Logo du site

Le travail comme soin Changer de perspective

Séance de physiothérapie au centre hospitalier de la région d'Annecy (France) en 2009. © Copyright ILO/Marcel Crozet
Séance de physiothérapie au centre hospitalier de la région d'Annecy (France) en 2009. © Copyright ILO/Marcel Crozet

Envisager le travail comme un soin aux autres et à la planète : serait-ce une piste pour en faire un levier de la transition écologique et solidaire ? Entretien croisé entre un professionnel du soin et un spécialiste du management.


Penser le travail comme soin, n’est-ce pas aller à contre-courant de ce que l’on observe aujourd’hui ?

Marcel Jaeger – Il importe de distinguer le « care » et le « cure ». L’un des reproches adressés au travail social est de se focaliser sur les individus dans une approche curative, de réparation. Mais aujourd’hui, les travailleurs sociaux et les professionnels de santé raisonnent plutôt à partir de des termes « accompagnement » et « prévention ». Appliqué aux enjeux écologiques, l’accompagnement vise à guider les personnes vers une prise de conscience. Et la prévention permettra d’inscrire dans la durée les actions qui en découleront, liées à la qualité de l’alimentation, aux relations avec les autres, au cadre de vie, aux conditions de travail, de logement, à l’accès aux soins, à la vie culturelle…

Pierre-Yves Gomez – Le paradoxe est réel, avec d’une part un travail de plus en plus normalisé (avec des résultats chiffrés pour répondre aux attentes du marché) et, d’autre part, la demande d’une prise en compte individuelle des personnes au sein de l’entreprise. Depuis une dizaine d’années se développe une hyper-personnalisation de la relation au client : on ne vend plus simplement un objet ou un service mais une expérience à vivre. Et les salariés ont le même type d’exigence vis-à-vis de leur « expérience collaborateur ». Cet individualisme est très présent chez les jeunes générations, habituées à hypertrophier la dimension subjective de leur travail, à tenir compte de leurs émotions.

M. Jaeger – Ce qui rend le travail social et les actions de santé difficiles, c’est que l’on attend des professionnels qu’ils répondent au plus près aux besoins des personnes, tout en étant confrontés à des événements d’ordre climati

Cet article est réservé à nos abonné·e·s

vous pouvez l’acheter à l’unité pour 3€
Pour accéder à cet article :

Déjà abonné.e ?

M'identifier

La Revue Projet donne gratuitement accès aux articles de plus de 3 ans.

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules