de la République annonçait une (nouvelle) réforme pénale. Ceci après une visite au centre pénitentiaire de Fresnes, où il avait pu constater la surpopulation qui marque les maisons d’arrêt françaises depuis plus de trente ans. On ne peut que se féliciter d’un discours qui confirme la nécessité de rompre avec le « tout carcéral », en particulier en mettant fin aux courtes peines d’emprisonnement (moins de six mois). Mais les spécialistes savent que cette volonté n’est pas nouvelle.

Depuis la fin des années 1990, le nombre de personnes condamnées par la justice et suivies en « milieu ouvert »1 (en dehors de la prison) n’a cessé de progresser, qu’elles aient été condamnées à une peine alternative (comme le travail d’intérêt général ou le sursis avec mise à l’épreuve) ou que leur peine d’emprisonnement ait été aménagée (placement sous surveillance électronique, libération conditionnelle…). Depuis cette période, 70 % des personnes suivies par l’administration pénitentiaire le sont en milieu ouvert2, ce qui représente aujourd’hui près de 175 000 personnes, contre

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