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Dossier : Faut-il toujours payer ses dettes ?

Pouvoir du lobby bancaire

© YurolaitsAlbert/iStock
© YurolaitsAlbert/iStock

Sous la pression du lobby bancaire, la crise sanitaire pourrait bien faire céder les digues de régulation bancaire péniblement érigées depuis 2008. Rencontre avec l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran.


A-t-on tiré les leçons de la crise de 2007-2008 en termes de régulation du système bancaire ?

Jézabel Couppey-Soubeyran – Pas suffisamment, me semble-t-il. L’après-crise financière, certes, a été une période de réformes. Les accords de Bâle III1 (voir encadré ci-après) ont renforcé les exigences de fonds propres et de liquidités, ce qui a conduit les banques à augmenter le rapport entre leurs ressources propres et leurs actifs risqués. Ces réformes ont également conduit à mieux cibler les groupes systémiques qui, par la taille de leur bilan, leur dimension internationale et la complexité de leur modèle, peuvent en cas de faillite provoquer l’effondrement du secteur tout entier. L’Union bancaire en Europe a permis d’adapter l’échelle de la supervision à celle de l’activité des établissements. Le Mécanisme de résolution unique, deuxième volet de l’Union bancaire, a redéfini les responsabilités en cas de faillite bancaire, afin de moins peser sur les contribuables tout en mettant davantage à contribution les grands créanciers. Tout cela est allé dans le bon sens, mais pas assez loin.

Ces réformes n’ont finalement pas réorienté l’activité des banques vers l’économie réelle, ni réduit le poids et la domination des groupes systémiques. Même si les banques sont entrées dans cette crise sanitaire un peu plus résilientes qu’elles ne l’étaient quand la crise financière a éclaté, il faut donc se garder de surestimer cette résilience, d’autant que les réformes ont été conçues dans l’optique d’une crise financière et non dans celle d’une crise inédite comme celle que nous vivons.

Le plus étonnant, surtout, est que l’on se félicite des réformes, sans s’inquiéter de la stratégie actuelle des superviseurs, qui relâchent leurs exigences. On avait déjà

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