Logo du site
Dossier : Migrants : dépasser les catégories

Un seul regard et je segmente le monde

© Ali Jamshidifar
© Ali Jamshidifar

Quand nous rencontrons quelqu’un pour la première fois, nous tentons très vite de lui coller quelques étiquettes pour l’identifier et nous situer dans la relation. Pourquoi est-il difficile de faire différemment ? Comment les personnes migrantes vivent-elles cela dans la construction de leur identité ?


Dans notre vie quotidienne, nous ne cessons d’interpréter, d’analyser, de décrypter les paroles ou les gestes d’autrui. Les liens que nous tissons et les relations que nous vivons s’accompagnent ainsi de classements ou de catégorisations. Serait-ce là le passage obligé pour rencontrer l’autre ?
Déjà, pour appréhender les phénomènes qu’elles étudient, les sciences sociales classent sans cesse des données. Elles construisent des connaissances en distinguant des catégories et en repérant ce qui, pour cela, leur semble pertinent. De même proposent-elles des concepts, des termes clairement définis et propres à nommer justement la réalité sociale étudiée. Ces disciplines procèdent aussi à des enquêtes (selon une méthode quantitative ou qualitative) auprès d’un échantillonnage de personnes, répertoriées en fonction de critères précis. De fait, tout projet scientifique s’appuie sur des opérations de classification. Et celles-ci se fondent sur l’expérience (riche de données empiriques) pour construire des typologies et élaborer des modèles. Appliquer son esprit à l’examen d’une question afin de mieux connaître une réalité sociale, un groupe humain ou un collectif nécessite, inéluctablement, de classer et de comparer. Ce qui, d’ailleurs, conduit parfois le chercheur à réinterroger ses propres catégories.

Même l’extrême attention à autrui ne peut faire l’économie d’une certaine forme de classification.

Mais ne croyons pas que cette intention se limite à la méthode scientifique. En effet, à un autre niveau, dans la vie quotidienne, les travailleurs sociaux devant des jeunes à la dérive, les psychologues auprès de personnes en souffrance, les enseignants confrontés à la difficulté de certains élèves et les médecins durant l’auscultation de leurs patients effectuent tous des classifications. Car il s’agit bien, dans

Cet article est réservé aux abonné.e.s

vous pouvez l'acheter à l'unité ou par Dossier
Pour accéder à cet article :

Déjà abonné.e ?

M'identifier

Revue-Projet.com offre l'accès gratuit aux articles de moins de 2 mois ou plus de 4 ans.

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules