Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !
Logo du site
Dossier : Savons-nous encore débattre ?

Savoir parler pour savoir débattre

Crédits : yaom / iStock
Crédits : yaom / iStock

Il n’est point de débat sans maîtrise du langage. Or l’accès à celui-ci est particulièrement inégalitaire en France, où le système scolaire peine à résorber les écarts créés par le milieu socio-économique des enfants. Mais face à une réelle prise de conscience des enjeux, les initiatives se multiplient.


Cahiers de doléances, réunions d’initiatives locales, conférences citoyennes… Le grand débat national, organisé en France début 2019, a manifesté un souci de rendre les dispositifs favorisant la prise de parole les plus accessibles possible. Mais s’est-on interrogé sur la capacité des individus à formuler une parole délibérative ? Car il s’agit d’une condition essentielle à l’avènement de nouvelles formes de participation, valorisées par les démocraties occidentales. Afin d’éviter que la démocratie participative n’aboutisse à ce résultat paradoxal d’un renforcement des inégalités citoyennes, une attention particulière doit être portée au langage, première des compétences politiques. De fait, la simple formulation de revendications exige de disposer de « mots suffisamment précis, de structures grammaticales suffisamment efficaces et de formes d’argumentations suffisamment organisées pour imposer [sa] pensée au plus près de [ses] intentions et pour accueillir celle des autres avec infiniment de lucidité et de vigilance1 ».

Or ces exigences sont loin d’être satisfaites. Si, a priori, aucune démocratie n’échappe aux inégalités linguistiques, le cas français manifeste, de façon hélas exemplaire, un écart substantiel entre un idéal universaliste de participation politique et des conditions minimales de la prise de parole. Une prise de conscience de cet écueil est en train de s’opérer et de nombreuses initiatives visent à y remédier. Toutefois, il convient avant tout d’évaluer le problème le plus précisément possible.

Les inégalités en matière de langage et d’expression se constituent très précocement et le système éducatif parvient difficilement à les corriger.

Plusieurs points saillants ressortent des diagnostics recuei

Cet article est réservé à nos abonné·e·s

vous pouvez l’acheter à l’unité pour 3€
Pour accéder à cet article :

Déjà abonné·e ?

M'identifier

La Revue Projet donne gratuitement accès aux articles de plus de 3 ans.

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules