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Dossier : Justice : la prison vaut-elle la peine ?

Pourquoi punir ?

Punir nous est longtemps apparu comme la seule manière de traiter la personne qui avait enfreint la loi. Quelles justifications ont donc servi à légitimer la peine au fil des siècles ? Pourrions-nous faire autrement que de châtier et de mettre à l’écart le contrevenant, temporairement ou définitivement ?

Punir celui qui enfreint les lois semble tout naturel. Et la punition a traversé les siècles et les continents sans faiblir. Les justifications, quant à elles, ont suivi les tendances philosophiques du moment. D’une époque à l’autre, d’une société à une autre, on évoque la défense de la société, le risque de la récidive, le salut de l’âme… La peine serait, au pire, un mal nécessaire, au mieux, une opportunité de se réintégrer.

Aujourd’hui, la peine se pense à la lumière de ces nombreux héritages. Entre tendances humanistes, souci de protection de la société et de responsabilisation individuelle, il semble difficile de trancher. Délaissant la punition au profit de la guérison, la justice réparatrice offre de nouvelles voies pour gérer les déviances. Réparer les liens brisés et assurer à chacun la reconnaissance de sa douleur deviennent des prérequis ; un processus qui éclaire d’un jour nouveau notre humanité. Individuelle et collective, elle n’est ni toute blanche ni toute noire. Ce rappel met en lumière les failles de l’individu et de la collectivité : et si la peine du XXIe siècle était justement celle de l’introspection et du pardon ?

Punir, une tradition millénaire

La peine est accolée à la règle. À tel point qu’on est parfois proche de l’arithmétique. Aux États-Unis, on peut ainsi rencontrer des détenus ayant écopé de… deux cents ans de prison. Ce système d’équivalence n’est pas nouveau. Dans la riche Mésopotamie, au XVIIIe siècle avant notre ère, le roi Hammourabi, cherchant à réparer les torts et à éviter que « le fort n’opprime le faible », fit transcrire une série de règles concernant autant la vie de famille que le fonctionnement économique de la société et le règlement des conflits. La correspondance entre faute et punition est alors presque to

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