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Dossier : La culture, c’est pas du luxe !

« Ce qui m’intéresse, c’est de créer avec les gens »

Marjorie Nakache, metteuse en scène et directrice artistique, Studio théâtre de Stains. Stains, 2019. ©Aurore Chaillou/Revue Projet
Marjorie Nakache, metteuse en scène et directrice artistique, Studio théâtre de Stains. Stains, 2019. ©Aurore Chaillou/Revue Projet

Entretien - Pour la metteuse en scène Marjorie Nakache, le théâtre est éminemment politique. Au Studio théâtre de Stains, elle souhaite préparer des citoyens et des citoyennes à affronter avec conviction le monde qui les entoure.


Si je vous dis : « La culture, c’est pas du luxe ! », ça vous inspire quoi ?

Nous nous battons toute la journée pour que des jeunes qui disent : « Les alexandrins, Molière, Racine, la poésie, tout ça, c’est pas mon truc » comprennent que justement, si, cette langue leur appartient ! Tant qu’on ne maîtrise pas le langage, on ne maîtrise pas la pensée, donc on reste dans sa position d’« opprimé ». La libération ne pourra venir qu’à partir du moment où l’on possède les outils d’expression. Il faut vraiment se battre contre cette idée que, parce qu’on habite à un certain endroit, ou parce qu’on est noir, arabe ou « français d’origine étrangère », forcément, on ne s’intéresse pas à l’opéra… Les gens s’autocensurent, pensent que si on les traite d’une certaine manière, quelque part, ils le méritent. Face à cette résignation, on est là pour que les gens s’emparent de la culture et qu’ils s’en fassent des outils pour devenir des citoyens qui affrontent la vie d’une manière forte. Donc la culture, ce n’est pas du luxe, c’est essentiel, c’est vital !

Pour beaucoup, la culture, s’écrit avec un grand « C », mais dès que certaines personnes s’en emparent, cela devient du « socio-culturel ». Si vous êtes au Quai Branly, pour une expo sur l’art primitif, c’est perçu comme du « culturel ». Mais si l’on fait la même exposition ici, à Stains, on parlera de « socio-culturel ». Donc le lieu où vous exercez, le lieu où vous êtes, constitue votre capital culturel.

Comment est-ce que vous présenteriez la ville de Stains, où se trouve le Studio théâtre ?

Pour moi, Stains, c’est la France. C’est… Comment dire ? La ville connaît des difficultés terribles, des difficultés financières, sociales, mais les gens arrivent quand même à vivre ensemble et à affronter les choses ensemble. C’est une ville de banlieue parisienne, d’environ 40 000 habitants, qui fonctionne comme un village. Il y a du communautarisme, des gens qui cohabitent sans se parler, mais à travers le réseau associatif et la pratique artistique, on sent une volonté de cohésion sociale.

Il y a du communautarisme, mais à travers le réseau associatif et la pratique artistique, on sent une volonté de cohésion sociale.

Je ne suis pas encartée, mais je reconnais qu’il y a cette espèce de vieille tradition de la « ceinture rouge » des villes communistes, où l’éducation populaire, l’accès au sport et à la culture restent une priorité politique. S’il peut y avoir parfois des excès, c’est grâce à cela qu’ici, à Stains, nous avons une médiathèque magnifique, face au Studio, un théâtre municipal de 600 places, des équipements sportifs incroyables…

Dans une émission de radio, vous disiez que le Studio théâtre de Stains est « un théâtre dans une ville et une ville dans un théâtre ». Comment se joue ce dialogue entre le théâtre et la ville ?

Il se joue sur le temps long. Parce que nous sommes ici depuis plus de trente ans, une confiance s’est nouée avec la population. On est allé voir le maire de Stains, l’une des villes les plus pauvres de France, en lui disant : « On veut faire du théâtre avec les gens », alors qu’il avait des trottoirs à refaire, que des habitants étaient menacés d’être délogés… Convaincre un politique de l’intérêt de l’implantation d’une équipe artistique, réfléchir ensemble à comment ouvrir les gens à un répertoire artistique et à une véritable action de sensibilisation intergénérationnelle, ça n’a pas été simple ! Mais, petit à petit, il en a accepté l’idée et a donné des moyens. Petit à petit, nous sommes arrivés à convaincre d’autres financeurs. De même avec les habitants. Des gens, des associations, viennent voir un spectacle, puis posent des questions : une rencontre a lieu. Un peu plus tard, ils osent timidement proposer quelque chose. On essaie toujours de dire oui, de ne jamais fermer la porte. Si quelqu’un demande à nous rencontrer, on le reçoit, on l’écoute. Cela n’aboutit pas nécessairement, mais je pars du principe que si, au lieu de tenir un mur ou de vendre du shit, un môme vient au théâtre parce qu’il a l’impression que les textes qu’il écrit pourraient être intéressants, je lui ouvre grand la porte. Après, on voit la qualité de son écriture et comment on peut cheminer ensemble.

Dire que la ville est dans le théâtre signifie que celui-ci est au plus près de ce que veulent les gens et pas uniquement de mes préoccupations à moi. Je suis metteuse en scène, ma préoccupation est artistique. Il y a des textes que j’ai envie de défendre. Mais est-ce cela qui prime ? Je n’ai pas d’ambition personnelle, j’ai une ambition de projets. Je n’aime pas cette société, je n’aime pas la manière dont elle fonctionne, je n’aime pas la manière dont les gens sont en permanence divisés ; et je pense que la réconciliation n’est possible que dans des lieux de culture. Ce qui m’intéresse, c’est de créer avec les gens. Car j’estime que nous avons autant à apprendre d’eux qu’eux de nous. Bien sûr, je suis peut-être plus calée en théâtre, mais leur regard est au même niveau que le mien.

Il y a des lieux de culture implantés depuis des années en milieu populaire, en milieu rural, mais où le public est le même que partout ailleurs. Il faut du temps, mais y a-t-il autre chose ?

Il y a le temps et il y a l’envie. Encore une fois, qu’est-ce qu’on appelle la culture ? Pourquoi est-on artiste ? Pourquoi fait-on du théâtre ? Certains font du théâtre parce qu’ils ont envie d’aborder de beaux textes. Ils ont souvent beaucoup de moyens pour le faire. Mais ce n’est pas cela qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse, c’est que des gens qui se sentent éloignés de ces textes puissent découvrir qu’ils leur appartiennent. C’est pour moi une question de politique, une question, comment dire… de justice !

Il existe des compagnies théâtrales qui n’en ont pas envie et qui ne veulent pas d’un certain public. Dans beaucoup de théâtres, vous verrez très peu de fils d’ouvriers, très peu de gens issus de l’immigration1. Moi, ma grande fierté, c’est de voir que tout le monde vient ici, au Studio théâtre de Stains. Naturellement, cela demande aussi énormément d’énergie, je peux vous l’assurer. De l’énergie pour trouver des moyens, de l’énergie pour rester à l’écoute, pour être toujours disponible…

Cela demande aussi énormément d’énergie : pour trouver des moyens, pour rester à l’écoute, pour être toujours disponible…

Quel est le processus de création au Studio théâtre de Stains ? Il y a à la fois des choses que vous proposez, des choses que les gens proposent ?

Pour vous donner un exemple, le spectacle « Tous mes rêves partent de Gare d’Austerlitz », que j’ai mis en scène, a été écrit par Mohamed Kacimi à partir d’un travail réalisé avec des femmes de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Plusieurs groupes d’âges différents ont été invités à venir écouter en avant-première des bribes de textes pour dire ce qu’ils en pensaient. Au cœur de ce spectacle, on travaille une scène d’Alfred de Musset tirée de On ne badine pas avec l’amour. Le spectacle parle beaucoup des femmes, de la religion et on a pu réfléchir avec des associations sur ces thématiques. Après les premières représentations, on continue à parler du spectacle avec ceux qui ont participé à la création. On est vraiment dans un échange réciproque.

Une création peut aussi voir le jour à partir de la demande d’une personne ou d’une association. Nous avons un partenariat avec une association de femmes du quartier du Franc-Moisin, à Saint-Denis. Elles sont venues en tant que spectatrices ou pour une soirée débat, puis un jour elles déclarent : « Nous, on trouve que l’éducation n’est pas égalitaire, les écoles de nos enfants ne sont pas les mêmes que les écoles parisiennes… On a envie de faire quelque chose là-dessus, comment peut-on faire ? » Après en avoir discuté, elles confirment qu’elles veulent faire une pièce de théâtre autour de ce thème. Et on commence comme ça.

Il est important à mes yeux que des habitants qui s’en sentent souvent très éloignés puissent participer au processus de création, qu’ils puissent voir comment une pièce se fabrique. Se retrouver tout d’un coup devant le produit fini a quelque chose d’un peu sidérant. On est dans la salle, dans le noir, un peu passif, on consomme un spectacle en se demandant : « J’aime ? J’aime pas ? Je critique ? Je critique pas ? ». Mais l’effet est tout autre lorsque l’on est dès le départ intégré au processus de création : « Voilà le texte, qu’est-ce que tu en penses ? Que va-t-on faire ? » Et puis on se donne rendez-vous deux mois après : le texte a évolué, on en discute. Ensuite une comédienne le lit, puis on ajoute des lumières, un décor… Du coup, les gens comprennent comment une pièce se réalise. On propose aussi beaucoup de répétitions publiques, auxquelles participent des jeunes des centres sociaux, des foyers. Ils voient que jouer, c’est du travail. On peut parfois passer deux heures à dire une phrase dans tous les sens, à essayer plein de choses… L’intérêt est réveillé : tout d’un coup, ils ont l’impression de regarder par le trou de la serrure, de voir quelque chose qui est en train de naître et d’y participer.

On propose aussi beaucoup de répétitions publiques, auxquelles participent des jeunes des centres sociaux, des foyers.

Un jour, c’est une assistante sociale de Bobigny qui me dit : « Mon métier est décrié, on me dit que je ne sers à rien. Avec des collègues, on a envie d’écrire quelque chose là-dessus. Est-ce que vous voulez nous aider ? » Et pendant quatre ans, j’ai travaillé avec les assistantes sociales de la circonscription. On a monté trois spectacles qui parlaient d’elles, mais où elles jouaient les usagers. C’était cela qui les intéressait : ne plus être dans le rôle de l’assistante sociale mais dans celui de l’usager. Lors des représentations, leurs collègues, leurs chefs, des membres du Conseil général sont venus. Le théâtre est devenu une catharsis. Deux d’entre elles, par exemple, partageaient le même bureau depuis deux ans et n’arrivaient plus à se parler. Le lendemain du spectacle, elles ont tout déballé. Elles ont parlé, parlé, parlé…

Le théâtre est un détonateur, un déclencheur. Il passe par un « faire semblant », par quelque chose dont tout le monde reconnaît que ce n’est pas la réalité, mais qui est en même temps terriblement vrai. La représentation a quelque chose de frontal, que la dimension artistique permet de dévier.

Un travail comme celui avec les assistantes sociales était excessivement fort. Un projet de ce genre apprend à écouter, à aller au bout d’un projet ensemble. On n’est plus seul, on est à plusieurs. Cela donne le sentiment de retrouver une communauté, de se sentir indispensables les unes aux autres ou les uns aux autres. Cela se ressent énormément avec les jeunes. Ainsi lorsqu’on travaille avec des élèves décrocheurs : ces mômes sont souvent dans un rejet de tout. Travailler avec eux est d’autant plus compliqué que le théâtre, c’est des règles, de la rigueur, de l’exigence. Et ils ont du mal ! Mais c’est parfois incroyable le bond qu’ils peuvent faire ! Et même si cela ne marche que pour un seul, c’est déjà ça !

Dans une précédente interview, vous parliez des spectateurs souvent très uniformes, mais aussi des gens qui sont sur scène. Ils sont le reflet de la salle. Comment est-ce que cela se passe ici ?

Si à la télé, au théâtre, une personne voit toujours des gens qui n’ont pas sa couleur, qui ne lui ressemblent pas, elle va finir par se dire qu’elle ne fait pas vraiment partie de cette société… Ici, au Studio théâtre de Stains, nous n’avons pas ce problème. Comme nous sommes aussi un lieu de formation, pour les enfants et les adultes qui vivent ici, on a énormément de jeunes qui viennent à nos ateliers et à nos stages et qui ensuite font des carrières.

Si, au théâtre, une personne voit toujours des gens qui ne lui ressemblent pas, elle va se dire qu’elle ne fait pas vraiment partie de cette société…

J’en suis très fière et donc naturellement, après, je les emploie en tant que professionnels sur des projets parce qu’ils ont énormément de talent. Ils sont peut-être noirs ou d’origine pakistanaise, qu’importe ? Ce que je vois, c’est que depuis trois ans, quatre ans, ils sont dans notre atelier, ils sont très bons, alors je n’hésite pas à leur confier des rôles.

Aujourd’hui, des directeurs de casting me téléphonent : « On a besoin de comédiens. » Je leur réponds : « Génial ! C’est quoi le rôle ? » « Et bien c’est une petite Aïssatou… » Mais s’ils n’appellent que lorsqu’ils ont besoin de certains profils, cela ne me plaît pas beaucoup.

Dans quelle mesure ce que vous faites a-t-il une dimension politique ?

Je ne conçois pas le théâtre autrement que politique. Molière, quand il critique les bourgeois, c’est éminemment politique ! Malheureusement, le théâtre d’aujourd’hui ne l’est plus du tout. Il devient esthétisant. C’est de l’entre-soi, de l’entre-soi pour les artistes, de l’entre-soi pour les spectateurs. De la même manière que notre époque n’est plus politique non plus. Je veux dire que ce qui se passe au niveau culturel, on le retrouve dans la société.

Propos recueillis par Aurore Chaillou au Studio théâtre de Stains en juin 2019, avec l’aide de Dominique Giraudel.

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