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Le travail comme soin

Pierre-Yves Gomez et Marcel Jaeger
Acteur de terrain

Envisager le travail comme un soin aux autres et à la planète : serait-ce une piste pour en faire un levier de la transition écologique et solidaire ? Entretien croisé entre un professionnel du soin et un spécialiste du management. Envisager le travail comme un soin aux autres et à la planète serait ce une p...

L’inaccessible réalité du travail

Paul H. Dembinski et Hannah Soissons
Chercheurs

Les statistiques actuelles ne donnent qu’une vision tronquée du monde du travail : y intégrer l’informel et l’économie domestique permettrait de rendre justice à des formes de travail aujourd’hui invisibilisées. Les statistiques actuelles ne donnent qu'une vision tronquée du monde du t...

[VIDÉO] Conversation entre Vandana Shiva et Gaël Giraud

Gaël Giraud et Vandana Shiva
Chercheurs

Le travail est au cœur de toute vie humaine, il est l'un des constituants d'une vie bonne. Pourtant, ce même travail peut s'avérer destructeur pour la planète, le lien social et l'intégrité même de la personne qui le pratique. Que devons-nous changer pour construire un nouveau système où l...

Protéger notre maison commune

Emilce Cuda
Vu d'ailleurs

En Amérique latine, beaucoup de jeunes ne trouvent pas leur place sur le marché du travail ou rejoignent, faute de mieux, les réseaux criminels du narcotrafic. En Argentine, le programme « Protecteurs de la maison commune », inspiré par l’encyclique du pape François, leur montre qu’un a...

Société hyperindustrielle : où va le travail ?

Pierre Veltz
Chercheur

Financiarisation, mondialisation, connectivité… Autant de facteurs qui font que nous sommes aujourd’hui entrés dans une ère « hyperindustrielle », qui pose aujourd’hui la question de l’emploi et de l’adaptation à l’automatisation. Sept caractéristiques per...

La « double peine » des petits producteurs ruraux

Louise Roblin
L'équipe de rédaction

Partout, le travail des communautés rurales est affecté par le changement climatique. Souvent, un phénomène d’exclusion sociale s’ajoute à cette vulnérabilité. Mais des mouvements s’organisent pour rompre ce cercle vicieux, grâce notamment au levier de l’éducation...

Du coût du progrès technologique en agriculture

J. Andres F. Ignacio
Acteur de terrain

La pauvreté frappe les petits producteurs de maïs philippins. L’introduction des OGM a accru leur dépendance aux financeurs et entravé leur résilience aux catastrophes climatiques. On ne pourra guérir les blessures infligées à la société et aux sols qu’en sortant d&rsqu...

Plaidoyer pour un travail juste et solidaire

Louise Roblin
L'équipe de rédaction

Rêver collectivement le futur du travail comme partie intégrante de la transition écologique : depuis deux ans, un groupe international d’acteurs sociaux s’attelle à cette tâche. Le plaidoyer qui suit est inspiré du « Manifeste pour un travail décent et durable », qui regroupe l...

Le travail, un bien commun à protéger

Marcel Rémon
L'équipe de rédaction

Certains rêvent d'un monde où les robots et l'intelligence artificielle auraient mis fin au travail D'autres annoncent l'effondrement de nos sociétés productivistes sous la pression des changements climatiques et de l'épuisement des ressources D'après le Global footprint network il faudrait aujourd'hui 1 7 planète Terre pour subvenir à not...

Peut-on concilier capitalisme et écologie ?

Patrick Criqui
Chercheur

La montée de la crise climatique conduit à poser avec une intensité accrue la question de la compatibilité entre le régime économique aujourd'hui dominant au plan mondial et le maintien de conditions écologiques viables sur la planète Faut il une rupture avec le système Le système en question c'est bien le système capitaliste fondé sur...

L’ancrage territorial des entreprises, un levier durable

Swann Bommier et Mireille Viora
Acteur de terrain

Nombre de multinationales s’affranchissent aujourd’hui de leurs responsabilités locales ; or le territoire constitue une ressource et un levier pour penser des entreprises durables. Nombre de multinationales s'affranchissent aujourd'hui de leurs responsabilités locales or le territoire constitue une ressource et un levier pour...

Agroécologie : des Brésiliennes cultivent leur indépendance

Isabelle Hillenkamp
Chercheur

Au Brésil, des groupes de femmes s’approprient les techniques de l’agroécologie pour défendre leurs terres et devenir autonomes. Un travail indispensable à la transition écologique et solidaire. L’exemple de la municipalité de Barra do Turvo. Au Brésil des groupes de femmes s'approprient ...

Coiffeur dans son salon, à Kyoto (Jaon), 2011. © Copyright ILO/Marcel Crozet
Coiffeur dans son salon, à Kyoto (Jaon), 2011. © Copyright ILO/Marcel Crozet

Le travail, un bien commun à protéger


Certains rêvent d’un monde où les robots et l’intelligence artificielle auraient mis fin au travail. D’autres annoncent l’effondrement de nos sociétés productivistes, sous la pression des changements climatiques et de l’épuisement des ressources. D’après le Global footprint network, il faudrait aujourd’hui 1,7 planète Terre pour subvenir à notre mode de vie actuel. Des centaines de millions d’emplois dépendent fortement de l’environnement : en 2014, l’Organisation internationale du travail (OIT) parlait d’1,2 milliard d’emplois concernés, soit 40 % de l’emploi mondial. Dans une économie mondialisée, qui dépend fortement de la planète mais la détruit de plus en plus vite, penser le travail engage à penser notre rapport à la nature. Car défendre le travail – décent s’entend – et défendre la planète relèvent d’un même combat.

Défendre le travail – décent s’entend – et défendre la planète relèvent d’un même combat.

Depuis plusieurs années, le Centre de recherche et d’action sociales (Ceras) approfondit le lien entre transition écologique et justice sociale1. En mai 2019, à l’occasion du centenaire de l’OIT, il organise un colloque international à l’Unesco : « Quel travail pour une transition écologique solidaire ? », issu d’une recherche-action de deux ans2.

Ceux qui sont exclus du travail en témoignent : au-delà des revenus qu’on en tire, le travail est essentiel pour trouver sa place dans la société. « Je travaille, donc j’existe ? » (déc. 2017), premier volet du triptyque que la Revue Projet consacre au travail, soulignait cette centralité du travail dans nos vies. Comment, dès lors, repenser notre système pour que chacun y ait sa place, quand le plein-emploi n’est plus assuré ? « Ceci n’est pas un numéro sur la chaussure » (oct. 2018) analysait la question de la valeur : à quoi notre économie donne-t-elle de la valeur (à la marque ? à la matière première ? au travail humain ?), dans un contexte mondialisé où les chaînes de production s’allongent de plus en plus ? Ce troisième numéro interroge le travail dans un contexte de transition écologique.

Les travailleurs les plus vulnérables sont de véritables sentinelles de l’état de l’humanité et de la planète. Victimes d’une double peine sociale et écologique (cf. L. Roblin), ils vivent dans leur chair les souffrances de notre temps, à l’image des petits paysans philippins, pris en tenaille entre le marché mondial des matières premières et des événements climatiques extrêmes (cf. A. Ignacio). Ce n’est pas le mythe de la théorie du ruissellement qui devrait guider nos économies, mais plutôt le phénomène de la capillarité. À l’instar de la manière dont la sève alimente les arbres, notre système devrait se nourrir de ce qui vit dans ses racines. Ainsi, pour imaginer ce que doit être un travail digne de l’humanité et de la planète, ce numéro s’appuie sur des expériences concrètes de nos partenaires internationaux, aux Philippines, en Argentine (cf. E. Cuda) ou au Brésil (cf. I. Hillenkamp). Et les met en dialogue avec les réflexions des milieux universitaires, associatifs ou privés pour ouvrir quelques pistes permettant de penser un avenir désirable du travail, considéré comme bien commun à protéger.

Les travailleurs les plus vulnérables sont de véritables sentinelles de l’état de l’humanité et de la planète.

Il en ressort qu’un travail digne procure joie et fierté à son auteur et se met au service du bien commun de toutes les créatures (cf. L. Roblin). Cela nécessite du temps, de la peine et de la gratuité, à l’opposé d’une recherche insatiable de profit. Cela requiert un cadre juridique protecteur, des conventions collectives, un management participatif, une responsabilité sociale et environnementale tout au long de la chaîne de production, une reconnaissance pécuniaire juste permettant une vie familiale et sociale, un engagement collectif à protéger la planète et à respecter la temporalité de chaque écosystème. Dans cette relation de soin et d’unité avec tout ce qui existe, la sobriété jaillit d’elle-même et doit être considérée comme une vertu par tous les acteurs économiques. Car elle est indispensable pour permettre un travail digne de l’humanité et de la Terre.

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1 Le Ceras a organisé en 2013 un colloque sur le thème « Transition énergétique, un piège pour les pauvres ? », en 2017, un autre sur le thème « Inégalités, un défi écologique ? ».

2 Elle s’inscrit dans le projet « The futur of work, labour after Laudato si’ » qui vise à contribuer au centenaire de l’Organisation internationale du travail (OIT).


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