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Dossier : Le vrai pouvoir des maires

Des ronds-points à la mairie

Plusieurs « gilets jaunes » ont pris la parole pour témoigner lors du « grand procès d’Emmanuel Macron », une audience parodique organisée par le média Là-bas si j’y suis. Paris, 7 mai 2019. © Denis Meyer
Plusieurs « gilets jaunes » ont pris la parole pour témoigner lors du « grand procès d’Emmanuel Macron », une audience parodique organisée par le média Là-bas si j’y suis. Paris, 7 mai 2019. © Denis Meyer

Démocratisation radicale et relocalisation de la politique : à l’approche des élections municipales de 2020, ces aspirations du mouvement des « gilets jaunes » vont-elles s’incarner et se structurer dans la durée ?


Pour le mouvement dit des « Gilets jaunes », les élections municipales de 2020 représentent une épreuve institutionnelle. Cette échéance permettra en effet d’évaluer, à court terme, la capacité du mouvement à se structurer et à inventer des formes autonomes de développement. Cette rencontre entre un mouvement original et le rituel électoral donnera un premier indice des possibilités par lesquelles l’échelon municipal (et, plus largement, les échelles locales) s’affirme comme l’un des terrains privilégiés de renouvellement de l’engagement politique.
Plus d’un an après le début du mouvement, ses aspirations apparaissent avec plus de clarté. Si une partie d’entre elles portait sur le pouvoir d’achat, d’autres évoquaient une démocratie plus directe. Ce souhait s’est d’abord exprimé négativement, à travers la critique des élus politiques ou syndicaux. Dénoncés pour leur distance morale vis-à-vis du peuple des ronds-points, ils étaient souvent considérés comme corrompus et incapables, au vu de leur salaire, de comprendre les difficultés matérielles quotidiennes rencontrées par les Gilets jaunes. La distance culturelle paraissait irrémédiable entre les représentants et les représentés.

Le mouvement s’est ensuite distingué par sa critique radicale de la représentation face à tous les mécanismes de monopolisation de la parole. Les Gilets jaunes ont refusé de désigner un représentant unique. Plutôt qu’un mouvement sans chef, il s’agit d’une protestation qui a fait proliférer ses porte-voix. Dans leurs assemblées générales locales, les participants ont aussi fait montre d’une réflexivité spontanée importante vis-à-vis d’éventuels meneurs qui prendraient le pas sur la délibération collective. Une telle critique de la représentation s’est révélée constructive avec la montée, à partir de janvier 2019, de la revendication du Réf�

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