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Dossier : Migrants : dépasser les catégories

Migrants : arrêtons de les mettre dans des cases ! Introduction

© Ali Jamshadifar
© Ali Jamshadifar

Qui ne connaît un temps d’hésitation au moment de choisir un adjectif ou un substantif pour désigner une personne « venue d’ailleurs » ? Vais-je dire migrant, réfugié, étranger, demandeur d’asile, exilé, sans-papiers, expatrié… ? La question ne mériterait pas un dossier de la Revue Projet s’il ne s’agissait que d’exactitude lexicale ! Mais chacun perçoit que toute application d’une catégorie à une personne a d’importants enjeux : juridiques, politiques, sociaux, relationnels, culturels, etc.

C’est parce qu’il y a derrière toute assignation, d’évidents enjeux de justice, de dignité, de solidarité, qu’un dossier de la Revue Projet se justifie pleinement.

D’aucuns objecteront que nous sommes tous, tout au long de notre vie, mis dans des catégories. Pour la bonne gestion d’une société, il est utile que chacun sache qui est majeur ou mineur, marié ou célibataire, actif, retraité ou chômeur, citoyen ou étranger, malade ou bien portant, etc. Mais, quand il s’agit de personnes dont une partie de l’opinion perçoit la présence comme problématique, voire illégitime, il importe de s’interroger sur les conséquences concrètes de telles assignations lexicales : les termes sont-ils pertinents ? N’ont-ils pas des connotations cachant des jugements de valeur ? Respectent-ils la manière dont les personnes se perçoivent elles-mêmes ? C’est parce qu’il y a, en ce domaine, derrière toute assignation, d’évidents enjeux de justice, de dignité, de solidarité (parfois même de vie ou de mort, physique ou sociale), qu’un dossier de la Revue Projet se justifie pleinement.

Justesse, justice, respect

Une question de justesse. Les catégories, nécessairement définies de manière générale, sont de plus en plus en décalage par rapport aux réalités. Tous les experts l’ont noté pour la catégorie « réfugiés », qui ne peut tenir compte de la grande diversité des situations contraignant à l’aventure migratoire.

Une question de justice. Mobilisées d’un point de vue politique, les catégories servent à accorder des droits aux personnes, à les limiter, voire à les refuser. Quiconque a rencontré un demandeur d’asile le jour où il a reçu la réponse de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) le sait bien !

Savons-nous encore rencontrer des personnes sans penser à leur statut juridique ?

Une question de respect. Ce qui porte atteinte à la dignité d’une personne, ce n’est pas de la mettre dans une catégorie, c’est de l’y enfermer. Savons-nous encore rencontrer des personnes sans penser à leur statut juridique ?

Ces questions traversent l’ensemble de ce dossier. S’il expose et dénonce clairement les erreurs, dénis de justice, aveuglements, manipulations politiques opérées par le jeu des catégorisations, il montre aussi qu’une marge de liberté est ouverte à celles et ceux qui s’affranchissent des catégories pour considérer que tous habitent un même espace (comme le font certaines villes). Dans la rencontre, les catégories se dissolvent et les regards changent. Peuvent alors se développer des relations de justesse, de justice et de respect.


Sommaire du dossier

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2 réactions pour « Migrants : arrêtons de les mettre dans des cases ! »

Amélie MEFFRE
22 September 2020

Vue dimanche "La Trêve" à la Commune d'Aubervilliers (c'est jusqu'au 25 septembre). La pièce a été conçue et réalisée à la suite à de longs mois d’immersion au Centre d'hébergement d'urgence (CHU) du Fort d’Aubervilliers, entre juin 2019 et mai 2020. Il en ressort une œuvre uppercut sur et avec les échoués du Fort d’Aubervilliers signée par Olivier Coulon-Jablonka, Sima Khatami et Alice Carré. Entre cinéma et théâtre documentaire, les rencontres nous sont servies sur un plateau.
http://www.lacommune-aubervilliers.fr

ALAIN SOULOUMIAC
04 September 2020

MOVEOUT
En réponse à un appel de l'UNICEF, la Société mondiale des Créateurs (SmC) a élaboré un système fondé sur la création pour sortir des camps. Il s'inspire de l'histoire des grandes cités: Carthage, Venise et Amsterdam. Les enfants ont la capacité d'imaginer des milliards de création. Dans un camps, ils forment un petit groupe et enregistrent le livre de la création qu'ils ont choisie, avec le concours des NGOs intéressés, sur le Cadastre mondial des Créations. Ils en deviennent propriétaires ad vitam et leurs ayants-droits, pour 70 ans après leurs morts. Boyegate, la société nigérianne qui conduit ce projet, se charge, avec le financement de la Banque mondiale une terre promise. Il négocie avec l'Etat concerné, de leur trouver un terre promise ou une cité abandonnée pour fonder leur Creapole. Ils lancent leurs activités créatrices et font venir leurs parents et voisins pour travailler à la promotion et à la production de leur création. Les migrants ont presque toujours enrichi les territoires qu'ils ont peuplé.

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