Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !
Logo du site
Dossier : La fabrique de la décision

Décider ensemble Introduction

Crédit : Adroach/iStock
Crédit : Adroach/iStock

Et si les Français étaient davantage impliqués dans les prises de décision ? Pour ce cinquième volet de notre série politique, nous souhaitons explorer les difficultés, mais aussi les avancées d’un processus de décision inclusif, voire participatif. Cette question représente la clé de voûte de l’édifice démocratique. Ne rien décider, et finalement laisser faire les choses, n’est-ce pas rester dans l’illusion de sa toute-puissance ? Inversement, la tentation autoritaire ne peut que renforcer la contestation, l’obstruction ou, tout simplement, le désenchantement.

La décision a toujours renvoyé à des enjeux de pouvoirs et d’intérêts, mais la situation se complexifie fortement. Décider aujourd’hui en démocratie suppose de prendre en considération une multitude d’acteurs, en particulier de tenir compte des relations entre l’État, le marché et, plus que jamais, la société civile. La démocratie est confrontée à un éclatement des lieux de décision et à l’enchevêtrement des échelles territoriales. Des sujets comme la dette publique, les migrations ou la transition écologique ne peuvent plus être traités uniquement à l’aune de nos propres frontières.

Comment placer le bien commun au cœur de décisions collectives ? La participation citoyenne gagne du terrain, mais il reste beaucoup à faire en matière d’implication de chacun dans les prises de décisions qui les concernent. Ce dossier privilégie la présentation d’exemples dans des domaines, des lieux et des contextes différents.

Une alternative au « jupitérisme » n’était-elle pas possible ?

Dans une première partie, nous reviendrons sur l’exercice du pouvoir en temps de crise sanitaire. Une alternative au « jupitérisme » n’était-elle pas possible, demande Jean-Paul Gaudillière, spécialiste du gouvernement de la santé au niveau international ? Avec le philosophe Jean-Claude Monod, nous nous interrogeons sur ce qui fait autorité aujourd’hui.

La seconde partie nous emmène à Madrid, où des dispositifs participatifs se voulant vraiment décisionnels ont été pensés, ce qui est rarement le cas en France. Mais pour ne pas se limiter au triangle traditionnel – démocratie représentative, participative et directe –, nous avons convoqué la notion de gouvernance, de plus en plus présente à l’échelle des politiques urbaines et de l’Union européenne.

Plus largement encore, nous explorons dans la dernière partie trois exemples sur des registres bien différents : un regard croisé entre un jésuite et un dominicain sur la manière dont deux ordres religieux pluriséculaires envisagent la gouvernance ; mais aussi les temporalités de la décision dans le gouvernement des océans ; et enfin, la manière dont l’intelligence artificielle participe désormais à la décision politique. Démontons les rouages d’un processus pas si mécanique.


Sommaire du dossier

Les plus lus

L'homme et Dieu face à la violence dans la Bible

Resumé Faut-il expurger la Bible ou y lire l'histoire d'une Alliance qui ne passe pas à côté de la violence des hommes ? Les chrétiens sont souvent gênés par les pages violentes des deux Testaments de la Bible. Regardons la Bible telle qu’elle est : un livre à l’image de la vie, plein de contradictions et d’inconséquences, d’avancées et de reflux, plein de violence aussi, qui semble prendre un malin plaisir à multiplier les images de Dieu, sans craindre de le mêler à la violence des hommes. Une ...

Rôle et nature de l'actionnariat dans la vie des entreprises

Resumé Si la croissance rentable est le principal objectif pour les actionnaires, elle ne peut être leur seule visée. Il importe de mettre en œuvre des processus qui précisent les modes de relation avec les dirigeants de l’entreprise. Celle-ci a les actionnaires qu’elle mérite : seront-ils les partenaires du développement social ? De nombreuses situations récentes ont montré l’influence grandissante des actionnaires. Dernier exemple en date, en France, celui de Danone : après avoir renoncé à acq...

Religion et conflits

Resumé Quand la religion est phagocytée par la menace et la peur, elle ne peut plus se mettre à distance de la violence souveraine. Existe-t-il des conflits à proprement parler religieux ? A priori, on serait tenté de répondre de manière affirmative au vu des incidents sanglants qui opposent des groupes et des communautés, se réclamant, de par le monde, de leurs croyances religieuses pour défendre et promouvoir des intérêts politiques. L’actualité internationale évoque avec constance ces guerres...

Du même dossier

Comment faire autorité ?

Redéfinir l’autorité et flécher le pouvoir décisionnel en démocratie est un exercice périlleux mais indispensable. Avons-nous oublié le sens de la notion d’autorité ? Telle était la conviction de Hannah Arendt expliquant, dans son article « Qu’est-ce que l’autorité ? » (1961), que le plus sûr indice de cet oubli ou de cette éclipse est la confusion fréquente entre l’autorité et la force. On en appelle à l’autorité pour « rétablir l’ordre » par la r...

L’UE, laboratoire décisionnel

L’architecture institutionnelle de l’Union européenne en fait un labyrinthe décisionnel. Pour autant, les coalitions citoyennes ont une chance de peser sur les décisions du mastodonte aux vingt-sept États. L’exemple des fédérations de consommateurs. Tous et toutes, nous achetons des biens et des services qui obéissent à des normes, européennes pour la plupart. Difficile toutefois de faire remonter les critiques à l’encontre des produits...

La fabrique de la décision

Au cœur de l’activité politique, la décision polarise l’attention et les critiques : trop timorée face à la crise climatique, trop autoritaire face à l’urgence sanitaire… Est-il possible de rendre la décision plus démocratique, plus inclusive ? Cinq points saillants se dégagent à la lecture de ce dossier. 1 De la participation à la décisionSi, même en démocratie, la décision peut apparaîtr...

Du même auteur

La fraternité a-t-elle des frontières ?

Lors d’un récent voyage, le pape François appelait les Hongrois à rester à la fois « ancrés et ouverts, enracinés et respectueux ». Son message s’inscrit clairement dans la continuité de sa dernière encyclique Fratelli tutti, où il défend une conception de la fraternité en prise avec les défis mondiaux, notamment les migrations. Une réflexion politiquement foisonnante et ambitieuse qui s’inspire, dans une large mesure, de la parabole évangélique du bon Samaritain.Si beaucoup se sont réjouis de ...

Pour une politique de la fraternité

À l’approche de l’élection présidentielle, alors que l’instrumentalisation du message évangélique à des fins politiques menace directement l’État de droit, l’instauration d’une véritable politique de la fraternité constitue pour l’avenir un défi majeur. 1 L’Évangile à la carteCe dossier invite à prendre au sérieux la parabole du bon Samaritain qui, reconnaissons-le, se prête à une plur...

L’Ordre et la Compagnie

Entre vœux d’obéissance et vie fraternelle, un jésuite et un dominicain discutent gouvernance et prise de décision. Mise en relief de deux modèles communautaires. Dans les constitutions dominicaines rédigées au début du XIIIe siècle, quelle distinction est faite entre gouvernance et décision ?Jean-Jacques Pérennès – Bien sûr, on ne parlait pas en ces termes au Moyen Âge. Néanmoins, à la naissance des ordres mendiants, au XIIIe siècle, la question de la gou...

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules