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Vérité assiégée Rationalité à défendre

Marche pour le climat à Washington DC, 2017 © Dcpeopleandeventsof2017
Marche pour le climat à Washington DC, 2017 © Dcpeopleandeventsof2017

Mensonges d’État, complotismes numériques, dérision du savoir : face à la défiance organisée, il importe plus que jamais de défendre la rationalité scientifique, rempart démocratique majeur contre les dérives autoritaires.


Résister à l’offensive réactionnaire requiert une défense de la rationalité, une éducation aux sciences exactes et aux sciences sociales, la reconnaissance du caractère universel de l’esprit scientifique. Depuis deux décennies, la numérisation du monde engendre une révolution qui atteint les fondements de la vie sociale, de la transmission culturelle et de l’institution politique.

Nous vivons dans l’univers qu’imaginait Orwell dans 1984, où le faux et le vrai sont interchangeables. Désormais, puisque l’indifférence à la vérité se déploie jusque dans les propos des plus hautes autorités, l’exigence scientifique devient un engagement démocratique. Elle suppose que l’on accorde le plus haut prix à la véracité et à la vérité, sur la base d’une pensée rationnelle qui vise à l’universel.

Sans doute, les faussaires, les menteurs et les propagandistes ont-ils toujours existé. Qu’il s’agisse de fabriquer de faux journaux intimes de Hitler, de sculpter de faux sièges de Marie-Antoinette ou de se forger une identité et une allure d’emprunt : toutes ces opérations réclament du temps et du savoir-faire. L’intelligence artificielle générative permet désormais à quiconque, dépourvu du moindre talent, de créer un faux en un claquement de doigts. Créer des mondes parallèles, détachés de toute relation à la vérité, est devenu au sens propre un jeu d’enfants.

Les démocraties elles-mêmes ont abusé des mensonges d’État.

Internet ne ment pas plus sur la réalité du monde que les idéologues antidémocrates du XXe siècle. Les démocraties elles-mêmes ont abusé des mensonges d’État. L’historien Marc Bloch avait fait des « bobards » qui circulaient pendant la Grande Guerre le cœur d’une inquiétude et le moteur de son œuvre. Dans son examen des Pentagone papers, qui révélaient en 1971 l’a

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