Logo du site

Maires Courage

Éric Kerrouche
Chercheur

À force de se focaliser sur les couleurs des mairies, on a tendance à oublier les hommes et les femmes qui s’engagent dans la vie municipale. Les conditions actuelles d’exercice des mandats locaux laissent pourtant à désirer. Il est temps de mettre en place de nouvelles règles statutaires pour revivifi...

Le garant de la fraternité

Véronique Fayet
Acteur de terrain

Nombre de questions sociales ne relèvent plus de l’échelon municipal. Les départements auraient-ils siphonné le pouvoir du maire ? Non. Car en tant qu’acteur local de référence, ce dernier doit veiller à ce que chaque citoyen accède à ses droits. Nombre de questions s...

Jouy-en-Josas. Récit édifiant d’un projet furtif

Pierre Narring
Responsable politique

Une municipalité favorable, des opérations d’insertion réussies, des locaux vacants : tous les éléments étaient réunis pour que s’implante un centre de formation pour réfugiés. Pourtant, ce projet a été abandonné… Une municipalite favorable...

Opaques métropoles

Gilles Pinson
Chercheur

La création de métropoles avait, à l’origine, pour objectif de réduire les inégalités entre les territoires. Mais, en matière de démocratie, la gouvernance de ces ensembles de plus de 400 000 habitants est pour le moins opaque. Comment les rapprocher des citoyens ? Entretie...

Le « blues des maires » : la faute de l’interco ?

David Guéranger
Chercheur

L’intercommunalité suscite de nombreux débats parmi les maires de France. Entretien avec David Guéranger, sociologue. L'intercommunalite suscite de nombreux debats parmi les maires de France Entretien avec David Gueranger sociologue Que pensent les maires de l'elaboration et du fonctionnement des intercommunalites On obse...

L’intercommunalité, l’autre enjeu des municipales

Apolline Prêtre
Acteur de terrain

Peu de citoyens savent que, lors des élections dites « municipales », ils élisent aussi les conseillers communautaires, qui siégeront à l’intercommunalité. Un paradoxe et un risque démocratique au regard de la place de premier plan qu’occupe aujourd’hui cet échelon d...

Saillans, les habitants au pouvoir

Lucile Leclair
Journaliste

À cinquante kilomètres au sud-est de Valence, les Saillansons expérimentent la démocratie directe : depuis les dernières élections municipales, un quart d’entre eux a participé aux décisions. Mais prendre le pouvoir et renverser les habitudes ne s’est pas fait en un jour. A ...

Des ronds-points à la mairie

Laurent Jeanpierre
Chercheur

Démocratisation radicale et relocalisation de la politique : à l’approche des élections municipales de 2020, ces aspirations du mouvement des « gilets jaunes » vont-elles s’incarner et se structurer dans la durée ? Democratisation radicale et relocalisation de la politique a l'...

La révolution municipale

Damien de Blic
Chercheur

En 1790 sont organisées les premières élections municipales françaises. Cet échelon devient décisif pour l’« apprentissage de la démocratie » : c’est historiquement à ce niveau que s’imposent progressivement les idées républicaines. En 179...

Raclette et politique

Vianney Louvet
Acteur de terrain

Tout a commencé au cours d’une soirée raclette. C’est à force de refaire le monde entre amis qu’est née l’association Tous Élus. Le but ? Être un tremplin pour tous ceux qui souhaitent s’engager dans les municipales. Tout a commence au cours d'une soiree raclette C'est a ...

Être maire, « la plus compliquée et la plus belle des fonctions »

Damien Carême
Responsable politique

Longtemps maire de Grande-Synthe (Hauts-de-France), Damien Carême est aujourd’hui député européen. Évoquer ce changement d’échelle, c’est interroger la capacité d’agir de nos élus et parler du vrai pouvoir des maires… Longtemps maire de Grande Synthe Hauts de Fran...

Municipales, la bonne échelle ?

Benoît Guillou
L'équipe de rédaction

Les maires demeurent les representants politiques les plus apprecies des Francais Le niveau de confiance a leur egard reste le plus eleve 71 bien avant tous les autres elus locaux ou nationaux Les raisons de ce plebiscite tiennent a un ensemble d'elements alliant proximite et exemplarite Quelle que soit la taille de la commune les quatre premieres...

Dossier : Le vrai pouvoir des maires
La Cabane à gratter est un lieu d’accueil et d’échanges unique en son genre. Installée place André Meunier, à Bordeaux, chacun peut venir y boire un café, demander un conseil, faire une partie de cartes...  Crédits : Photos fournies par l’autrice
La Cabane à gratter est un lieu d’accueil et d’échanges unique en son genre. Installée place André Meunier, à Bordeaux, chacun peut venir y boire un café, demander un conseil, faire une partie de cartes... Crédits : Photos fournies par l’autrice

Le garant de la fraternité


Nombre de questions sociales ne relèvent plus de l’échelon municipal. Les départements auraient-ils siphonné le pouvoir du maire ? Non. Car en tant qu’acteur local de référence, ce dernier doit veiller à ce que chaque citoyen accède à ses droits.


Le maire est souvent le dernier recours de ceux qui se sentent oubliés. La crise des « gilets jaunes » et le grand débat ont particulièrement mis en évidence la figure emblématique de cet élu, garant des droits et de la fraternité. Car le maire doit s’assurer que toutes les personnes qui vivent sur le territoire communal accèdent à leurs droits, sociaux notamment. Pourtant, en raison des différents niveaux de décentralisation, de nombreux domaines ne sont pas de sa compétence : le RSA, l’aide sociale à l’enfance, la question du handicap ou du vieillissement… tout cela relève du conseil départemental. Quant aux questions du logement, de l’emploi ou de la formation, elles sont partagées entre de nombreux opérateurs. Pauvre maire ! N’aurait-il que la compétence des trottoirs et des poubelles ? Non. Il a le devoir et la légitimité de vérifier que, sur son territoire, les différents acteurs font leur travail, afin que les plus fragiles accèdent facilement à leurs droits. Il peut, il doit réunir autour d’une même table des responsables et des administrations qui, souvent, ne se parlent pas. Par exemple, 70 % des personnes n’utilisent pas leur droit à l’Aide complémentaire santé. Aussi la mairie de Bordeaux a-t-elle mené, en 2010, avec le Centre communal d’action sociale, l’Assurance maladie et plusieurs mutuelles, un travail long et difficile pour améliorer l’accès à une bonne couverture maladie.

La ville de Bordeaux s’était aussi engagée pour un droit absolu à l’école en veillant à la scolarisation des enfants roms et gitans.

La ville de Bordeaux s’était aussi engagée pour un droit absolu à l’école en veillant à la scolarisation des enfants roms et gitans vivant sur la commune et en offrant, à prix très réduit, des repas équilibrés à la cantine pour les familles les plus pauvres. On constate également l’efficacité des coalitions pour l’emploi qui se créent dans les territoires expérimentaux « zéro chômeur de longue durée » (voir encadré) : le maire en est souvent le fer de lance.

On pourrait imaginer que des maires relèvent le défi d’une commune ou d’une intercommunalité « zéro non-recours » ! Une commune où tous les habitants seraient en mesure d’accéder facilement aux droits économiques et sociaux fondamentaux. Ne serait-ce pas un enjeu formidable pour des élections municipales ? On sait à quel point des communes peuvent se montrer porteuses d’innovation : hier, la ville de Besançon engageait une préfiguration de ce qui est devenu le « revenu minimum d’insertion » en 1988 ; aujourd’hui, la ville de Grande-Synthe veut prouver que, pour vivre décemment et chercher un emploi, il faut un « minimum social garanti » de 855 € par personne avec un accompagnement social fort pour éradiquer le non-accès aux droits sociaux.

Le maire médiateur

Mais le maire est aussi le garant de la fraternité sur son territoire. Par définition, dans une ville cohabitent toutes les catégories sociales ; c’est en tout cas ce que recherchent les élus à travers des politiques urbaines inclusives qui évitent le rejet des familles pauvres en périphérie : un vrai défi ! Mais la réalité résiste parfois. Je me souviens d’un voisinage compliqué entre un centre d’accueil de nuit pour des personnes très marginalisées et un grand négociant en vin. Le dialogue, l’écoute, la bienveillance, quelques efforts de la part de chacun ont permis de dépasser la colère et les peurs pour que la cohabitation soit possible. Le maire est alors en première ligne : il doit parfois affronter des riverains pour rappeler que les personnes sans domicile, les toxicomanes, les sortants de prison, les jeunes en errance… ont droit de cité. Il faut naturellement un certain courage politique pour imposer des logements sociaux, pour adapter l’urbanisme et créer des places et jardins où des jeunes familles profitent de jeux pour enfants sans chasser les migrants ou les sans-abri assis un peu plus loin sur un banc, ni les retraités qui jouent à la pétanque. La « Cabane à gratter », place André Meunier à Bordeaux, me semble emblématique de cet esprit de résistance dont il faut parfois faire preuve pour préserver en cœur de ville un îlot improbable de paix, de culture et de fraternité. Les moyens ne manquent pas : les fêtes de quartier, le carnaval, les dîners de voisins, le tournoi de foot, les pique-niques de rue, les jardins partagés… à condition de se donner les ressources pour aller chercher ceux qui ne sortent jamais, parce qu’ils s’estiment trop vieux, trop pauvres ou indésirables.

J’ai découvert que, en tant qu’élue, il était souvent difficile d’entrer en relation directe avec les plus fragiles ; la médiation des associations est indispensable.

C’est ici que la complémentarité avec les associations est précieuse. J’ai découvert que, en tant qu’élue, il était souvent difficile d’entrer en relation directe avec les plus fragiles ; la médiation des associations est indispensable : elles connaissent ces familles « invisibles », celles qu’on ne voit ni aux fêtes, ni aux réunions de quartier, ni à l’école, celles dont la parole est inaudible. Les associations de quartier, le Secours Catholique et d’autres ont justement le talent – et le devoir – d’organiser une parole collective à partir de l’expérience des plus pauvres pour entrer en dialogue avec les élus, chercher ensemble des solutions et améliorer la vie de tous. C’est d’ailleurs tout le sens de la démarche qu’entreprend le Secours Catholique pour les prochaines élections municipales.

Alors oui, pour promouvoir des communes solidaires et fraternelles, où les droits de tous sont défendus, il reste important de voter lors des élections municipales. La commune demeure l’instance publique la plus à l’écoute, la plus proche des gens, et les maires, quoi qu’on en dise, sont souvent sincèrement dévoués au service du bien commun.

En savoir +

Le projet « Territoires zéro chômeur de longue durée », créé en 2016, a pour but de démontrer qu’il est humainement et économiquement possible de supprimer le chômage de longue durée à l’échelle des territoires. L’association portant cette expérimentation se fonde sur trois constats.

  • Personne n’est inemployable
    Toutes celles et ceux durablement privés d’emploi ont des savoir-faire et des compétences, à condition que le travail et l’emploi soient adaptés à chacun.
  • Ce n’est pas le travail qui manque
    C’est l’emploi, puisque de nombreux besoins de la société ne sont pas satisfaits.
  • Ce n’est pas l’argent qui manque
    Puisque chaque année le chômage de longue durée entraîne de nombreuses dépenses et manques à gagner que la collectivité prend à sa charge.

« Territoires zéro chômeur » fait en sorte de proposer à tout chômeur de longue durée qui le souhaite un emploi à durée indéterminée à temps choisi, en développant des activités utiles pour répondre aux besoins des divers acteurs du territoire.

Du même auteur

Qui a peur de la participation ?

Marie-Hélène Bacqué, Emmanuel Bodinier et Véronique Fayet
Acteur de terrain

Comment dépasser les injonctions à la participation ? Pourquoi est-il si difficile de prendre en compte l’apport de chacun à la vie de la cité ? Quelles dynamiques sont à l’œuvre ? Regards croisés entre le monde associatif et le monde de la recherche. Comment dépasser les injonctions à la participation Pourquoi est il si difficile de prendre en compte l'apport de chacun à la vie de la cité Quelles dynamiques sont à l'œuvre Regards croisés entre le monde associatif et le monde d...

[VIDÉO] « Une fois les charges payées, il reste 58€ pour vivre. »

Véronique Fayet
Question de sens

Pourquoi le Secours catholique, engagé auprès des plus pauvres et contre les inégalités, se préoccupe-t-il d'écologie ? Véronique Fayet, sa présidente, répond en ouverture du colloque "Réduire les inégalités : une exigence écologique et sociale". Et pousse un mémorable coup de gueule sur le sort réservé aux migrants à Calais. Pourquoi le Secours catholique engagé auprès des plus pauvres et contre les inégalités se préoccupe t il d'écologie Véronique Fayet sa présidente r...

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules