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Un habitat intergénérationnel pour faciliter l’insertion ?

Charlène Charles et Anne Petiau
Chercheurs

Comment se vit la mixité entre générations et milieux socio-économiques dans une « maison intergénérationnelle » ? À quelles conditions est-elle possible ? Une enquête sociologique en montre les difficultés et les stratégies des habitants pour y faire...

La ville et la pauvreté

Jean-Paul Alduy
Responsable politique

Comment, dans une ville fragmentée en un archipel de quartiers, enrayer la pauvreté ? Jean-Paul Alduy, ancien maire de Perpignan, tire les leçons de son action. Comment dans une ville fragmentee en un archipel de quartiers enrayer la pauvrete Jean Paul Alduy ancien maire de Perpignan tire les lecons de son action Face a ...

La mécanique de rue n’est pas « sauvage » !

Sébastien Jacquot et Marie Morelle
Chercheurs

Les activités informelles de réparation automobile sont souvent considérées comme une nuisance par les autorités. Pourtant, elles sont riches de savoir-faire et garantissent un service de réparation à moindre coût à des populations précarisées. Les activites informelles de ...

Territoires zéro chômeur : un laboratoire d’emploi

Agnès Thouvenot
Responsable politique

Le projet « Territoires zéro chômeur de longue durée » a d’abord été imaginé pour des territoires ruraux. Des villes s’en sont également emparées afin de s’attaquer à la pauvreté qui s’enracine dans le chômage. L’exemple de Ville...

Les difficultés de l’accompagnement social

Marion Lièvre
Chercheur

Que proposer quand les hébergements sont saturés et que manquent les moyens, notamment humains ? Portrait croisé de deux travailleurs sociaux confrontés au quotidien à des dilemmes qui interrogent ce qu’accompagner veut dire. Que proposer quand les hebergements sont satures et que manquent les moyens ...

Les récupérateurs de ferraille

Bénédicte Florin et Pascal Garret
Chercheurs

Cette enquête ethnographique nous plonge dans le quotidien de celles et ceux qui « font la ferraille », une économie informelle, voire illégale, indispensable au fonctionnement d’une industrie mondialisée et lucrative. Mais le savoir-faire de ces « indésirables » es...

Face à la pauvreté, que peuvent nos gouvernements ?

Nicolas Duvoux
Chercheur

La lutte contre la pauvreté s’est institutionnalisée en France dans les années 1990. Aujourd’hui, dispositifs ciblés (minima sociaux) ou non (retraites) contribuent à enrayer le phénomène. Mais la stratégie actuelle du gouvernement risque de se heurter à d’autres r&eac...

La pauvreté : un sujet éminemment d'actualité

Benoît Guillou
L'équipe de rédaction

En 2018, la France comptait plus de neuf millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. La pauvreté affecte toute l’existence de près de 15 % de la populationet les inégalités sont aujourd’hui reparties à la hausse, selon le « Portrait social de la France » (Inse...

Mesurer la pauvreté, pas si simple !

Pascale Novelli
Chercheur

Selon les indicateurs utilisés, la mesure de la pauvreté donne des résultats différents. Dans tous les cas, les critères monétaires, les plus fréquemment utilisés, s’avèrent insuffisants. Selon les indicateurs utilises la mesure de la pauvrete donne des resultats differents Dans t...

Les biffins se rebiffent

Benoît Kwamou
Acteur de terrain

Le « Carré des biffins » de la porte Montmartre existe officiellement depuis 2009 grâce à la mobilisation de la ville de Paris et sous l’impulsion des biffins. Ces chiffonniers des temps modernes arpentent ce marché de la misère pour y vendre quelques euros leurs objets de récupé...

Le quartier du Landy, à Aubervilliers, abrite l’un des plus grand garage à ciel ouvert d’Île-de-France. Arrivés principalement de Côte-d’Ivoire, du Mali et de Guinée-Conakry, les mécaniciens ont chacun leur spécialité. Aubervilliers, avril 2015. © Camille Millerand / Divergence
Le quartier du Landy, à Aubervilliers, abrite l’un des plus grand garage à ciel ouvert d’Île-de-France. Arrivés principalement de Côte-d’Ivoire, du Mali et de Guinée-Conakry, les mécaniciens ont chacun leur spécialité. Aubervilliers, avril 2015. © Camille Millerand / Divergence

La mécanique de rue n’est pas « sauvage » !


Les activités informelles de réparation automobile sont souvent considérées comme une nuisance par les autorités. Pourtant, elles sont riches de savoir-faire et garantissent un service de réparation à moindre coût à des populations précarisées.


La mécanique de rue se déploie hors de toute régulation publique. Elle est généralement pratiquée hors des cadres légaux et réglementaires en matière d’environnement, de sécurité, d’occupation d’espace public ou d’exercice de la mécanique (diplômes).

Elle est cependant présente de façon importante dans les espaces publics ou privés ouverts des périphéries des villes françaises1, pouvant donner lieu à des concentrations de réparation (sur notre terrain d’enquête, en banlieue nord de Paris, travaillaient une centaine de mécaniciens jusqu’en 20182). Cette activité est ancrée localement, mais elle repose aussi sur des connexions territoriales alentour avec des casses et des magasins pour l’approvisionnement en pièces neuves ou usagées. Elle attire des clientèles populaires venues de différents quartiers et villes, dépendantes de la voiture de seconde main. Finalement, elle contribue à la production de centralités populaires ainsi que l’a théorisé le collectif Rosa Bonheur3 : des espaces locaux concentrant des activités économiques, de services et commerciales, et des possibilités de travail accessibles aux classes populaires, suivant des logiques marchandes mais aussi de dons et d’entraide.

Pour certains, la mécanique de rue incarne un vrai travail, traduisant des compétences techniques et commerciales, jusqu’à susciter des projets d’investissement.

Peinture, carrosserie, électricité, vidange, changement de pièce… L’offre de mécanique concerne un large éventail d’interventions. Pour certains mécaniciens, cette activité permet l’obtention de revenus de subsistance, simple sas dans des parcours migratoires et de travail. Pour d’autres, elle incarne un vrai travail, traduisant des compétences techniques et commerciales, jusqu’à susciter des projets d’investissement.

La presse et les documents d’urbanisme parlent de « mécanique sauvage », perçue comme une nuisance voire une incivilité qu’il faudrait évincer. L’altérisation de l’activité dite « sauvage » renvoie à celle des mécaniciens, souvent des immigrés. Pourtant, ces derniers revendiquent un droit moral à la subsistance dans le double contexte de la migration et de la précarisation du travail salarié. Ils soulignent d’ailleurs l’intérêt du recyclage des véhicules anciens. Pourquoi ne pas considérer la mécanique de rue comme une ressource – tant économique que sociale – pour les mécaniciens et leur clientèle ? Il importe donc de refuser le qualificatif « sauvage » pour lui préférer l’expression de « mécanique de rue », première étape d’une reconnaissance des savoir-faire et des enjeux liés à cette activité.

Cependant, une reconnaissance n’équivaut pas à une régularisation des mécaniciens, de leurs acquis comme de leur activité : celle-ci reste semée d’embûches liées au coût de la formalisation de la mécanique pour des personnes qui vivent aux marges de l’État, dans un contexte de rejet du recours à la voiture dans les plans d’aménagement, au bénéfice de mobilités « douces ». Seule une connaissance fine à la fois des parcours de vie des mécaniciens, des mobilités et des attachements à la voiture dans les quartiers populaires permettra de proposer des dispositifs inédits et locaux.

1 Agnès Deboulet, Khedidja Mamou et Abou Ndiaye, « La mécanique de rue : vertus cachées d’une économie populaire dénigrée », Métropolitiques, 9 mai 2019.

2 Sébastien Jacquot et Marie Morelle, « Mécanique de rue en banlieue parisienne : centralité populaire et migrations », Le petit commerce dans la ville-monde, L’œil d’or, 2019.

3 Collectif Rosa Bonheur, La ville vue d’en bas. Travail et production de l’espace populaire, éditions Amsterdam, 2019.


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