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S’appuyer sur les forces et non combler les manques


La participation ne s’obtient pas par injonction. Face à des procédures administratives qui ne laissent pas la place à la parole, les personnes en précarité de logement oscillent entre insécurité et dépendance. Comme si elles n’étaient pas capables de construire elles-mêmes leur place dans la société !

« Droit à la ville », « participation des bénéficiaires », « loi de 2008 » : associations et politiques n’ont que ces mots à la bouche. Il faudrait que les personnes deviennent « actrices », « développent un pouvoir d’agir ». Nous, professionnels et bénévoles, lançons des groupes de travail, réfléchissons, avec ou sans eux, pour eux… Mais quelle difficulté à mobiliser ! Est-ce trop intellectuel ? Faut-il plus de convivialité ? Quelle place est effectivement laissée à la pensée des personnes en précarité lorsqu’il leur est demandé de penser dans un cadre déterminé, de s’exprimer de manière conforme et à notre demande, sur des sujets et à des rythmes que nous avons définis ?

Mécanismes contraires

Les mêmes institutions, politiques et associatives, mettent en place en parallèle des mécanismes contraires. Le plus souvent, elles ne laissent pas le temps aux personnes et instaurent de l’insécurité dans les dispositifs chargés de les aider, empêchant ainsi qu’elles se pensent capables et dignes : « Non, Madame, vous n’avez pas le choix. Ce n’est pas vous qui décidez. »

Lors d’une table ronde, deux jeunes femmes ont témoigné de leur parcours de famille sans domicile fixe, dépendante des services sociaux et des associations. Un travail préparatoire leur a permis de se positionner en tant qu’« expertes terrain » du mal-logement. Au quotidien, elles doivent bien souvent tenter de répondre à différentes injonctions contradictoires : se projeter dans l’avenir en étant maintenues en insécurité, formuler des demandes, baisser la tête mais faire confiance, se raconter mais dans un cadre défini…

Comment repenser sa place dans la société, se sentir citoyen, agir sur une institution dont on dépend, alors m�

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