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Dossier : Réfugiés : sortir de l'impasse

Réfugiés : une convention vaut mieux que deux tu l’auras

© Monusco / Abel Kavanagh
© Monusco / Abel Kavanagh
On aurait d’un côté les réfugiés, fuyant la guerre, de l’autre des migrants venus chercher fortune ? La distinction, née après-guerre, ne résiste pas à l’analyse, d’autant qu’aux motifs politiques et économiques se conjuguent désormais les facteurs environnementaux. Mais il est urgent de n’y rien changer : sur elle, repose le droit international.

Le besoin de simplification conduit à vouloir faire entrer les choses dans des catégories bien définies. Les distinctions sont nécessaires pour penser les migrations et pour organiser les politiques, mais elles sont souvent mal comprises : on tente de superposer des catégories juridiques avec des catégories empiriques ; on continue à employer toute une série de catégories profondément inadaptées aux migrations actuelles.

Aussi vais-je ajouter un peu de confusion à ces flous catégoriels, en montrant en quoi les déplacements liés aux dégradations de l’environnement interrogent les catégories autour desquelles se sont organisées notre pensée sur les migrations mais aussi nos politiques d’asile et d’immigration.

Réfugiés : naissance d’une catégorie

La dichotomie est devenue classique. D’un côté, il y aurait ceux qui sont contraints de se déplacer en raison de violences ou de persécutions. On a imaginé pour eux un régime international de protection, formalisé dans la convention de Genève de 1951. De l’autre, ceux qui décident de se déplacer de leur propre chef, dans le but d’améliorer leur vie – et d’abord leur salaire – et de fournir ainsi des revenus complémentaires à leur famille : ils sont considérés comme des migrants volontaires de type économique. Privés d’un droit à un régime international de protection, ils sont laissés à la bonne volonté des États et des gouvernements qui peuvent choisir de les accepter sur leur territoire ou, au contraire, les renvoyer à l’expéditeur comme des marchandises. Même la recherche a, en un sens, accepté cette dichotomie...

C’est autour d’elle que la convention de Genève s’est construite, devenant la pierre angulaire du droit international des réfugiés et le principal instrument de leur protection. Pourtant ses rédacteurs, au sortir de la seconde guerre m

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2 réactions pour « Réfugiés : une convention vaut mieux que deux tu l’auras »

Jean Merckaert
25 September 2017

Bonjour et merci pour cette question ! Nous l'avons transmise à l'auteur, voilà sa réponse : "Je bois beaucoup".

olivier priour
01 September 2017

Comment une personne ((chercheur, observateur et citoyen), trois personnes en une, peut être en même temps favorable et tout à fait hostile (à la révision de la Convention de Genève), est-ce une situation tout à fait tenable psychologiquement ? Merci de votre réponse.

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