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Face à la pauvreté, que peuvent nos gouvernements ?

© Gouvernement français
© Gouvernement français

La lutte contre la pauvreté s’est institutionnalisée en France dans les années 1990. Aujourd’hui, dispositifs ciblés (minima sociaux) ou non (retraites) contribuent à enrayer le phénomène. Mais la stratégie actuelle du gouvernement risque de se heurter à d’autres réformes...


La lutte contre la pauvreté revêt, du point de vue de l’action publique, une triple caractéristique. Elle est l’objet d’une intervention spécifique en direction de populations vulnérables : l’aide (prestations) et l’action (accompagnement) sociales, distinctes de la Sécurité sociale. Intervention qui contribue à façonner l’identité négative d’« assisté ». La pauvreté (ou, en tout cas, le taux de pauvreté monétaire relative qui est l’indicateur le plus courant), peut être considérée comme un signal de l’efficacité globale de l’action de l’État social.

Les politiques de lutte contre la pauvreté doivent donc être appréhendées à différents niveaux, en référence à des objectifs généraux, à des prestations ciblées ou à des formes d’accompagnement dédiées aux personnes ou à des groupes. Par souci de clarté, je différencierai ici les politiques publiques non directement destinées à lutter contre la pauvreté mais qui ont pour effet de corriger celle-ci. Je m’appuierai alors sur l’exemple des retraites qui ont contribué à baisser considérablement le taux de pauvreté des personnes âgées en France. Dans un second temps, je m’intéresserai à l’institutionnalisation progressive de la pauvreté comme domaine d’action publique spécifique, en identifiant deux phases dans la trajectoire de ces politiques.

Après la Seconde Guerre mondiale, la montée en puissance des régimes de retraite obligatoires va corriger une pauvreté perçue comme traditionnelle – celle des personnes âgées notamment.

Il faudra attendre la fin de Seconde Guerre mondiale pour que les éléments d’une véritable sécurité sociale voient le jour. La montée en puissance des régimes de retraite obligatoires va concourir (même si la lutte contre la pauvreté n’est pas leur objet à proprement parler) à corriger une pauvreté perçue c

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