Logo du site

« Europe : revenir à la raison »

Romano Prodi
Responsable politique

Entretien – Pour l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, l’euroscepticisme est la preuve qu’il nous faut plus d’Europe. Il esquisse les paradoxes de l’Union et les défis qu’elle doit relever face à la montée des nationalismes. Entretien Pour l'ancien président de la Commission européenne Romano Prodi l'eur...

Aux urnes, citoyens européens !

Geneviève Colas
Acteur de terrain

Un climat de méfiance s'est installé chez les citoyens à l'égard des institutions européennes L'Union est perçue comme imposant des politiques exigeant des efforts des populations une image accentuée en période de tensions économiques et sociales Dès lors que la paix valeur fondatrice du processus d'intégration ne semble plus menacée l...

Pour une nouvelle épopée européenne

Pierre Calame et Patrick Lusson
Acteur de terrain

L’Europe ne nous fait plus rêver : il est temps de lui insuffler un deuxième souffle, d’oser inventer une Europe nouvelle, plus démocratique, plus responsable et plus respectueuse de l’environnement. De lui faire vivre, en somme, une nouvelle épopée. L'Europe ne nous fait plus rêver il est temps de lui insuffler un deuxième souffle d'o...

L’Europe et nous

ATD Quart Monde
Droit de cité

Les Universités populaires Quart Monde sont des lieux de réflexion où des personnes vivant dans la grande pauvreté s’entraînent à exprimer leur pensée en la confrontant, notamment, à celle de personnes qui n’ont pas vécu la pauvreté (les alliés). En novembre 2013, à Paris, le thème était l’Europe. Il a fallu apprivoiser le sujet...

Homo europaeus : existe-t-il une culture européenne ?

Julia Kristeva
Question de sens

L’Europe serait KO ? Au contraire : « Sans l’Europe, ce sera le chaos », selon la philosophe Julia Kristeva, qui voit dans la culture européenne bien des trésors : le doute, le dialogue entre les langues, le sens de la nation et de la liberté, la place des femmes, la sécularisation… L'Europe serait KO Au contraire Sans l'Europe ce sera ...

Le social, jambe atrophiée de l’Europe

Denis Clerc
Chercheur

L’Europe délaisse le social au profit de l’économique. L’économiste Denis Clerc revient sur la construction de l’Union pour examiner cette idée largement partagée aujourd’hui : le libéralisme l’emporte-t-il en tous points ? Que reste-t-il de social à l’Europe aujourd’hui ? L'Europe délaisse le social au profit de l'économiq...

Europe : reprendre en main notre destin

Bertrand Hériard Dubreuil et Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

Qui l'Europe actuelle fait elle encore rêver En son nom on démantèle l'État providence sur l'autel de la dette On prive d'horizon la moitié des jeunes de Grèce d'Espagne ou du Portugal On tient le registre macabre des corps en Méditerranée En son nom la Commission négocie un traité transatlantique qui s'il était adopté marquerait l'ét...

« Pensons une rupture pacifique et démocratique »

Teresa Forcades
Vu d'ailleurs

Intellectuelle de gauche, indépendantiste, révolutionnaire et anticapitaliste. C’est ainsi que la BBC a présenté Teresa Forcades, cette bénédictine catalane investie en Espagne dans le « Procés Constituent » qui vise un changement de modèle économique, institutionnel et politique. Elle ponctue régulièrement ses interventions de réf...

Démocratie, solidarité et crise européenne

Jürgen Habermas
Question de sens

Pour la Commission, la démocratisation de l’Union européenne est un horizon lointain. Mais comment contenir le néolibéralisme sans légitimation populaire ? Pour Jürgen Habermas, seule une Union politique, fondée sur la solidarité, permettra de sortir du piège technocratique. L’Allemagne en détient les clés. Comprendra-t-elle qu’il ...

Europe : le devoir d’être optimiste

Pat Cox
Responsable politique

L’Union européenne fut davantage consentie (pour échapper à la guerre) que voulue par les citoyens européens. Incapable de répondre au drame social en Europe du Sud, elle fait l’objet d’un rejet croissant. Mais la foi dans l’UE de l’ancien président du Parlement européen, le libéral irlandais Pat Cox, est intacte. Pourvu que la Fr...

Industrie européenne : l’heure des choix

Pierre Defraigne
Chercheur

Fonder la prospérité européenne sur les services est un leurre. Mais face à la désindustrialisation, l’UE réagit de façon désordonnée, avec des moyens dérisoires. Elle met ses États membres en compétition, au lieu d’investir dans l’intégration de ses grands groupes industriels et dans la promotion des PME à travers un appui mass...

« L’Europe actuelle ne fait pas davantage rêver que la Chine »

James Galbraith
Chercheur

Entretien - En privilégiant les droits des banques et des multinationales sur ceux des citoyens, les dirigeants renoncent aux valeurs de l’Europe. Et font le lit de l’extrême droite. L’économiste américain James Galbraith défend la possibilité d’une véritable alternance, propositions à l’appui. Entretien En privilégiant les droit...

L’Europe otage de la finance ?

Pierre de Lauzun et Thierry Philipponnat
Acteur de terrain

Entretien – La crise financière a plongé l’Europe dans le marasme. Comment protéger l’économie (et l’argent public) des dérives de la finance ? Comment s’assurer de l’utilité des banques pour la société ? Pour en débattre, deux personnalités que tout oppose. Et pourtant… Entretien La crise financière a plongé l'Europe dans...

Europe : le défi climatique pour horizon

Jean-Charles Hourcade
Chercheur

Le climat est l’affaire de tous. Mais les pays en développement attendent un signal fort des pays du Nord. L’Europe en a les moyens. Elle y a intérêt et doit avoir la lucidité de réformer son système financier pour promouvoir des investissements bas carbone. Le climat est l'affaire de tous Mais les pays en développement attendent un sign...

Dossier : Comment se réapproprier l’Europe ?
Euromaidan-Paris©Artem Kononenko/Wikipedia/CC
Euromaidan-Paris©Artem Kononenko/Wikipedia/CC

Europe : reprendre en main notre destin


Qui l’Europe actuelle fait-elle encore rêver ? En son nom, on démantèle l’État-providence sur l’autel de la dette. On prive d’horizon la moitié des jeunes de Grèce, d’Espagne ou du Portugal. On tient le registre macabre des corps en Méditerranée. En son nom, la Commission négocie un traité transatlantique qui, s’il était adopté, marquerait l’étape ultime de capture de nos souverainetés par des intérêts privés. Devant ce sombre tableau, la tentation majoritaire est à la résignation ou au repli. Que le Parlement européen concentre plus de pouvoirs n’empêchera pas l’abstention de progresser aux prochaines élections. Comme si les politiques menées nous échappaient. Comme si elles avaient quelque chose d’inéluctable. Prime, alors, à celles et ceux qui, aux extrêmes, désignent des cibles faciles à la vindicte.

Certes, le cri venu de la place Maïdan rappelle la force de l’idéal démocratique qu’incarne, aux yeux des manifestants de Kiev, l’Union européenne (cf. P. Cox). Il ravive aussi l’idée d’une culture commune aux peuples d’Europe (cf. J. Kristeva). Mais, en son sein, être pour ou contre n’a guère de sens : l’Union européenne est déjà là (comme le souligne l’excellent éditorial du numéro de janvier 2014 de Vacarme : « Repolitisons les politiques européennes »). Décider ce que nous en faisons est la seule question qui vaille. Sans céder au fatalisme. Car sans alternance, il n’est point de démocratie (cf. J. Galbraith). Non, nous ne sommes pas esclaves de la dette. La zone euro a renoncé à battre monnaie, poussant les États à devenir locataires de l’argent des banques. Mais cette situation est-elle gravée dans le marbre, alors qu’elle n’a pas trente ans ? Non, la mondialisation n’est pas davantage ce mouvement inexorable qui conduirait nos sociétés à toujours s’adapter à la concurrence planétaire. Certes, l’extraordinaire mobilité des capitaux, des biens et des services place ses bénéficiaires en position de force quand les États ne légifèrent qu’à l’échelle d’un territoire. Mis en concurrence, ils n’hésitent pas à pratiquer un dumping social (cf. D. Clerc) et fiscal au sein même de l’UE. Mais c’est bien l’Europe qui a promu cette libéralisation sans contrepartie. Ne peut-elle faire le mouvement inverse, réinvestir son industrie (cf. P. Defraigne) et opposer aux capitaux vagabonds un socle social et fiscal harmonisé ? Remettre la finance à sa place (cf. P. de Lauzun et T. Philipponnat) et réorienter l’épargne pour faire face au défi climatique (cf. J.-C. Hourcade) ?

« On n’y peut rien, c’est Bruxelles »… Ne nous y trompons pas ! L’UE ne forme pas un tout, elle repose sur un trépied. Le Conseil européen rassemble les États membres. La Commission (35 000 fonctionnaires seulement) est censée insuffler l’esprit communautaire. Le Parlement prend désormais l’initiative de certains textes et les adopte tous (codécision ou simple droit de veto). Mais, dans cette trinité-là, ce sont bien les 28 États qui patronnent l’Union ! Autrement dit, l’Europe est entre nos mains. Se la réapproprier suppose que nos États s’y investissent. Et y investissent, pour que la solidarité européenne (cf. J. Habermas) ne reste pas un vain mot : difficile de mener des politiques communes avec un budget aussi dérisoire (1 % du Pib)… Or, réunies, la France et l’Allemagne comptent pour 50 % du Pib de la zone euro.

La construction européenne a partie liée avec l’engagement des chrétiens. Mais de la pensée sociale de l’Église, les artisans des évolutions récentes ont fait une application sélective. Là où le principe de subsidiarité invite à interroger en permanence le niveau de prise de décision pertinent, ils ont voulu voir la consécration du tout-marché, au détriment de la solidarité. Omettant d’autres principes tout aussi essentiels : le bien commun, l’option prioritaire pour les pauvres, la destination universelle des biens. Ou encore, « permettre à tous les peuples de devenir eux-mêmes les artisans de leur destin » (Populorum progressio, 65), selon l’horizon dessiné par Paul VI aux pays en développement.

À lire dans la question en débat
« Comment se réapproprier l’Europe ? »

Du même auteur

Le choix de l’hospitalité

Bertrand Hériard Dubreuil et Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

Que l'hypothèse d'une victoire de Marine Le Pen à l'élection présidentielle ne puisse plus être écartée avec certitude en dit long sur le raidissement de la société française Dans un tel contexte le risque est grand que l'accueil des étrangers ne devienne toujours davantage un tabou Comme si pour paraître responsable il fallait donner des gages sur la fermeture de nos frontières rivaliser dans les obstacles mis sur la route de l'exil Laisser mourir en mer ou dans nos rues pour ne p...

Affronter les questions ultimes

Bertrand Hériard Dubreuil
Question de sens

La crise écologique questionne, de manière fondamentale, le destin de l’humanité sur la planète terre. Elle invite à relire les textes fondateurs de la tradition judéo-chrétienne qui sont déjà au cœur des débats contemporains. La crise écologique questionne de manière fondamentale le destin de l'humanité sur la planète terre Elle invite à relire les textes fondateurs de la tradition judéo chrétienne qui sont déjà au cœur des débats contemporains Crise catastrophe effondre...

L’enseignement catholique au défi de la fracture scolaire

Bertrand Hériard Dubreuil
L'équipe de rédaction

Qui doit s'occuper des 122 000 jeunes qui sortent chaque année de l'école sans aucun diplôme ou avec seulement le brevet des collèges Le mal est profond le taux de décrochage voire de phobie scolaire augmente tous les ans Et les conséquences sont graves Dans une société où s'installe le chômage de masse ces jeunes sont voués aux petits boulots à tenir les murs dans les cités à toutes sortes de dérives Lors de la dernière convention de l'enseignement catholique Claude Thélot a f...

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules