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Dossier : La société civile en première ligne

Victoires populaires Une société civile à la manœuvre

© Tasha Art /cc/iStock
© Tasha Art /cc/iStock

En quelques années, Victoires populaires – ex-Primaires populaires – est devenu un acteur singulier de la société civile, mêlant stratégie électorale, activisme numérique et pression citoyenne. Son pari : peser sur le jeu politique sans y entrer. Rémy Poulain, jeune professeur et membre de son conseil d’administration, revient sur deux épisodes contrastés pour mesurer ce que peut ou non la société civile face aux partis.


En juin 2024, vous intervenez massivement entre les deux tours des législatives. Que s’est-il passé exactement ?

Le soir du premier tour, on avait tout préparé. Dès 22 heures, une cinquantaine de pétitions étaient prêtes à sortir pour faire pression sur les candidats arrivés en troisième position dans les triangulaires où le RN était qualifié. On a déclenché une mobilisation éclair : un million de vues sur nos vidéos, 260 000 appels, 32 000 interpellations de députés, et 100 000 signatures en deux jours. Notre objectif était clair : faire tenir le front républicain, éviter une majorité RN. Et ça a marché.

D’après nos analyses, 130 candidats du camp présidentiel ou de la droite ont été élus grâce à ce retrait stratégique. Sans ça, l’Assemblée basculait. C’est une de nos plus grandes victoires, car elle montre que la société civile peut faire basculer une élection… sans candidat, sans médias, juste avec de l’organisation et des gens qui se parlent pour faire gagner le Nouveau Front populaire (NFP).

Comment une association sans salariés permanents peut-elle agir aussi vite ?

C’est là qu’intervient le mélange entre militantisme et technique. Je suis prof de maths, mais aussi docteur en informatique de formation. Avec d’autres, on a codé un scrapper1. En quelques heures, on avait une base de données complète, un tableau des circonscriptions critiques et des modèles de pétitions prêts à être lancés.

C’est ça, notre savoir-faire. Mais la technique ne suffit pas. Ce qu’on vise, c’est ce qu’on appelle chez nous le « one to one » : convaincre des personnes qui vont parler à leurs proches. Les campagnes virales, c’est bien, mais rien ne vaut une discussion entre personnes de confiance. C’est là que le changement se joue.

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