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Le pouvoir d’agir à la rescousse

©Ted Eytan, 2017.02.04 No Muslim Ban 2, Washington, DC USA CC BY-SA
©Ted Eytan, 2017.02.04 No Muslim Ban 2, Washington, DC USA CC BY-SA
Entretien – Après le temps de la « participation », voici venu celui du « pouvoir d’agir ». Comment remettre les personnes en mouvement et leur faire prendre conscience qu’elles peuvent impulser le changement ?

À quel moment de votre parcours professionnel la notion de pouvoir d’agir s’est-elle imposée à vous ?

Yann Le Bossé - En 1989, j’étais en doctorat de psychologie et j’ai été interpellé par le fait que l’on ne tenait pas compte de l’influence de l’environnement dans la prise en charge des personnes. Tout se passait comme si on demandait aux gens de s’adapter à une société que l’on savait pathogène. C’est en cherchant à concilier changements personnels et changements structurels que j’ai découvert la psychologie communautaire et l’empowerment.

Quand parle-t-on d’empowerment, de community organizing ou de développement du pouvoir d’agir ou « DPA » ?

Yann Le Bossé - Il y a des différences majeures entre ces approches. On parle d’empowerment lorsque l’on crée les conditions d’acquisition d’un pouvoir en général. Une augmentation du montant des allocations familiales peut être considérée comme de l’empowerment, car elle permet d’augmenter le pouvoir d’achat des familles concernées. Si une entreprise délègue des responsabilités aux cadres intermédiaires, c’est aussi de l’empowerment. Mais on ne tient pas compte de la spécificité de chaque personne. Avec le développement du pouvoir d’agir (DPA), il s’agit d’acquérir du pouvoir sur ce qui est important pour soi, ses proches ou la collectivité à laquelle on s’identifie. Le community organizing est une sorte de développement du pouvoir d’agir collectif. C’est très efficace pour un groupe, mais cela ne prend pas en compte les problèmes individuels. Dans ce cas de figure, ce qui nous est commun ne concerne qu’une partie de ce qui me préoccupe, moi. Face à une volonté de changement structurel, il faut souvent lutter collectivement. Avec un groupe de personne

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