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Dossier : Réfugiés : sortir de l'impasse

Un Conseil des migrants s’invente à Calais

17 janvier 2016 ©Malachybrowne
17 janvier 2016 ©Malachybrowne
Entretien - L’initiative a pris naissance au cœur du bidonville, dans la jungle de Calais, en 2015. Pendant plus d’un an, un Conseil a réuni des migrants. L’objectif : représenter « les exilés » de manière la plus directe possible, sans la médiation d’une association. Retour sur l’expérience.

Comment est né le Conseil des migrants ?

Vincent De Coninck - Une des premières choses que les migrants nous ont dite, à nous associations, c’est : « Pourquoi le préfet parle aux associations et pas à nous ? » Avec d’autres militants associatifs, nous nous sommes inspirés du conseil des migrants subsahariens, mis en place au Maroc. Avec une équipe du Secours catholique, nous avons pu échanger avec eux. Cela nous a conforté dans l’idée de mettre en place une instance représentative à Calais et nous a permis de nous appuyer sur leur expérience.

Parler en leur nom propre, faire porter leur voix directement.

L’enjeu du Conseil des relais communautaires, pour les migrants, était de parler en leur nom propre, de faire porter leur voix directement. Les relais communautaires étaient délégués par leur communauté – ils étaient afghans, érythréens, soudanais, kurdes... Ils se rassemblaient une fois par semaine, sous une toile de bâche – dans les conditions rudimentaires du camp, pour discuter et prendre des décisions ensemble. Bien sûr, les relais communautaires n’étaient pas élus, ce qui pose une question de légitimité à représenter leur communauté.... Mais tous se portaient volontaires et prenaient sur leur temps pour venir à la réunion. C’était souvent des gens qui parlaient mieux anglais, mais pas uniquement : des traducteurs traduisaient de l’arabe à l’anglais, du pachtoune à l’anglais, du kurde à l’anglais...

Quel type de revendications émergeait de ce Conseil ?

Vincent De Coninck - Certaines portaient sur des choses très concrètes. Les prises de parole reflétaient la violence du risque encouru par les migrants sur la route de l’Angleterre : « Comment va-t-on rapatrier les corps de ceux qui sont morts à Calais ? » �

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