Une revue bimestrielle, exigeante et accessible, au croisement entre le monde de la recherche et les associations de terrain.
À la pointe du combat contre les fausses informations, l’autrice de Résister nous invite à regarder au-delà de nous-mêmes pour nous mettre en mouvement. Et nous rappelle que résister est aussi source de joie.
Retrouvez cette discussion en podcast.
Vous avez préfacé Indignez-vous de Stéphane Hessel pour une nouvelle édition. Qu’est-ce qui vous a marqué dans son propos ?
Salomé Saqué – C’est un texte que j’ai lu adolescente, juste après la crise de 2008. On se rendait compte que les coupables n’allaient pas être punis et que ceux qui allaient en payer le prix fort étaient les plus démunis et les classes moyennes.
Stéphane Hessel était un diplomate, un homme reconnu et un immense résistant, qui nous disait, si je résume sa démarche : « Vous avez le droit, voire le devoir, de vous indigner ; et vous avez le droit de vous révolter face à cette situation. » Ces mots ont donné une légitimité à nos colères adolescentes.
Cet essai était précurseur. Publié en 2010, il pointe les grands maux de ce début de siècle : les inégalités, la concentration des richesses, l’irruption de la désinformation. Et il parle déjà de Gaza, de la Palestine, qui n’avait pas à cette époque la place qu’elle tient aujourd’hui dans l’actualité.
En tant que journaliste économique, le sujet que je connais mieux est celui des inégalités. Hessel écrit cette phrase : « L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important. » En France, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes a été multiplié par près de dix en vingt ans, alors que le nombre de personnes sans domicile fixe a doublé en dix ans. Il y en a 350 000 en France.
La montée de l’extrême droite relève-
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