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Dossier : Je travaille, donc j’existe ?

Le sens du travail à l’ère numérique

Fablabs IAAC, Barcelone (Espagne) © Yannick Vernet/Flickr
Fablabs IAAC, Barcelone (Espagne) © Yannick Vernet/Flickr
Hors de l’emploi, le travail est largement invisible. Il est pourtant vecteur de sens, un sens fixé par l’employeur dans le salariat. Mais dans un monde numérisé, qui maîtrisera la finalité du travail ?

Le travail est efforts et finalité. Cette double nature a été mise en évidence par Simone Weil1, sans doute la plus grande philosophe du travail du XXe siècle. Le travail implique des efforts pour surmonter les contraintes de la matière et pour vaincre une résistance. Mais ces efforts sont ordonnés à la production d’un résultat, qui échappe à celui qui travaille. Il produit un objet susceptible d’être utilisé, donc évalué par un tiers. Le travail dissocie le produit du producteur, l’objet du sujet, ce qui le distingue des autres formes d’activités humaines.

Le travail prend des formes variées dans les sociétés contemporaines : domestique, associatif, collaboratif ou professionnel. Domestique, il est au cœur du fonctionnement social : se nourrir, assurer la pérennité de sa maison, éduquer des enfants ; le travail associatif est assuré en France par plus de 11 millions de bénévoles dont l’activité est essentielle à certains secteurs (la santé, l’éducation, la culture…) ; le travail collaboratif permet de réaliser des projets collectifs auxquels on participe librement, par exemple une activité citoyenne (le Téléthon) ou la production d’un logiciel libre (Linux). Nous travaillons aussi en tant que consommateurs : self-service, assemblage de meubles en kit, etc.

Travailler, c’est à la fois produire et produire du sens.

Le travail professionnel, lui, est organisé dans les entreprises ou les administrations si on est salarié, ou défini par un contrat commercial si on est indépendant. Il se distingue, d’une part, par la subordination du travailleur au donneur d’ordre, d’autre part, par la rémunération monétaire de l’effort réalisé. Il représente toutefois moins de la moitié de l’ensemble des activités de travail qu

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