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Arrêtons l’humiliation !

Olivier Abel
Question de sens

Trop de femmes, d’hommes, d’enfants, se sentent régulièrement humiliés. Souvent ignoré, ce sentiment peut entraîner des dégâts considérables : se propager à toutes les sphères de la vie et amener l’humilié à devenir à son tour humiliant. Nos institutions permettent-elles à chacun de trouver sa place ? Une interrogation pressant...

Les nuits sont enceintes…

Elena Lasida
Question de sens

Au cœur des ténèbres actuelles, l’encyclique du pape François, « Laudato si’ » est porteuse d’une espérance, résolument politique : celle d’un monde nouveau à faire naître ensemble. Au coeur des tenebres actuelles l'encyclique du pape Francois Laudato si' est porteuse d'une esperance resolument politique celle d'un monde nouveau a...

Face au Front national, le rôle de la société civile

Jean-Marie Fardeau
Acteur de terrain

La Revue Projet vous offre cet article en accès libre jusqu'au 7 mai. À partager ! – Si les responsables politiques jouent un rôle central dans la compréhension de la réalité, il revient aux associations de peser davantage dans le débat public et de permettre aux plus précaires de faire entendre leur voix. La Revue Projet vous offre cet a...

Une laïcité avec les religions

Dominique Fontaine
Acteur de terrain

Dans une commune de l’est francilien, chrétiens, musulmans, juifs et bouddhistes se rencontrent régulièrement, dans les moments de fête comme ceux de recueillement. Une manière fraternelle de dépasser ses préjugés. Dans une commune de l'est francilien chrétiens musulmans juifs et bouddhistes se rencontrent régulièrement dans les moment...

Le pari de l’innovation

François Ernenwein
L'équipe de rédaction

La concertation autour du développement local permet de faire naître des projets utiles pour redonner un peu d’espoir à ceux qui se sentent abandonnés. Et de contenir ainsi le repli sur le vote pour l’extrême droite. La concertation autour du développement local permet de faire naître des projets utiles pour redonner un peu d'espoir à c...

Quand bénévoles et SDF évoquent le vote frontiste

Ayann Koudou
Droit de cité

Dans le cadre de notre numéro « Extrême droite : écouter, comprendre, agir », la journaliste Ayann Koudou est partie en reportage dans un centre d’accueil de jour du Secours catholique, à Avignon. Une façon de tendre l’oreille, sans tabou, pour comprendre comment les idées de l’extrême droite sont entendues et comprises par des SDF e...

« Il faut repenser la protection sociale »

Nicolas Duvoux
Chercheur

Le ressentiment envers les « assistés », dont certains partis politiques font leur miel, s’enracine dans un système de solidarité à deux étages. Au lieu de gérer la pauvreté, on ferait mieux, pour le sociologue Nicolas Duvoux, de la combattre et de refonder une protection sociale qui bénéficie à tous. Le ressentiment envers les assist...

Pourquoi Marine Le Pen attire les jeunes

Anne Muxel
Chercheur

Un tiers des jeunes qui voteront pour la première fois en 2017 pourraient accorder leur suffrage à Marine Le Pen. Comment expliquer cet attrait ? Éléments d’analyse avec la sociologue Anne Muxel. Un tiers des jeunes qui voteront pour la première fois en 2017 pourraient accorder leur suffrage à Marine Le Pen Comment expliquer cet attrait Él...

La conversion sociale du FN, mythe ou réalité ?

Valérie Igounet
Chercheur

En invoquant la justice sociale, Marine Le Pen sème le trouble. Le Front national serait-il passé à gauche ? L’analyse historique montre que c’est pour conquérir un électorat ouvrier et populaire que le FN a infléchi son discours. Sans renier ses fondements idéologiques. En invoquant la justice sociale Marine Le Pen sème le trouble Le F...

Note au Premier ministre

Henri Lefort
Responsable politique

Mai 2017. Marine Le Pen est élue présidente de la République. Quelles conséquences pour les institutions ? Quelle résistance opposeront fonctionnaires, médias et société civile ? Dans une note fictive au chef du gouvernement, un haut fonctionnaire envisage froidement le scénario. Ou du moins, un scénario. Mai 2017 Marine Le Pen est élue ...

Aux chrétiens tentés par le Front national

Grégoire Catta, Bruno-Marie Duffé, Dominique Fontaine, Antoine Nouis, Dominique Quinio, Bruno Saintôt et Jérôme Vignon
Question de sens

L’extrême droite peut séduire des chrétiens, sur le fondement d’une interprétation de principes hérités du christianisme (sur la famille, le respect de la vie naissante, la valorisation du patriotisme…). Or l’extrême droite charrie des valeurs opposées à l’Évangile et à la pensée sociale chrétienne. Des intellectuels chrétie...

Des pompiers séduits par la flamme frontiste

Charlotte Torretti
Droit de cité

Dans la fonction publique aussi, le FN progresse. Enquête chez les pompiers d’Île-de-France, qui perçoivent dans la souffrance sociale dont ils sont témoins une véritable hypocrisie. Dans la fonction publique aussi le FN progresse Enquête chez les pompiers d'Île de France qui perçoivent dans la souffrance sociale dont ils sont témoins un...

Extrême droite : l’histoire ne se répète pas

Olivier Dard
Chercheur

Il est tentant de lire la montée du Front national à l’aune des années 1930. Un parallèle qui atteint vite ses limites. Au plan européen, si un même terreau fait le lit des « populismes », leur traduction politique varie fortement d’un pays à l’autre. L’avènement d’une « internationale noire » n’est pas pour demain. Il est t...

Dans le monde catholique, la relative banalisation du vote FN

Yann Raison du Cleuziou
Chercheur

La hiérarchie catholique, clairement opposée au Front national, fut longtemps suivie par les pratiquants. Depuis les élections régionales de 2015, ce n’est plus le cas. Éléments d’explication. La hiérarchie catholique clairement opposée au Front national fut longtemps suivie par les pratiquants Depuis les élections régionales de 2015 ...

Face à l’extrême droite

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

Les idées d'extrême droite ne cessent de progresser dans les discours et dans les urnes En France le Front national perce y compris parmi les jeunes les fonctionnaires les femmes les catholiques voire chez les enfants d'immigrés des catégories de population que l'on croyait jusqu'ici plus hermétiques Le phénomène interroge Pour beaucoup ce ...

Les constantes du vote Front national

Nonna Mayer
Chercheur

L’électorat du Front national progresse, mais évolue peu : très à droite au plan idéologique, il recrute davantage dans les milieux populaires et peu instruits. Phénomène nouveau, il perce aussi dans la fonction publique, chez les catholiques, dans les tranches d’âge intermédiaires, et tend à se féminiser. L'électorat du Front natio...

« Ras-le-bol. Alors Marine Le Pen ? Pourquoi pas ! »

Aurore Chaillou
L'équipe de rédaction

Dans la Manche, le vote en faveur du Front national a gagné de l’ampleur lors des élections de 2015. Entre plages et bocage, commerçants, ouvriers et paysans partagent un sentiment de relégation et un profond ras-le-bol de la politique. Dans la Manche le vote en faveur du Front national a gagné de l'ampleur lors des élections de 2015 Entre ...

Le FN est-il républicain ?

Sylvain Crépon
Chercheur

La Revue Projet vous offre cet entretien en accès libre jusqu'au 7 mai. À partager ! – Le FN, à l’origine très anticommuniste, est désormais centré sur la défense de l’identité. Comment le parti s’est-il structuré idéologiquement ? Comment est-il parvenu, progressivement, à structurer l’échiquier politique français ? La Revue...

Dossier : Extrême droite : écouter, comprendre, agir
Meeting du Front national, 1er mai 2012 © Blandine Le Cain
Meeting du Front national, 1er mai 2012 © Blandine Le Cain

Pourquoi Marine Le Pen attire les jeunes


Un tiers des jeunes qui voteront pour la première fois en 2017 pourraient accorder leur suffrage à Marine Le Pen. Comment expliquer cet attrait ? Éléments d’analyse avec la sociologue Anne Muxel.

L’attraction d’une partie de la jeunesse pour le Front national n’est pas nouvelle. En 2002, 18 % des 18-24 ans avaient déjà donné leur voix à Jean-Marie Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle, à l’instar de l’ensemble des votants1. Depuis une quinzaine d’années, ce parti connaît une forte dynamique électorale, qui ne laisse pas en reste les jeunes générations. Et contrairement à bien des idées reçues, ce ne sont pas les électeurs les plus âgés qui donnent leurs suffrages au Front national. Ceux-ci demeurent les plus en retrait de ce type de vote et ce sont toutes les autres classes d’âge, en dessous de 65 ans, qui entretiennent et favorisent la dynamique frontiste. Le vote jeune, lui, a perdu de sa spécificité. Avec, certes, quelques inflexions selon les circonstances de l’offre politique et les contextes électoraux, il suit globalement les réalignements qui opèrent dans l’ensemble du corps électoral. Ce constat invite à nuancer l’attractivité du Front national au sein de la jeunesse. Toutefois, on ne peut éviter de considérer la spécificité de cet attrait, dans le cadre singulier et hautement symbolique du premier vote et des premiers choix politiques.

Interrogés sur leurs intentions de vote lors de l’élection présidentielle de 2017, les « primo-votants » créditent Marine Le Pen de 30 % de leurs voix : un peu plus encore que dans l’ensemble de l’électorat (27 %)2. Ce choix s’enracine dans la capacité qu’a Marine Le Pen de servir d’exutoire à de multiples malaises et demandes de reconnaissance exprimés par la jeunesse (scolarisée ou non). Des attentes plus spécifiques sont visibles de la part de la population masculine (35 % des primo-votants hommes s’apprêteraient à donner leur voix à la candidate frontiste, contre 26 % des femmes), mais aussi des signes évidents de fractures sociales et politiques (37 % des jeunes issus du milieu ouvrier, contre 17 % des jeunes issus des catégories cadres et professions intellectuelles supérieures). L’impact du chômage des jeunes est majeur : 60 % des primo-votants chômeurs ou à la recherche d’un premier emploi sont disposés à voter pour la candidate frontiste (36 % des chômeurs dans le reste de la population). Pour autant, l’attrait électoral de Marine Le Pen touche aussi des segments de la jeunesse moins directement exposés par la crise sociale et économique et les difficultés d’insertion socioprofessionnelle : 27 % des « étudiants » sont aussi tentés par ce débouché politique.

Nombre de raisons ont été évoquées et analysées pour expliquer cette dynamique : crise de la représentation politique et du système partisan, rejet des élites et protestation antisystème, désenchantement et déception politiques, repli protectionniste, souverainisme et peur de la mondialisation, rejet de l’immigration et retour du nationalisme, montée des populismes. Les jeunes comme leurs aînés trouvent dans la situation politique, économique et sociale actuelle, les ferments d’une grogne et d’un mécontentement que le Front national instrumentalise et dont il se fait le porte-voix. Mais certaines raisons invoquées ont une incidence encore plus marquée dans le cas des jeunes générations. J’en pointerai six.

La défiance politique concerne toute la population mais revêt une signification particulière et plus problématique pour des jeunes qui découvrent la politique et y font leurs premiers choix.

La première est la défiance politique. Elle concerne toute la population mais revêt une signification particulière et plus problématique pour des jeunes qui découvrent la politique et y font leurs premiers choix. Dans une période de vif désenchantement, Marine Le Pen se présente comme une figure nouvelle, en rupture par rapport à une classe politique usée et dont on n’attend plus rien. La dénonciation des élites, renforcée par la culture de la dérision au travers de laquelle nombre de jeunes décryptent les informations, fait particulièrement recette. La deuxième raison relève d’un désir de reconnaissance, personnelle mais aussi sociale, plus intense qu’à d’autres âges de la vie : dans un contexte peu favorable à de bonnes conditions d’insertion professionnelle et économique, la candidate du Front national redouble les attentes et mêmes les invectives envers la responsabilité de la société. Elle est habile pour établir une forme d’empathie qui permet de surseoir aux éléments de programme concrets et vient combler les manques et les frustrations de tous ordres. La troisième raison relève de l’incarnation et de la personnalisation de la politique. Marine Le Pen, de par sa personnalité, tranche avec le reste de la classe politique. C’est une femme, ce qui n’est pas négligeable dans la perception positive que peuvent en avoir les jeunes, associée à des qualités telles que le courage, la volonté, l’autorité. Elle est aussi relativement jeune (48 ans) ainsi que nombre des leaders qui l’entourent (Marion Maréchal-Le Pen a 27 ans, Florian Philippot en a 35). La quatrième raison concerne une demande de repères et de repérage. Face à une offre politique décrédibilisée, parfois peu lisible et brouillée, le Front national met en avant des enjeux qui rabattent nombre de problèmes complexes sur une vision manichéenne et simplifiée des conflits qui traversent la société. La cinquième renvoie au changement et à la visée révolutionnaire que Marine Le Pen n’hésite pas à mobiliser, suscitant une espérance radicale de transformation de la société qui est souvent l’apanage de la jeunesse. Enfin, la sixième convoque la perspective d’une alternance politique en appui de cette forte demande de changement et de renouvellement. L’alternative du Front national est d’autant plus séduisante qu’elle redouble la demande d’une alternance politique, non plus entre le camp de la gauche et le camp de la droite, mais celle qui verrait l’arrivée d’une force politique non encore entachée par l’expérience du pouvoir.



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1 Cevipof, enquête post-électorale, 2002. Voir Anne Muxel, « La participation politique des jeunes : soubresauts, fractures et ajustements », dans Revue française de science politique, n° 5-6, vol. 52, octobre-décembre 2002, pp. 521-544.

2 Anne Muxel, « L’entrée des primo-votants dans l’arène électorale de la présidentielle 2017 », note 19, vague 3 de « L’enquête électorale française : comprendre 2017 » (Sciences Po/Cevipof), <www.enef.fr/les-notes>, mai 2016.


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