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Dossier : Savons-nous encore débattre ?

À chaque démocratie son débat

L'occupation de la Place du Châtelet par le mouvement Extinction Rebellion en octobre 2019 peut être considérée comme une forme de démocratie insurgeante.
Bastian Greshake Tzovaras / CC BY-SA 2.0
L'occupation de la Place du Châtelet par le mouvement Extinction Rebellion en octobre 2019 peut être considérée comme une forme de démocratie insurgeante. Bastian Greshake Tzovaras / CC BY-SA 2.0

Représentative, délibérative, sauvage… À l’heure où des démocraties s’inventent et où d’autres s’ankylosent, revenons sur la place qu’occupe le débat au sein de chacune d’entre elles.


Il flotte dans l’air un parfum de fin de règne. Un peu partout dans le monde, les constats de crises profondes des systèmes politiques augmentent. Pour succéder au gouvernement représentatif, instauré au XVIIIe siècle par des « pères fondateurs » opposés à la démocratie1, des modèles alternatifs sont mis en avant. La France des « gilets jaunes » en donne un parfait exemple. Il existe une immense variété de conceptions de la démocratie2, mais on distinguera ici, schématiquement, cinq grands modèles, différenciés notamment par leurs rapports respectifs au débat, à la délibération et à la décision. Le débat consiste en une succession de prises de parole plus ou moins opposées ; la délibération est un échange d’arguments et une évaluation de raisons pour préparer un choix ; la décision est l’action de choisir. Au sens étymologique, le terme « démocratie » désigne un régime dans lequel le peuple exerce le pouvoir. Mais sous une apparente simplicité, de nombreux problèmes se posent : quel peuple ? Quel pouvoir ? Quel débat ? Sous quelles modalités ?

Le premier modèle est celui de la démocratie représentative − on parle aussi de gouvernement représentationnel ou d’aristocratie élective Les électeurs donnent leur voix à un élu mais sans que celui-ci ne soit tenu de respecter ses promesses et son programme : il n’y a pas de mandat impératif. Ce modèle est sous le feu de nombreuses critiques. La décision appartient aux représentants élus qui délibèrent entre eux, les représentés ayant la liberté de débattre, mais sans participer à l’élaboration des lois. En réalité, les élus sont peu « représentatifs » de la populat

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