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Dossier : En notre nom. La représentation en question

La CCC : une expérience de représentation délibérative

La Convention citoyenne pour le climat (CCC), le 7 mars 2020. © Dimitri Courant
La Convention citoyenne pour le climat (CCC), le 7 mars 2020. © Dimitri Courant

La Convention citoyenne pour le climat s’est trouvée sous le feu des projecteurs à la suite de la crise du coronavirus. Mais quel était son fonctionnement ? Une analyse fine de cette forme nouvelle de démocratie représentative et délibérative permettra d’en entrevoir les intérêts et les écueils.


Composée de 150 citoyens sélectionnés via un tirage au sort stratifié, la Convention citoyenne pour le climat (CCC) commence ses travaux au début du mois d’octobre 2019 et dispose de sept week-ends pour faire des propositions afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France, « dans un esprit de justice sociale » 1. La question se pose : si le Grand débat national (GDN) n’a servi à rien, à quoi servira la CCC ? Certains affirment que c’est sa « représentativité » qui lui permettra de peser sur l’exécutif. Ce terme de représentativité doit être décomposé et analysé afin de pouvoir être compris. Il doit également être distingué du concept de « représentation ». En suivant Hanna Pitkin, je distingue la « représentation descriptive », que j’appellerai ici « représentativité », de la « représentation active ».

Représentativité et diversité

Premièrement, il existe une erreur consistant à croire que « si on tire au sort une assemblée, alors celle-ci est représentative », cela vient d’une mauvaise interprétation de la « loi des grands nombres » et de la notion d’« échantillon représentatif ». En réalité, pour obtenir un échantillon réellement représentatif, deux éléments sont importants : d’une part, un panel très large d’environ mille citoyens ; d’autre part, une obligation pour les personnes contactées de participer, ce qui n’est le cas dans aucune assemblée citoyenne. Avec un effectif réduit d’une centaine de citoyens, prétendre avoir un « échantillon représentatif » n’a pas de sens et, sans obligation, certaines catégories sociales n’apparaîtront pas : ainsi, des quotas sont

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2 réactions pour « La CCC : une expérience de représentation délibérative »

Dimitri Courant
07 December 2020

Merci pour votre commentaire. Je suis ravi d'apprendre que cette étude vous semble fidèle.
En effet, étant donnée la faible taille de cet article, je n'ai pas pu évoqué les autres écueils, que je ne manquerai pas d'analyser, de façon plus longue et détaillé dans de futures publications, certaines étant déjà entamées.
Je suis tout à fait d'accord avec vous sur l'importance de receuillir les témoignages du vécus des citoyens, à cette fin je mène en ce moment une campagne d'entretiens qualitatifs avec de nombreux citoyens et citoyennes de la CCC et je serai honoré si vous acceptiez d'y participer (voici mon mail dimitri.courant@unil.ch). En effet, je partage votre aspiration d'amélioration des prochaines conventions citoyennes. C'est dans cet objectif que je participe à co-coordonner le collectif des chercheurs-observateurs depuis le début et notamment en ce moment pour les entretiens, afin de réaliser ce "débriefing manqué". Je suis également d'accord sur le fait qu'une journée d'échanges sur les pistes d'améliorations procédurales impliquant citoyens et chercheurs auraient pu être hautement productive. Si vous souhaitez échanger, ce serait avec plaisir, n'hésitez pas à m'écrire.
Meilleures salutations,

Dimitri Courant

Yolande Bouin
30 November 2020

Merci pour cette étude fidèle selon moi à ce qui s'est joué pendant les neuf mois de la CC Climat.
Il y a cependant beaucoup d'autres écueils dont vous ne parlez pas... Les 150 tiré-es au sort ont été en quelque sorte les "cobayes" de ce processus démocratique inédit en France. Il me semble donc très important de s'appuyer sur les témoignages de leur(s) vécu(s) pour les que les éventuelles futures conventions citoyennes évitent de se diriger vers les mêmes écueils.
Pour cela, un grand débriefing a cruellement manqué. Il aurait dû être imposé à tous-tes les citoyen-nes en fin de convention après le rendu des travaux à l'exécutif. Neuf mois de travail acharné méritaient au moins un après-midi entier en séance de travail et de débats, en présence de vous-même et de vos collègues chercheurs, et non pas seulement 15 à 30 minutes de griffonnage sur des post-it en hémicycle ! Je me sens bien curieuse de savoir ce que vous avez pensé de cette clôture un peu brutale et expéditive, car la fatigue n'excuse pas tout, le sujet était hautement important ...

Réponse de La rédaction

Chère Madame,
Merci pour votre commentaire. Dimitri Courant, l'auteur de l'article, vient de vous répondre. Vous trouverez sa réponse juste au-dessus de votre commentaire.
Merci
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