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Dossier : Migrants : dépasser les catégories

L’Ofpra, les migrants sahraouis et l’anthropologue

Des hommes sahraouis se détendent dans le camp de réfugiés de Smara (Algérie), en 2006. © Alice Corbet
Des hommes sahraouis se détendent dans le camp de réfugiés de Smara (Algérie), en 2006. © Alice Corbet

Quand l’organisme qui instruit les dossiers des demandeurs d’asile, l’Ofpra, demande de l’aide à une anthropologue
au sujet des migrants sahraouis, leurs logiques entrent
en confrontation. Retour d’expérience.


Alors que j’avais réalisé une thèse en anthropologie sur la situation des camps sahraouis, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) me contacta pour répondre aux questions des officiers de protection qui devaient statuer sur les demandes d’asile de personnes se disant « Sahraouis des camps ». Ces demandes étaient en recrudescence, car beaucoup de jeunes Sahraouis, souhaitant s’offrir un avenir, présumaient que les atermoiements des Nations unies pour la résolution du conflit ne leur permettraient pas de s’épanouir dans leur région d’origine, l’Ouest saharien, ou des camps.

Mes interlocuteurs de l’Ofpra étaient jeunes, souvent issus de grandes écoles telles que Sciences Po. Très motivés et attentifs, ils manifestaient une bonne connaissance de la situation géopolitique sahraouie (voir encadré). Après un exposé précis permettant d’appréhender les conditions de vie locales, j’ai partagé mes analyses liées au contexte général : stratifications sociales (parfois très hermétiques), émigration des réfugiés (souvent temporaires, vers la Mauritanie, l’Algérie ou l’Espagne), émigration estudiantine (à Cuba, notamment), impact du retour de ces jeunes éduqués, mais aussi interactions avec la présence d’organisations humanitaires, entre nécessité, incohérences et instrumentalisation

S’il est vrai que l’aide humanitaire demeure indispensable dans les camps, les projets ne correspondent pas nécessairement aux attentes des réfugiés.

S’il est vrai que l’aide humanitaire demeure indispensable dans les camps, les projets ne correspondent pas nécessairement aux attentes des réfugiés, ou bien sont concentrés aux mêmes endroits, dans les camps proches du lieu de vie des personnels de la solidarité internationale. Les familles qui bénéficient de cette aide peuvent ainsi se servir de ces apports pour renf

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