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Dossier : Justice : la prison vaut-elle la peine ?

« Tig » : axer le sens de la peine sur la réparation


Le recours aux travaux d’intérêt général existe depuis plus de trente ans, mais ne semble guère progresser. Est-ce le fait des magistrats ? Des acteurs censés les accueillir ? Bilan et perspectives.

La surpopulation carcérale est un problème récurrent pour nos politiques publiques. Elle affecte les maisons d’arrêt, où sont détenus les condamnés à moins de deux ans de prison, les prévenus en attente de jugement et les condamnés à plus de deux ans qui attendent qu’une place se libère dans un établissement pour peine. En 2017, le record de 69 375 personnes détenues (pour 58 311 places) a été atteint. Dès lors, on ne peut se contenter de proposer la construction de nouvelles places de prison, qui sortiront de terre seulement cinq ans après. Il s’agit aussi de trouver des alternatives à la prison. Pour réduire la surpopulation carcérale et faciliter l’insertion professionnelle des personnes détenues, Robert Badinter s’est inspiré du programme de service communautaire, expérimenté par l’État de Californie depuis 1966, pour mettre en place le travail d’intérêt général (Tig)1, voté à l’unanimité par le Parlement en 1983. En 2015, près de 37 000 Tig ont été pris en charge par l’administration pénitentiaire en France2, mais ils ne représentent que 7 % des peines prononcées. En cause, selon le président de la République, un manque de mobilisation coordonnée de tous les acteurs pour développer le Tig3. Qu’en est-il vraiment ?

Le fonctionnement du travail d’intérêt général

Prononcé avec l’accord de la personne condamnée, la peine de travail d’intérêt général est un travail non rémunéré et d’une courte durée (entre vingt et deux cent quatre-vingts heures selon la gravité de l’infraction commise). Il doit être effectué au profit d’une structure d’intér�

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