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Dossier : Migrants : dépasser les catégories

« Sans travail, on est tué à petit feu »

© Ali Jamshidifar
© Ali Jamshidifar

Pour Raoul, Adil et François, travailler permet d’être reconnu comme une personne normale, utile pour la société. Au-delà des cases auxquelles ils sont assignés tout au long de leur parcours migratoire.


Raoul, Tchadien, est arrivé en France en 2014. À Toulouse, il est l’un des principaux animateurs d’un squat…

J’étais venu en France pour mes études, puis je suis rentré chez moi, et mes déboires ont commencé. J’ai repris la route en 2014 et, à peine arrivé en France, on m’a mis une OQTF, une obligation de quitter le territoire français ! J’étais clandestin. J’ai voulu partir en Espagne, je pensais que la démocratie y était meilleure, mais je me suis fait attraper par la police et j’ai dû demander mon asile en France. J’ai ressenti de l’incompréhension et du dédain envers moi. À cause de l’afflux de migrants, ils avaient une idée en tête et il m’a fallu une bataille juridique pour décoincer la situation, puis un autre combat pour mon logement. Devenu précaire, je suis allé dans un squat.

Dans le système français, on a accès à la santé et au logement, mais ces droits ne sont pas respectés. Au collectif Russeul, nous vivons une grande cohésion sociale. Nous avons trouvé beaucoup de soutien et nous avons pu occuper plusieurs logements libres.

Le nombre de personnes est monté jusqu’à 700 ou 800. Chacun venait d’un horizon différent avec des perspectives différentes. On a créé un système d’organisation et d’autogestion, le Réseau d’entraide populaire international toulousain (Repit). Les habitants ont vu l’efficacité du collectif pour tout ce qui était interne, lié à la distribution de l’alimentaire et à des aides juridiques. On a fait appel aux partenaires extérieurs qui sont venus massivement.

Sur place, on vit la même cause : la régularisation. Au fond, c’est ça qui construit une solidarité forte, une vie entre nous. Ceux de l’extérieur sont étonnés de trouver des gens toujours joyeux, qui ne parlent pas de leur misère.

Il faut peut-être classer les humains, mais les cases, pour nou

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1 réactions pour « « Sans travail, on est tué à petit feu » »

Jean-Paul VILAIN
25 August 2020

Jusqu’à quand devrions-nous attendre l’évolution de la loi française et des législations européennes pour permettre aux demandeurs d’asile et aux exilés de travailler ?
La CUM organise une journée sur cette question le 21 novembre prochain à Lyon.
CUM = Coordination Urgence Migrants

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