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Relégués à la périphérie de Manille

ATD Quart Monde Philippines
Droit de cité

Depuis de nombreuses années à Manille capitale des Philippines des logements de fortune sont détruits pour réaliser des projets de développement ou simplement parce que le propriétaire du terrain exige que les habitants déguerpissent En 2012 le gouvernement reconnaissait que les familles devraient être relogées et autant que possible à p...

Surdéveloppement : qu’en dit l’Église catholique ?

Jean-Paul II
Question de sens

Extraits de « Sollicitudo rei socialis » (28), encyclique de Jean-Paul II de 1987. Extraits de Sollicitudo rei socialis 28 encyclique de Jean Paul II de 1987 On comprend mieux aujourd'hui que la pure accumulation de biens et de services même en faveur du plus grand nombre ne suffit pas pour réaliser le bonheur humain Et par suite la disponibili...

Pauvreté : qui sont les vrais experts ?

Xavier Godinot
Droit de cité

Les politiques de lutte contre la pauvreté, pensées sans les pauvres, se retournent trop souvent contre eux. Fort de ce constat et de sa pédagogie, le Mouvement ATD Quart Monde a voulu imaginer l’après 2015 à partir du savoir, unique, des exclus. Les politiques de lutte contre la pauvreté pensées sans les pauvres se retournent trop souvent...

L’éminente responsabilité des pays « développés »

Christian Comeliau
Chercheur

« Quels objectifs de développement fixeriez-vous après 2015 ? » Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre… Christian Comeliau, économiste du développement, s’est prêté au jeu. Quels objectifs de développement fixeriez vous après 2015 Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pou...

Défendre les petits agriculteurs

Ndiakhate Fall
Droit de cité

« Quels objectifs de développement fixeriez-vous après 2015 ? » Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre… Ndiakhate Fall, paysan sénégalais, s’est prêté au jeu. Quels objectifs de développement fixeriez vous après 2015 Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre ...

Quel développement sans État ? Le cas d’Haïti

Alice Corbet, Pierre Duquesne et Jacqueline Plaisir
Vu d'ailleurs

Table ronde – Nul pays n’est davantage qu’Haïti l’objet de la compassion et de l’aide internationale. Pourtant la population lutte pour survivre. À qui la faute ? À l’État, aux ONG, aux puissances étrangères, aux multinationales, aux élites locales ? Débat entre le coordonnateur de l’aide française, une anthropologue et une v...

(Re)donner à chacun une existence

Pierre-Marie Espagnet
Vu d'ailleurs

« Quels objectifs de développement fixeriez-vous après 2015 ? » Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre… Pierre-Marie Espagnet, volontaire pour la Délégation catholique pour la coopération au Maroc, s’est prêté au jeu. Quels objectifs de développement fixeriez vous après 2015 Et si vous aviez ci...

Concurrence ou droits humains : il faut choisir !

Jean Fabre
Acteur de terrain

Quelles sont les valeurs de la communauté internationale : l’égale dignité de chacun, qui est à son fondement, ou la loi du marché ? Pour Jean Fabre, l’ancien numéro 2 du Programme des nations unies pour le développement, les deux ne sont pas compatibles. À l’heure où il nous faut gérer le monde ensemble, il y a urgence à construir...

Tourner le secteur privé vers l’intérêt général

Nathalie Péré-Marzano
Acteur de terrain

« Quels objectifs de développement fixeriez-vous après 2015 ? ». Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre… Nathalie Péré-Marzano s’est prêtée au jeu tandis qu'elle était encore déléguée générale du Crid et coordinatrice de l’Action mondiale contre la pauvreté-France. Quels objectifs de dév...

Les défis de l’aide publique au développement

Michel Griffon
Chercheur

Fondée sur une idéologie du rattrapage, l’aide publique au développement (APD) a largement échoué. La réduction de la pauvreté résulte d’abord de la mondialisation des échanges. Mais bien d’autres défis (emploi, migrations, climat…) attendent l’APD. Fondée sur une idéologie du rattrapage l'aide publique au développement APD a...

Prendre les plus délaissés comme partenaires

Isabelle Pypaert Perrin
Droit de cité

« Quels objectifs de développement fixeriez-vous après 2015 ? ». Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre… Isabelle Pypaert Perrin, déléguée générale du Mouvement international ATD Quart Monde, s’est prêtée au jeu. Quels objectifs de développement fixeriez vous après 2015 Et si vous aviez cinq ...

Dénucléariser Israël

Michel Warschawski
Vu d'ailleurs

« Quels objectifs de développement fixeriez-vous après 2015 ? » Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre… Michel Warschawski, journaliste et militant pacifiste israélien, s’est prêté au jeu. Quels objectifs de développement fixeriez vous après 2015 Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Na...

Développement : que peut-on attendre de 2015 ?

Mathilde Bouyé et Jean-Michel Severino
Chercheurs

Pour la première fois, l’agenda du développement pourrait intégrer enjeux économiques, sociaux et environnementaux et être véritablement universel : applicable à tous les pays, développés et en développement. Un accord à la hauteur des enjeux suppose une mobilisation politique sans précédent. Pour la première fois l'agenda du dével...

Cameroun, à qui profite l’huile de palme ?

Samuel Nguiffo
Vu d'ailleurs

Par sa situation dans la ceinture africaine du palmier à huile une bande de terres allant du Liberia à l'Éthiopie le Cameroun est devenu depuis 2009 une destination privilégiée pour les investisseurs du secteur Depuis la privatisation de la Société camerounaise de palmeraies Socapalm en 2000 le groupe français Bolloré en est le premier ac...

Un revenu minimum pour éradiquer la misère

Judith Randel
Vu d'ailleurs

« Quels objectifs de développement fixeriez-vous après 2015 ? » Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre… La britannique Judith Randel, directrice de l’ONG Development Initiatives, s’est prêtée au jeu. Quels objectifs de développement fixeriez vous après 2015 Et si vous aviez cinq minutes à la tr...

Emploi, alimentation : quand les Indiens font valoir leurs droits

Reetika Khera
Chercheur

Entretien – L’Inde a deux visages : celui d’un futur géant économique, celui de ses enfants dont 5% meurent avant l’âge de 5 ans. C’est aussi une démocratie où les citoyens veulent, non pas « réduire la pauvreté » avec l’Onu, mais faire valoir des droits. Avec des succès importants : une loi pour le droit à l’alimentation, ...

Financer l’après-2015 par une fiscalité juste

Dereje Alemayehu
Vu d'ailleurs

« Quels objectifs de développement fixeriez-vous après 2015 ? ». Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre… L’Éthiopien Dereje Alemayehu, président d’un réseau international pour la justice fiscale, s’est plié au jeu. Quels objectifs de développement fixeriez vous après 2015 Et si vous aviez ci...

Le point sur les OMD

Aurore Chaillou
Pour en savoir plus

« Que la mondialisation devienne une force positive pour l’humanité tout entière. » Forts de cette ambition, les États membres des Nations unies ont défini en 2000 huit « Objectifs du millénaire pour le développement » (OMD) à atteindre d’ici fin 2015. Où en sommes-nous ? Que la mondialisation devienne une force positive pour l'huma...

2015, année charnière

Jean Merckaert
L'équipe de rédaction

L'année 2015 sonnera l'heure du bilan des Objectifs du millénaire pour le développement OMD La communauté internationale aura quelque raison de se féliciter Elle avait promis en 2000 de réduire de moitié la part de la population en situation de grande pauvreté moins de 1 25 dollar par jour Promesse tenue Dans les pays en développement le ...

Inde : remettre la croissance à sa place

Jean Drèze et Amartya Sen
Chercheurs

Pourquoi l’Inde, malgré une croissance vertigineuse, se classe-t-elle derrière le Bangladesh ou le Népal en termes de développement humain ? La réponse de Jean Drèze et Amartya Sen est limpide : le développement est aussi affaire de répartition des richesses, de politiques sociales et de démocratie. Pourquoi l'Inde malgré une croissance...

Terres accaparées en Inde

Hortense Landowski
L'équipe de rédaction

En 2005 la société sud coréenne Posco numéro quatre mondial de la sidérurgie signe un protocole d'accord avec le gouvernement de l'État indien d'Odisha pour l'installation d'un complexe industriel un site pour l'exploitation minière et un port commercial sur la côte Jamais l'Inde n'avait accueilli un aussi grand investissement direct étra...

Jusqu’où confier le développement aux entreprises ?

Henry de Cazotte et Cécile Renouard
Acteur de terrain

Entretiens croisés – La tendance est à faire de l’aide publique un levier pour favoriser l’investissement privé dans les pays en développement. Et pour en assurer les « performances sociales et environnementales ». Avec quels résultats ? Quelle conception de l’entreprise ? Des questions qui méritent débat. Entretiens croisés La te...

« Notre défi : inventer un développement social et soutenable »

Pascal Canfin
Responsable politique

Entretien - En 2015, environnement et réduction de la pauvreté feront l’objet d’une seule et même négociation internationale. Quels enjeux ? Quelles priorités pour la France ? Quelle incidence pour sa politique de développement ? Pascal Canfin, ministre délégué au Déve...

Dossier : Quels objectifs pour le développement ?
Un groupe de femmes suit les observations de démarcation des terres dans l'État d'Odisha, en Inde ©IFPRI-IMAGES/Flickr/CC
Un groupe de femmes suit les observations de démarcation des terres dans l'État d'Odisha, en Inde ©IFPRI-IMAGES/Flickr/CC

Terres accaparées en Inde


En 2005, la société sud-coréenne Posco, numéro quatre mondial de la sidérurgie, signe un protocole d’accord avec le gouvernement de l’État indien d’Odisha pour l’installation d’un complexe industriel : un site pour l’exploitation minière et un port commercial sur la côte. Jamais l’Inde n’avait accueilli un aussi grand investissement direct étranger1. Le gouvernement de l’Odisha y voit un vaste gisement d’emplois, l’occasion d’un développement technologique et de croissance dans la région. En 2006, il crée une zone économique spéciale pour les investissements financiers dans le complexe sidérurgique.

La population résiste

Pourtant, le programme rencontre de très fortes résistances. Pourquoi ? Le porte-parole du mouvement anti-Posco, Sandeep K. Pattnaik, rappelle que l’État d’Odisha est prospère et que les paysans y vivent dans la dignité. Et il souligne le paradoxe : l’installation suppose l’acquisition de 1 600 hectares de terres par le gouvernement, dont 1 200 ha de forêts, 55 000 villageois (4 000 familles) seront touchés, dont 22 000 devraient être déplacés2. Posco promet des indemnités, mais ce que veut avant tout la population, c’est garder les terres dont elle est propriétaire : 80 % des ménages ruraux de la région vivent de l’agriculture et de l’élevage. Par ailleurs, un port existe déjà à 12 km : pourquoi en construire un autre ? Les travaux détruisent les exploitations de vignes de bétel et des centaines d’arbres qui sont des barrières naturelles contre les cyclones ; ils accaparent les ressources naturelles – en eau douce notamment – aux dépens de l’agriculture et mettent plus de 100 000 tortues en danger. Certes, le projet promet la création de 18 000 emplois, mais la population n’a pas les compétences requises. Elle devra accepter les postes les plus durs.

Répression militaire

Dès 2007, le gouvernement local entreprend des interventions et a recours à la force pour se saisir des terres des familles. Mais en 2010, la situation s’envenime : les autorités ne respectent pas la loi sur les forêts de 20063, qui donne des droits à la population sur les terres forestières. Une résistance locale pacifique s’organise autour du collectif PPSS4. Chaque année, le 22 juin, habitants et manifestants célèbrent le « Black Day – Anti Posco ». Après une année 2012 plutôt calme, les violences reprennent en 2013. Les résistants qui se heurtent à une répression militaire doivent répondre de fausses accusations : 250 plaintes ont été déposées et un leader du mouvement, Abhaya Sahoo, est à nouveau détenu pendant plusieurs mois (après des séjours en prison en 2009 et 2011). La police cherche à intimider la population. Trois militants meurent en mars 2013 à la suite d’une attaque à la bombe, dont l’origine demeure inconnue…

Le gouvernement local a recours à la force pour se saisir des terres des familles.

Mais le soutien de la société civile au mouvement anti-Posco s’intensifie. Des comités nationaux (Saxena et Gupta), chargés en 2010 par le gouvernement d’examiner le projet, expriment plusieurs réserves quant à la légalité des procédures foncières. Car le protocole d’accord signé en 2005 arrive à son terme (la durée était de cinq ans), ainsi que l’autorisation (accordée par le ministre de l’Environnement) de constituer une zone franche. En janvier 2011, le National Green Tribunal a suspendu cette autorisation et imposé la révision à la baisse des prévisions de production annuelle et la réduction des impacts environnementaux. Comptant mener l’opération à son terme, le gouvernement de l’État d’Odisha fait pourtant la sourde oreille : officiellement, l’opération foncière s’effectue avec le consentement des villageois…

Même si le conflit reste peu relayé par les médias internationaux, les plaintes se multiplient. La Commission nationale des droits de l’homme a été saisie pour statuer sur les violences policières. Une autre plainte a été déposée auprès de l’OCDE par trois associations (indienne, sud-coréenne et norvégienne), accusant Posco de violer les droits de l’homme. Une solidarité internationale émerge. En France, le mouvement est relayé par les associations Peuples Solidaires-ActionAid France, Solidarite et Adivasi5, signataires d’une pétition contre le projet. Et les habitants, qui n’ont été ni consultés ni même informés du projet en 2005, continuent de mener une lutte pacifique contre le gouvernement et l’entreprise. Aucune des parties ne veut lâcher : d’un côté la course au profit, de l’autre la fierté d’être propriétaire de ses terres et le respect des droits.



1 8,61 milliards d’euros.

2 D’après les estimations de Posco, le projet ne touche que 470 familles. L’entreprise ne prend en compte que les propriétaires de terres privées et non ceux qui dépendent des terres forestières.

3 « Forest Right Act » : pour avoir des droits, il faut remplir trois conditions : vivre sur la terre depuis trois générations ou soixante-quinze ans, dépendre des produits de la forêt, y vivre avant le 31 décembre 2005. D’après les estimations, toutes les personnes concernées remplissent les conditions et sont donc propriétaires.

4 Posco Pratirodh Sangram Samiti, collectif créé dès 2005.

5 Association pour la diversité active et la solidarité internationale.


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