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Dossier : Faut-il toujours payer ses dettes ?

Sans dette, point de néolibéralisme

Le néolibéralisme encourage les logiques d'endettement, comme lors de la crise dite des
Le néolibéralisme encourage les logiques d'endettement, comme lors de la crise dite des "subprimes" aux États-Unis, en 2007. Crédits : Zimmytws / iStock

Elles fustigent la dette publique et exigent son remboursement. Pourtant, les politiques néolibérales n’existeraient pas sans elle.  


Alors que les politiques néolibérales se sont imposées dans le monde depuis quarante ans, l’emprise de la dette financière n’a jamais été aussi importante : le cabinet McKinsey calculait que l’endettement total dans le monde (hors secteur financier) s’élevait à près de 147 000 milliards d’euros en 2018, avant même la pandémie. Un constat paradoxal ? Si le néolibéralisme se présente d’abord sous la forme de politiques fondées sur la réduction des dépenses publiques et la dérégulation des marchés, il repose aussi sur une philosophie politique et morale de libération de l’individu de tout ce qui menace son autonomie (ses fondateurs se pensaient comme héritiers du libéralisme classique).

Si l’État, avec ses réglementations supposées entraver le bon fonctionnement des marchés, sa fiscalité accusée de décourager l’esprit d’entreprise et ses politiques sociales dénoncées pour conforter « l’assistanat » est identifié par les néolibéraux comme un danger pour l’individu, l’endettement de celui-ci ne semble pas représenter un obstacle majeur. C’est le paradoxe d’un projet d’émancipation qui fait peser in fine sur un nombre d’acteurs toujours croissant l’obligation d’un remboursement, alors même que, tout au long de l’histoire humaine, la dette financière a été perçue comme contraire à la liberté de ceux qui la subissaient : du risque de devenir esclave en cas de non-solvabilité dans l’Antiquité à la privation du droit de vote dans les systèmes censitaires du XIXe siècle, parce que l’individu trop endetté, en position de sujétion, serait incapable d’exercer des droits politiques supposant l’autonomie du jugement.

La dette est deven

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