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De longue date une terre de refuge, le Pays basque forme un creuset de résistance aux politiques migratoires en vigueur. La récente campagne « J’accuse » en porte témoignage.
Même si, historiquement, le Pays basque a toujours été une terre d’accueil, il est devenu, depuis 2018, une zone de transit ou de passage pour des milliers de personnes migrantes. Que ce soit en Pays basque Sud ou Nord, de nombreuses personnes se sont donc organisées pour essayer d’apporter le maximum d’informations et un peu d’aide et de réconfort aux personnes migrantes en quête d’un avenir meilleur.
En parallèle, en Iparralde (Pays basque Nord), l’État français, lui, a fermé ses frontières, puis renforcé ses contrôles racistes en déployant des policiers, gendarmes, mais aussi des patrouilles militaires devant les gares, les différents arrêts de bus entre Hendaye et Bayonne ou encore dans les montagnes. L’État français a, tour à tour, invoqué l’épidémie de Covid-19, puis le « risque terroriste » ou encore la Coupe du monde de rugby pour justifier ces fermetures de frontières et ces contrôles.
Tous ces dispositifs ont eu pour conséquence la mort d’au moins neuf personnes en Pays basque au cours de leur parcours migratoire : trois ont été écrasées par un train à Ciboure le 12 octobre 2021, cinq se sont noyées dans la Bidassoa, et une autre, face à l’épuisement du voyage et aux divers refoulements de la police française, s’est suicidée de désespoir à Irun.
Nous avons symboliquement retiré les grilles qui barraient le pont piéton Avenida, entre Irun et Hendaye.
Des milliers d’autres sont morts en Méditerranée ou sur la route de l’Atlantique. Tous ces morts autour de la Bidassoa ont choqué. Face à cela, de nombreuses personnes ont donc fait le choix de venir en aide aux personnes migrantes en sécurisant leur parcours jusqu’à Bayonne.
Ainsi, le 1er novembre 2022, plusieurs organisations associatives, syndicales et politiques du Pays basque Nord et Sud ont organisé une première action de désobéi
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