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Dossier : Je travaille, donc j’existe ?

Moi, jeune et privé d’emploi

Manifestation contre la loi travail, Paris, 8 mars 2016 © Jeanne Menjoulet/Flickr/CC
Manifestation contre la loi travail, Paris, 8 mars 2016 © Jeanne Menjoulet/Flickr/CC
Fainéants, les jeunes au chômage ? Non : privés d’emploi, rectifie la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc). Quatre jeunes témoignent ici de leur expérience. Plus encore qu’un moyen de subsistance, le travail est pour eux un lieu de quête de sens, de dignité, un lieu qui met en relation avec d’autres et permet de se sentir utile.

Ne pas avoir d’emploi signifie la perte de reconnaissance que permet le travail, la perte d’un statut social. Une perte d’identité souvent accompagnée d’un sentiment de honte et de culpabilité. Pourtant, selon l’article 23 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage ». Il n’est pas normal que les jeunes du milieu ouvrier se sentent coupables de ne pas avoir d’emploi, alors que c’est la société qui ne répond pas aux droits des citoyens !

Forte de cette conviction, la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc) a voulu faire entendre la voix des jeunes privés d’emploi et des jeunes privés d’emploi digne. Lors de la campagne nationale « Dignes et travailleurs, notre défi pour demain », chaque jociste est parti à la rencontre d’autres jeunes, sur leurs lieux de vie et dans la rue, pour les inviter à répondre à une enquête réalisée conjointement avec l’Union nationale des missions locales et l’Union nationale pour l’habitat des jeunes. De septembre à décembre 2016, la parole de plus de 3600 jeunes de 13 à 30 ans a été recueillie.

Les jeunes se sont ensuite retrouvés au printemps 2017 lors du rassemblement national de la Joc : « Jeunes privé·e·s d’emploi digne : nous ne sommes rien ? Soyons tout ! ». Avec leurs vies, leurs cris, leurs rêves, ils ont construit ensemble des revendications afin d’améliorer leurs conditions de vie, avec le soutien de décideurs politiques, des associatifs et des syndicats dans leur mise en œuvre. Quarante doléances ont vu le jour pour que chacun et chacune accède à un emploi digne. Cinq grandes aspirations structurent leur cahier de doléances : mieux répartir le travail, repenser nos manières de

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