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Dossier : Journalisme. Zone démocratique à défendre

Grève du JDD « Une demande démocratique s’est exprimée »

Pict Rider/iStock
Pict Rider/iStock

Juin 2023. Alors que s’engage le rachat du Journal du dimanche par le groupe Bolloré, le journaliste d’extrême droite Geoffroy Lejeune est annoncé à la tête de la rédaction. Débute alors une grève historique, au large retentissement. Antoine Malo, ancien du journal, revient sur cet épisode.


« Pendant les deux ou trois premiers jours de la grève, j’ai cru, avec d’autres, qu’une victoire était possible. L’élan de solidarité pouvait, sur le moment, laisser penser que le groupe Lagardère céderait sur la nomination de Geoffroy Lejeune [ancien directeur de l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs Actuelles – ndlr] à la tête du journal. Ses dirigeants n’avaient, en réalité, aucune intention d’y renoncer et nous l’ont fait comprendre assez rapidement.

C’est sur la foi d’un article du Monde1 annonçant cette nomination que la grève a été déclenchée. La direction ne nous a pas confirmé la nouvelle tout de suite. Il y a eu une espèce de sursaut collectif pour dire : “Non, il ne nous est pas possible de travailler avec cet homme.” C’est dans cet esprit que le mouvement s’est poursuivi, malgré la perspective d’une défaite. Nous nous sentions, en outre, redevables vis-à-vis de celles et ceux qui nous soutenaient.

Nous étions, par ailleurs, bien conscients du caractère inévitable de la prise de contrôle du JDD (et de Lagardère News) par le groupe Bolloré. La Commission européenne avait avalisé cette offre publique d’achat (OPA) dans son principe quinze jours avant le début du mouvement. Cet aspect dépassait donc la rédaction.

Notre seule revendication – empêcher la nomination de Geoffroy Lejeune – n’ayant pas abouti, il a fallu négocier au mieux pour ceux qui ont décidé de quitter le journal comme pour ceux qui ont souhaité y rester. Au final, les départs ont concerné 95 % des effectifs, permanents et pigistes, ce qui est du rarement vu et qui souligne bien la sincérité de la grève, menée dans le calme et sans débordements.

Notre objectif, c’est que la protection de l’indépendance des rédactions passe par la loi.

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