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Dossier : En notre nom. La représentation en question

Démocratie et représentation Mythe d'un mariage naturel

Le serment du Jeu de paume, Jacques-Louis David, 1791. Ce serment est un engagement solennel d’union pris le 20 juin 1789 à Versailles par 300 députés du tiers état, ainsi que certains députés du clergé et de la noblesse lors des États généraux de 1789.
Le serment du Jeu de paume, Jacques-Louis David, 1791. Ce serment est un engagement solennel d’union pris le 20 juin 1789 à Versailles par 300 députés du tiers état, ainsi que certains députés du clergé et de la noblesse lors des États généraux de 1789.

Depuis les révolutions politiques des XVIIIe et XIXe siècles, la représentation est indissociable de nos régimes. Pour autant, elle n’est pas une condition suffisante, ni même nécessaire, de la démocratie. Quelles conceptions de la représentation ont jalonné l’histoire des régimes modernes ?


Dans le sens commun, démocratie et représentation sont combinées, au point de paraître indissociables. Au mieux observe-t-on quelques variations lorsque le commentateur avisé oppose la démocratie directe à la représentative, ou lorsqu’il tempère cette dernière par l’ajout d’ingrédients participatifs ou délibératifs – sans qu’apparaisse d’ailleurs très clairement la distinction entre tous ces termes. Dans tous les cas, la teneur représentative de la démocratie et la teneur démocratique de la représentation restent d’autant plus indivisibles qu’elles constitueraient l’origine et l’essence même de nos régimes.

Un détour par l’Histoire permet cependant de déconstruire fermement et sans trop de polémique la naturalité de cette association, qui relève bien plutôt du mythe que de la réalité : les régimes représentatifs modernes, nés des révolutions politiques des XVIIe et XVIIIe siècles (anglaise, américaine puis française), non seulement ne sont pas nés comme des régimes démocratiques, mais se sont même constitués en opposition explicite et volontaire à la démocratie. Ce n’est que chemin faisant, et au prix de bien des combats politiques, que les deux termes ont pu se croiser en une association plus ou moins heureuse, plus ou moins solide et qui, aujourd’hui encore, est régulièrement mise en cause.

Les révolutions politiques fondatrices de la modernité ont accouché de régimes libéraux et non démocratiques, s’élevant, avant tout, contre l’absolutisme.

Les révolutions politiques fondatrices de la modernité, aussi plurielles soient-elles, ont accouché de régimes libéraux et non démocratiques. Portés par le renouveau d’une force sociale (la bourgeoisie) et d’une philosophie (le libéralisme et les droits naturels), ces événements s’élèvent d’abord et avant tout contre un ennemi

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