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Pourquoi partager le pouvoir ?

(c) LaTransfo/Flickr
(c) LaTransfo/Flickr
On voit souvent le pouvoir comme un jeu à somme nulle. Ce qui serait cédé ou conquis le serait forcément au détriment d’un autre. D’où bien des réticences à le partager. Mais est-il réellement entamé par la participation ? Le pouvoir collectif ne s’en trouve-t-il pas, au contraire, accru ?

« Quod omnes tangit ab omnibus tractari et approbari debet », « ce qui touche tout le monde doit être débattu et approuvé par tous »… Il y a dans ce vieil adage du droit civil romain, promu par l’Église catholique au Moyen-Âge, tout à la fois une évidence et une énigme. Évidence d’une idée de la justice, en vertu de laquelle nous considérons que des décisions qui concernent un groupe humain et qui auront des conséquences sur ses membres, à quelque échelle qu’on se situe – la planète, la communauté des citoyens d’un même pays, la cité, l’entreprise, une association, une famille, etc. –, doivent être discutées et prises en commun. À cette condition seulement de telles décisions auront une chance, non seulement d’obtenir le consentement du plus grand nombre, mais d’atteindre ce vers quoi elles doivent tendre : le bien commun. Pourtant, l’énigme tient au fait que cette évidence même vient buter sur une résistance en nous. Au point que, le plus souvent, nous ne la considérons pas comme possible. Sans aller jusqu’au cynisme, quelque chose fait que nous n’y croyons pas et que nous n’évaluons que rarement nos pratiques à cette aune-là. Dès lors, et pour peu que nous possédions quelque pouvoir sur le monde ou sur les autres, tout se passe comme si la dynamique même du pouvoir l’entraînait dans une logique d’expansion infinie, s’opposant à tout type de partage ou de limitation : « Je mets au premier rang, à titre d’inclination générale de toute l’humanité, un désir perpétuel et sans trêve d’acquérir pouvoir après pouvoir, désir qui ne cesse qu’à la mort1 ».

Hobbes, en refusant ainsi d’aborder les comportements humains par le versant moral – ce que les hommes « devraient » être ou « devraient » faire –, met l’accent sur la

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