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Dossier : Justice : la prison vaut-elle la peine ?

Quand nos voisins vident leurs prisons

©PatrickRohe/FlickR
©PatrickRohe/FlickR
Limiter le nombre de détenus devrait permettre de leur assurer une meilleure prise en charge. L’Allemagne et les Pays-Bas, où le pourcentage de détenus est faible, peuvent-ils nous servir de modèles ?

La France emprisonne beaucoup. Et de plus en plus, malgré bien des tentatives politiques pour inverser la tendance. L’inflation carcérale a été particulièrement forte en 2016 et 2017, dans un contexte sécuritaire dont il serait intéressant de déterminer l’impact. Si le problème est indéniable, certaines solutions mises en œuvre chez nos voisins pourraient nous inspirer. Entre 2005 et 2017, le taux de détention français est passé de 90,2 personnes détenues pour 100 000 habitants, à 102,4 pour 100 000 habitants1. Soit une augmentation du nombre de personnes détenues beaucoup plus rapide que celle de la population générale. Le nombre de personnes détenues en France dépasse de nouveau les 70 000 pour un peu moins de 60 000 places disponibles au 1er mai 2018. Le numerus clausus des établissements pour peine implique une sur-occupation des maisons d’arrêt (plus de 140 % en moyenne), avec un maximum de 220 % pour l’établissement de La Roche-sur-Yon2.

Plus de places ou moins de détenus ?

Les politiques proposent régulièrement d’augmenter le nombre de places de détention. Moins impopulaire que l’idée de « vider les prisons », cette solution est en revanche extrêmement coûteuse, pour une efficacité discutable.

Les plans de construction de places nouvelles se sont enchaînés depuis la fin des années 1980. On peut citer le projet annoncé de 25 000 places en 1987, revu à la baisse pour un objectif de 15 000 puis de 13 000 places. Puis le programme de 4 000 places en 1995, celui de 13 200 places en 2002, de nouveaux programmes en 2004, 2011, 2014... Des plans successifs incluant fréquemment les places prévues par le pl

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