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Dossier : Réfugiés : sortir de l'impasse

Allemagne : les villes–laboratoires, un autre accueil possible ?

Protest 27.06.14, Reichenberger Straße // Freedom Not Frontex ©Ohlauer Räumung /Flickr
Protest 27.06.14, Reichenberger Straße // Freedom Not Frontex ©Ohlauer Räumung /Flickr
L’accueil massif des exilés en Allemagne en 2015 a permis aux villes de rappeler qu’elles sont souvent pionnières en matière de politiques d’hospitalité. Du moins, certaines. Car les marges de manœuvre existent, et in fine, les modalités de l’asile résultent largement d’une négociation locale.

« On parle trop de quotas, de chiffres et de frontières, et pas assez des personnes. Ce sont des personnes qui fuient la guerre, la persécution et la pauvreté. La manière dont on s’occupe d’elles lorsqu’elles arrivent dans nos villes va déterminer le succès sur le long terme de l’intégration et de la cohésion sociale en Europe.1 » Dans une lettre ouverte du 20 juin 2016, à l’occasion de la Journée des réfugiés, les maires de onze grandes villes européennes – Leipzig, Nantes, Barcelone etc. – critiquent le manque d’humanité dans la réponse de l’Union européenne à l’arrivée des exilés2 et appellent une inflexion des politiques mises en œuvre respectant les valeurs du projet européen : l’humanité, la dignité et la solidarité. Ils manifestent leur volonté d’un autre accueil, en portant une attention particulière, dans leurs municipalités, aux besoins individuels des exilés indépendamment de leur statut légal. Quels sont la place et le pouvoir des villes en la matière ? Sont-elles des laboratoires pour un accueil différent3 ? Nous nous intéresserons ici au cas allemand où cette question s’est posée avec une urgence toute particulière face à l’arrivée importante de demandeurs d’asile et de réfugiés.

En 2015, l’Allemagne et, notamment, la chancelière Angela Merkel ont semblé incarner une autre Europe, plus solidaire et humaine. Le gouvernement décidait de ne pas fermer ses frontières aux nombreux exilés qui affluaient et d’aller à l’encontre du règlement européen Dublin pour des personnes originaires de la Syrie. Cette « Wilkommenskultur » (culture d’accueil) fut néanmoins vite remise

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