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La pression de l’extrême droite sur l’actualité compromet comme jamais la qualité et le pluralisme de l’information. Quelques pistes permettraient pourtant de contrer la « bollorisation » des médias.
La concentration des médias et l’emprise financière à leur endroit ne sont pas des phénomènes nouveaux. En quoi la donne a-t-elle changé ?
Vincent Edin – La concentration est beaucoup plus forte et prend une ampleur jamais vue. Tout média à vendre, ou presque, est racheté par un milliardaire.
L’Opinion appartenait à Nicolas Beytout qui l’a cédé à Bernard Arnault. Brut appartenait à trois producteurs plutôt aisés qui l’ont vendu à Rodolphe Saadé. Le Parisien appartient déjà à Bernard Arnault, qui pour l’instant refuse de le vendre [le groupe LVMH a promis une recapitalisation du titre - ndlr], mais pourrait passer dans l’escarcelle de Vincent Bolloré, qui a acheté tout ce que lui permettait la loi sur la communication1 de 1986, permettant de détenir un seul quotidien.
C’est pour cette raison qu’il jette à présent son dévolu sur Le Parisien. Il est même allé plus loin que le seuil légal puisque la Commission européenne l’a contraint à céder la moitié de ses titres dans l’édition au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky2.
Tout le monde s’aligne sur les médias Bolloré, tétanisé à l’idée de se couper d’une attente, fantasmée, du public.
Toute la chaîne de valeur de l’information est menacée car non seulement les oligarques acquièrent des médias classiques, mais ils s’offrent aussi leurs think tanks, leurs instituts de sondage, des maisons d’édition jusqu’à la distribution, et même des écoles de journalisme.
À quel point cette emprise justifie-t-elle de « sauver l’information », selon le titre de votre ouvrage coécrit avec Olivier Legrain ?
Depuis pl
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