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La ville et la pauvreté Retour d’expérience d’un élu local

Le quartier Saint-Jacques, au cœur
de Perpignan, est l’un des quartiers les plus pauvres de la ville. Pendant le confinement dû au coronavirus, en 2020, les rues étaient désertes. Perpignan, mars 2020. © Arnaud Le Vu, Made in Perpignan
Le quartier Saint-Jacques, au cœur de Perpignan, est l’un des quartiers les plus pauvres de la ville. Pendant le confinement dû au coronavirus, en 2020, les rues étaient désertes. Perpignan, mars 2020. © Arnaud Le Vu, Made in Perpignan

Comment, dans une ville fragmentée en un archipel de quartiers, enrayer la pauvreté ? Jean-Paul Alduy, ancien maire de Perpignan, tire les leçons de son action.


Face à la crise urbaine révélée dès 1954 par l’abbé Pierre, les gouvernements successifs ont tenté de mettre en œuvre des programmes d’actions régulièrement mis en échec, comme en témoignent des violences urbaines inédites dans la plupart des pays européens. Encore récemment, ces violences ont fait l’actualité de nos journaux télévisés à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), qui est pourtant, depuis plus de vingt ans, une des communes prioritaires des politiques de la ville. Les causes de cette exception française et de l’échec répété de ces politiques sont multiples. Mais, parmi elles, deux sont toujours sous-estimées : d’une part, on a centré l’action publique davantage sur l’urbain que sur l’humain et, d’autre part, la décentralisation chaotique a débouché sur un émiettement des responsabilités. La ville ne fait plus cité, elle s’est fragmentée et les maires ne disposent pas d’un bloc de compétences apte à résorber les fractures sociales et la concentration des précarités que subissent les quartiers populaires ; dès lors, leur action porte davantage sur l’aménagement urbain que sur le développement social. Pour évoquer l’histoire récente, l’Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU) a su mobiliser près de 30 milliards d’euros d’investissements mais l’accompagnement social, la « gestion urbaine de proximité », n’était guère à la hauteur des ambitions affichées : on a désenclavé, recomposé, équipé, pour améliorer le contenant et changer les regards, mais les questions du vivre ensemble, des pratiques sociales et de l’emploi furent largement éludées.

© Arnaud Le Vu, Made in Perpignan
© Arnaud Le Vu, Made in Perpignan

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